Articles du Vendredi : Sélection du 26 mars 2021


Marche pour une vraie Loi Climat le 28 mars : plus de 300 organisations répondent présentes Réseau Action Climat https://reseauactionclimat.org/marche-pour-une-vraie-loi-climat-le-28-mars-plus-de-300-organisations-repondent-presentes

Le Réseau Action Climat a répondu à l’appel pour une mobilisation massive le 28 mars, à la veille de la reprise des débats sur le projet de loi Climat et Résilience en séance plénière à l’Assemblée nationale. Dernier texte du quinquennat consacré aux enjeux climatiques, cette loi doit absolument être à la hauteur de l’urgence climatique.

Un projet de loi qui ne reflète pas le travail de la Convention Citoyenne pour le Climat

Après deux semaines d’examen de la loi Climat en Commission spéciale, force est de constater que la plupart des modifications adoptées sont sans conséquences réelles sur le fond des mesures. De nombreuses propositions de la Convention citoyenne sont absentes du texte, et la majorité a systématiquement refusé les amendements des députés proposant de les y réintégrer.

Pour rappel, à l’interrogation « dans quelle mesure les décisions du gouvernement relatives aux propositions de la CCC permettent-elles de s’approcher de l’objectif fixé » par le président de la République, les conventionnels ont accordé une note éliminatoire de 2,5.

Des membres de la Convention citoyenne pour le Climat et près de 300 d’organisations appellent donc les députés à se ressaisir pour la séance plénière en :

1- renforçant les articles du projet de loi dans le sens d’une plus grande ambition écologique, notamment s’agissant de la rénovation thermique des bâtiments, de la réglementation de la publicité et de l’utilisation des engrais azotés, du recours aux menus végétariens dans la restauration collective, de la lutte contre l’artificialisation des sols, de la limitation des vols intérieurs en avion ou la responsabilité climat des grandes entreprises.

2- renforçant les articles du projet de loi dans le sens d’une meilleure prise en compte des aspects de justice sociale afin de rendre la transition écologique accessible à toutes et tous.

Une marche à Paris, de nombreux événements en région

Une grande marche à Paris et plus de 140 événements s’organisent un peu partout en France : des événements festifs ou encore des rassemblements devant les permanences des députés sont prévus. Le Réseau Action Climat, mobilisé depuis début mars pour suivre les débats parlementaires, continuera ses échanges avec les députés pour la séance plénière, toujours afin de défendre l’esprit des propositions de la Convention citoyenne.

→ Toutes les informations pour se mobiliser sont disponibles sur vraieloiclimat.fr et sur l’événement Facebook. → Pour signer l’appel de la marche du 28 mars pour une vraie loi climat, c’est ici

Bilan du passage de la loi Climat et Résilience en Commission spéciale Réseau Action Climat https://reseauactionclimat.org/bilan-du-passage-de-la-loi-climat-et-resilience-en-commission-speciale

Un climatomètre qui stagne dans le rouge…L’ambition climatique de nos mesures aux abonnés absents !

Ce matin le Réseau Action Climat a organisé une conférence de presse pour livrer son décryptage concernant les 2 semaines d’examen du projet de loi Climat et Résilience par les députés de la Commission spéciale.

Le bilan à mi-chemin est sévère : l’ambition climatique de nos 15 mesures se situe entre 0 et 20%. Le constat est sans appel : le texte de loi crée 19 nouveaux rapports mais ancre peu de choses dans le concret. Le duo formé par le rapporteur sur chacune des thématiques avec le ministre présent en commission spéciale, tous deux rendant un double “avis défavorable” presque systématique sur chacun des amendements, laisse peu de chance aux propositions de la majorité comme de l’opposition.

Par ailleurs, le débat parlementaire s’est déroulé dans des conditions pour le moins inquiétantes : 25% des amendements ont été jugés irrecevables suite à une interprétation très restrictive de ce qui relevait du “cavalier législatif” (pas de lien suffisant avec le texte). A cela s’ajoute la décision d’appliquer le temps législatif programmé et donc de limiter le débat en séance publique à 45h, ce qui n’augure rien de bon. Le Réseau Action Climat et des acteurs pluriels de la société civile ont réagi à ce débat muselé par une lettre ouverte. Le climat mérite un vrai débat !

CONSOMMER

RÉGULATION DE LA PUBLICITÉ SUR LES PRODUITS POLLUANTS  : 5% D’AMBITION CLIMATIQUE

Après 5h de débats sur l’article 4 qui acte l’interdiction de la publicité pour les énergies fossiles, seuls des amendements rédactionnels de la rapporteure Aurore Bergé ont été adoptés. Les députés, y compris de la majorité, ayant tenté de défendre des amendements demandant d’élargir l’interdiction à d’autres secteurs et produits très polluants (véhicules polluants, bouteilles plastiques, smartphones) ont été confrontés à un rejet systématique. La rapporteure a renvoyé systématiquement au rapport d’Arnaud Leroy et Agathe Bousquet dont les premières conclusions ont été présentées mardi 23 mars (après la fin de la commission, donc). Ce rapport répertorie les autorégulations non-contraignantes que les acteurs de la publicité souhaitent mettre en place, une méthode que le Réseau Action Climat juge inefficace et très insuffisante en l’absence de tout mécanisme de sanction.

CONSIGNE POUR RÉEMPLOI DES EMBALLAGES : 10% D’AMBITION CLIMATIQUE

L’article 12 portant sur l’instauration d’une consigne pour réemploi des emballages a été débattu jusque tard dans la soirée du 11/03. Fait à saluer : des amendements ambitieux avaient été déposés par des députés de tous bords (LR, LFI, UDI, LREM). L’amendement de la députée Stéphanie Kerbarh (LREM) a permis d’intégrer l’avis de l’observatoire du réemploi et de la réutilisation (créé par la loi économie circulaire de 2019) dans la mise en place de la consigne pour réemploi du verre. D’un autre côté, aucune trajectoire concrète n’est ancrée et la réécriture de l’article par la rapporteure Aurore Bergé reste floue et sans réelle perspective, par l’utilisation de l’expression hypothétique « peuvent être mis en place » et la suppression du terme « généralisation ». Bilan mitigé : malgré ces micro-précisions, l’ambition de l’article reste largement insuffisante

PRODUIR ET TRAVAILLER

ECO RESPONSABILITÉDES ENTREPRISES : 0% D’AMBITION CLIMATIQUE

Des députés de tous bords politiques ont déposé des amendements visant à demander des engagements climatiques, contrôlables et sanctionnables aux grandes entreprises. Mais la totalité des amendements a été jugée irrecevable.

Il s’agit désormais de s’assurer que le débat sur ce sujet essentiel puisse avoir lieu en séance publique. Alors qu’elles affichent régulièrement leur volonté de faire bouger les lignes, les entreprises du CAC40 sont encore sur une trajectoire qui nous conduit vers un réchauffement climatique de +3,5°C d’ici 2100, bien au-delà de l’objectif de +1,5°C inscrit dans l’Accord de Paris (voir le rapport d’Oxfam).

EMPLOIS ET COMPÉTENCES DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE : 10% D’AMBITION CLIMATIQUE

Les 3 articles du chapitre «Adapter l’emploi à la transition écologique» ont été discutés vendredi 12 mars. Aucun changement majeur n’a été voté.

Des amendements ont été votés pour renforcer les ressources d’expertise du comité social et économique (CSE) de l’entreprise en matière environnementale et intégrer une information continue des salariés et des entreprises aux impacts environnementaux du numérique. Les amendements ambitieux souhaitant renforcer l’accompagnement des salariés concernés par les reconversions professionnelles ont été rejetés ou jugés irrecevables. Ils ont été portés par les groupes : Gauche démocrate et républicaine, Socialistes et apparentés, la France insoumise, et par les Non inscrits.

 SE DÉPLACER

DÉVELOPPEMENTDU FERROVIAIRE : 10% D’AMBITION CLIMATIQUE

Malgré une forte mobilisation des députés, la quasi totalité des amendements en faveur du transport ferroviaire ont été jugés irrecevables. Limitant de facto la possibilité de discussions sur cet enjeu pourtant essentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports. Il aura fallu attendre plus tard que minuit dans la nuit de samedi à dimanche 14 mars pour qu’un semblant d’échange sur le transport ferroviaire ait lieu en commission spéciale. A cette occasion, la ministre Barbara Pompili a assuré que le rapport sur la relance des trains de nuit et de jour (rapport T.E.T) serait remis “dans les prochaines semaines” au Parlement. La publication de ce rapport pourrait être l’occasion d’une véritable discussion lors de l’examen du projet de loi en séance publique. A condition qu’il soit remis dans les temps.

PRÊT À TAUX ZÉRO POUR LES VÉHICULES PEU POLLUANTS : 20% D’AMBITION CLIMATIQUE

Absent du projet de loi initial, plusieurs amendements ambitieux avaient été déposés par des députés de tous bords (LREM, PS, GDR, NI) pour créer un prêt à taux zéro mobilités garanti par l’Etat. La discussion sur l’accompagnement des ménages les plus modestes dans l’acquisition d’un véhicule moins polluant a malheureusement tourné court puisque tous les amendements ont été rejetés après un double avis défavorable du rapporteur thématique Jean-Marc Zulesi et de la ministre Barbara Pompili. Le Gouvernement campe sur sa position et se satisfait de l’ouverture du dispositif de microcrédit à la mobilité malgré ses nombreuses limites : déploiement laissé à l’appréciation des établissements de crédit, taux d’intérêt élevés, peu de ménages concernés, mauvaise articulation avec l’ensemble des aides à l’achat, absence d’accompagnement, ciblé uniquement sur l’acquisition d’une nouvelle voiture. A noter qu’à peine 10 minutes ont été consacrées à cet enjeu d’accompagnement social, en lien notamment avec le déploiement des zones à faibles émissions. Plus tard dans la soirée, plus d’1h30 de discussion ont été consacrées à la seule question de l’accès des véhicules de collection aux zones à faibles émissions…

RÉDUIRE L’IMPACT CLIMATIQUE DU TRANSPORT AÉRIEN : 10% D’AMBITION CLIMATIQUE

Tous les amendements demandant à renforcer l’ambition du texte ont été rejetés après avis défavorable du Ministre Jean Baptiste Djebbari et du rapporteur Jean Marc Zulesi. En l’état le texte ne prévoit qu’un rapport sur la fiscalité du secteur aérien en 2025, la fermeture théorique des lignes aériennes dont le temps de trajet est inférieur à 2H30 en train, avec l’exonération des passagers en correspondance. Comme l’a justement fait remarquer Delphine Batho, le fort taux de correspondance sur ces lignes laisse présager que seule la connexion Orly Bordeaux sera réellement fermée, déjà annoncée par Air France au printemps. Le Gouvernement n’a pas apporté de réponse sur cette question. Aucune disposition stricte sur les extensions d’aéroports n’a non plus été prise, les amendements portés par les socialistes, des députés de la majorité, de la France insoumise et du groupe EDS ayant été rejetés.

TRANSPORT ROUTIER : 15% D’AMBITION CLIMATIQUE

Sur la sortie des avantages fiscaux pour le transport routier de marchandises, le texte mentionne l’objectif de supprimer les exonérations fiscales du  gazole routier  d’ici à 2030 (environ 16 cts/L), avec un accompagnement à la transition énergétique du secteur du transport routier. Des conditions et délais sont imposés, qui remettent à un futur lointain et incertain la suppression de ces avantages fiscaux : après 2022, le gouvernement proposera un rapport sur une trajectoire de suppression des exonérations, sur la convergence de la fiscalité énergétique au niveau européen, et sur l’offre de véhicules lourds à motorisation alternative au gazole fossile. Le calendrier précis de mise en œuvre proposé par les 150 citoyens n’est pas pris en compte. Les amendements demandant la reprise de la proposition des citoyens ont tous été rejetés après avis défavorable du Gouvernement et du rapporteur thématique Jean-Marc Zulesi.

FIN DE VENTE DES VÉHICULES THERMIQUES : 10% D’AMBITION CLIMATIQUE

Les amendements ambitieux sur la fin de vente des véhicules thermiques ont été peu débattus et n’ont pas pu être votés du fait d’un amendement de dernière minute du rapporteur Jean Marc Zulesi. Pourtant, de nombreux députés y compris de la majorité souhaitent avancer la date de fin de vente  : Jean Luc Fugit, Jean-Charles Colas-Roy, Gérard Leseul ou encore Delphine Batho. Les amendements sur le renforcement du malus au poids ont aussi été rejetés du fait de l’avis défavorable de la Ministre Barbara Pompili et du rapporteur Jean Marc Zulesi, alors même que celui-ci avait porté un amendement plus ambitieux sur le même sujet en Projet de loi de finances.

SE LOGER

 RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE DES BÂTIMENTS :   10% D’AMBITION CLIMATIQUE

L’obligation de rénovation globale manque toujours à l’appel dans le projet de loi, une mesure pourtant indispensable pour atteindre les objectifs que la France s’est fixés. En outre, le Gouvernement a même dégradé l’ambition en matière de rénovation énergétique lors de la Commission spéciale. En effet, selon l’amendement adopté de Mickaël Nogal, si un logement est classé C au diagnostic de performance énergétique suite à une rénovation celle-ci pourra être qualifiée de rénovation “performante”. Cela ne correspond ni à la définition de l’ADEME ni  aux enjeux climatiques. Sur les moyens alloués à la rénovation, toutes les discussions ont été reportées à la plénière et surtout au PLF, suite à la mission Sichel dont le rapport a été remis le 17 mars. Tous les groupes s’accordent sur la nécessité de booster les moyens financiers et l’accompagnement des ménages pour la rénovation énergétique : le gouvernement a été moins disant que la gauche, mais aussi que des députés LR et de sa propre majorité LREM et Modem. Ces derniers ont vu tous leurs amendements rejetés

LUTTE CONTRE L’ARTIFICIALISATION DES SOLS / MORATOIRE SUR LES ENTREPÔTS DE E-COMMERCE  : 15% D’AMBITION CLIMATIQUE

L’amendement adopté du rapporteur Lionel Causse adopté a pour conséquence d’assouplir encore plus le moratoire partiel sur les zones commerciales. La surface de 10 000m2 déclenchant exemption est bien trop élevée. 80% des projets se trouvent en dessous de ce seuil, la moyenne des surfaces commerciales en 2019 était de 2000 m2. Ainsi il sera toujours possible d’obtenir plusieurs dérogations pour des unités commerciales de moins de 10 000m2 et les accumuler pour faire un centre commercial de plus de 10 000m2 sur terres agricoles. En introduisant des critères d’exemptions non cumulatifs et laxistes, l’amendement de M. Causse aggrave considérablement ce risque. Il n’y aura plus de moratoire sur les zones commerciales artificialisant des terres si cette rédaction entre en vigueur. Par ailleurs, l’approche prise par le Gouvernement et le rapporteur est excessivement limitée : à aucun moment l’article ne cherche à provoquer des effets collatéraux positifs sur les emplois dans le commerce alors que le taux de vacance de centre ville est déjà de 12% et ne cesse d’augmenter et celui dans les centres commerciaux existants de 8%.

SE NOURRIR

 INTERDICTION DES ÉLEVAGES LES PLUS POLLUANTS : 0% D’AMBITION CLIMATIQUE

Malgré le fait que le sujet de l’interdiction des élevages les plus industriels ait suscité une adhésion de la part d’un spectre large de députés (LREM, Libertés et territoires, LR, LFI, Non inscrits…), l’ensemble des amendements déposés sur le sujet ont été déclarés irrecevables, ce qui a empêché tout débat sur la question en Commission.

SOLIDARITÉ ALIMENTAIRE : 20% D’AMBITION CLIMATIQUE

Sur la question de la solidarité alimentaire, la quasi-totalité des amendements permettant d’enrichir le texte et d’ouvrir les débats sur ces enjeux ont été rejetés. Ce fut le cas d’un amendement du groupe socialiste demandant un rapport au gouvernement sur la création de “Territoires Zéro Faim”, et de deux amendements de Sandrine Le Feur (LREM) demandant un rapport et une concertation sur les enjeux de la mise en place d’un système de sécurité sociale alimentaire. Le seul amendement adopté sur le sujet est celui de Mounir Mahjoubi, cosigné par l’ensemble du groupe LREM, qui commande au gouvernement deux rapports sur le “chèque alimentation durable”, qui fait encore l’objet d’arbitrages interministériels. Cet amendement a le mérite d’inscrire dans le texte la question de la lutte contre la précarité  alimentaire.

MENUS VÉGÉTARIENSDANS LES CANTINES : 5% D’AMBITION CLIMATIQUE

Pas d’avancée notoire sur la présence de plus de menus végétariens en restauration collective : la rapporteure Célia de Lavergne a demandé à ce que les amendements LREM soient discutés en plénière seulement, pour attendre les résultats de l’expérimentation d’EGALim. Un changement des mentalités est cependant à noter : la plupart des députés sont d’accord pour dire qu’il faut laisser la liberté de choisir. En revanche, les réticences restent immenses face aux menus végétariens qui seraient servis en menus uniques. Un amendement assez vague a été voté pour que le gouvernement accompagne les collectivités afin de former les personnels concernés à la préparation d’alternatives végétales. Le ministre Denormandie s’est quant à lui engagé à rendre le rapport sur les possibilités d’instaurer une obligation d’affichage dans les menus des cantines publiques de la provenance, de la nature et de la manière dont sont préparés les repas (composition, frais ou surgelé, etc.) d’ici la séance plénière.

REDEVANCE SUR LES ENGRAIS AZOTÉS : 5% D’AMBITION CLIMATIQUE

Sur la question des engrais azotés, les débats se sont déroulés en accéléré. Les seuls amendements adoptés ont été ceux portés par la rapporteure Célia de Lavergne (qui a prôné de fausses solutions comme l’agriculture de précision), ainsi que celui de Jean-Luc Fugit proposant de flécher les recettes d’une éventuelle redevance à l’agroécologie. Aucun amendement pour ancrer la redevance que le Réseau Action Climat réclame, simplement:

– un rapport d’étude de la redevance prévu dans l’année suivant l’adoption de la loi

– un rapport annuel pour évaluer où en est la France par rapport à ses objectifs annualisés de réduction de protoxyde d’azote et d’ammoniac. Ce dernier point a le mérite d’empêcher d’enterrer le débat sur les engrais chimiques après l’adoption de la loi.

Pays Basque et immigration (II) Peio Etcheverry-Ainchart www.enbata.info/articles/pays-basque-et-immigration-ii

Dans ma chronique du mois dernier, je souhaitais aborder la problématique du PLH par son entrée démographique, afin de rappeler qu’à mes yeux les besoins en logements ne doivent pas être analysés par le prisme d’une immigration qui serait néfaste à ce pays. Au contraire, non seulement cette immigration peut être considérée comme consubstantielle de l’histoire de ce territoire de passage et d’échange, mais en outre il y existe déjà à l’heure actuelle assez de logements existants pour accueillir tout le monde, à condition que ces derniers soient utilisés de manière équilibrée. Mais je concluais en avertissant qu’il ne fallait pas pour autant tomber dans l’angélisme, cela demandant quelques explications, non exhaustives.

Psychologie de territoire

En effet, pas la peine de se cacher derrière notre petit doigt, l’immigration a toujours été perçue par la population du territoire concerné comme le bouleversement d’un équilibre jugé comme établi –qu’il soit social, économique ou culturel–, interrogeant en effet la perception qu’elle a des transformations de son cadre de vie, et surtout quand en parallèle son solde naturel est négatif. Songeons par exemple à une commune telle qu’Ustaritz, passée en une vingtaine d’années de village à ville. Est-ce volontairement qu’elle va bientôt atteindre 10.000 habitants ? Et quid d’Urrugne, Itxassou, Saint-Pée ou Hasparren, chacune sur son axe routier par lequel ruissèle l’extension urbaine littorale ? Cela ne peut être considéré comme anecdotique et induit l’enjeu de la possibilité donnée ou pas aux habitants de choisir dans quel pays ils souhaitent vivre ; enjeu qui peut d’ailleurs contenir une part de paradoxe puisque souvent ce sont précisément des gens récemment installés qui dénient cette même chance à ceux qui voudraient les imiter, voire aux enfants de ceux qui les ont précédés, parce que “tout de même il faut cesser de construire toujours plus” ! L’enjeu de ce choix démocratique n’en est pas moins fondamental, mais fort complexe en pratique : par quels moyens associer la population à ces réflexions, trop souvent proposées par des biais très techniques (qui sait ce qu’est un PLH ?) ? Sur quel mode collecter les avis en évitant les limites des classiques enquêtes publiques ? Et surtout comment fait-on concrètement pour “décider” d’évolutions démographiques? Voilà des préalables qui à mon avis font défaut actuellement, notamment à l’heure d’adopter PLH, SCOT et autres PLUI. Gérer l’immigration, c’est d’abord dessiner son pays. Une fois ceci posé, surgit aussitôt une autre question : une fois avoir déterminé combien d’habitants on souhaite pour le Pays Basque de demain, encore faut-il déterminer ce que l’on attend de ces habitants. On ne cessera pas de le répéter : le Pays Basque a beau être une destination touristique prisée, cela ne sera réellement une chance que si cette économie est gérée de manière équilibrée au sein de tous les autres secteurs d’activité du territoire. Au plan démographique, cela signifie que le rapport entre habitants à l’année et habitants saisonniers doit être corrigé, ceci posant encore et toujours la question des logements de villégiature dans toute leur diversité. Je n’y reviens pas mais cette question passe encore trop comme annexe alors que son importance est au contraire cardinale, surtout dans un contexte environnemental dramatique. Gérer l’immigration, c’est loger à l’année.

“Vivre” au-delà de se loger

Mais une fois posée la priorité aux résidents à l’année, et à supposer que dans ce domaine aussi l’on soit capable de se doter des moyens législatifs pour agir efficacement, on n’a fait que la moitié du chemin. Poser le postulat du droit à “se loger au pays” ne peut nous dispenser de poser celui d’y “vivre” au sens plein du terme. En effet, “vivre au pays” n’est pas que s’y loger, et on ne souhaite à personne de trouver un logement sans autre perspective que d’y rester cloîtré. Vivre, c’est aussi travailler, disposer des services essentiels à tous les âges de la vie (de la petite enfance à la fin de vie), d’accès à la culture, aux sports et aux loisirs, à la nature, à des relations sociales diversifiées.

Classique que de dire cela ? Oui certes, mais trop souvent l’interprète-t-on dans une dichotomie “emplois sur la Côte, logements à l’intérieur”, sans penser que les objectifs qu’un PLH prétend répartir dans le domaine du logement devraient aussi disposer en meilleure symétrie d’objectifs de répartition dans ces autres domaines.

Car sinon, nous sommes condamnés non seulement à nous fourvoyer toujours davantage dans une logique de déplacements quotidiens – et, ne nous leurrons pas, durablement en voiture, mais à faire de nos communes “rurbaines” des déserts où l’on ne fait que dormir. Gérer l’immigration, c’est permettre de vivre certes au pays, mais aussi dans sa commune.

Vivre en Euskal Herria

Pour finir, je souhaiterais évoquer un dernier domaine. Qui dit immigration en Iparralde dit arrivée de gens extérieurs, dans un pays dont la culture et la langue sont minoritaires. Minoritaires parce que minorisées. Et de la même manière que laisser le marché libre régenter la question du logement entraîne les désastres que l’on sait, laisser la langue et la culture basques aussi démunies face à de telles évolutions démographiques entraîne aussi un désastre. La faute n’est d’ailleurs pas aux nouveaux arrivants, qui bien souvent ne demanderaient pas mieux que d’intégrer cette sève qui irrigue le pays dans lequel ils s’installent. Mais dans ce monde où les échanges humains, qu’ils soient sociaux, culturels ou économiques, se noient dans une globalisation néolibérale et uniformisante, la découverte puis l’accès et enfin l’usage d’une culture minoritaire nécessite une politique bien plus volontariste de la part de la Communauté d’agglomération. Et ceci n’est pas qu’une posture abertzale, même un Français qui ne considère l’euskara que comme un patrimoine régional peut le comprendre. Gérer l’immigration, c’est se donner les moyens d’intégrer les arrivants au Pays Basque. Loin de craindre l’immigration, nous la souhaitons. Mais comme toute opportunité, nous nous devons de la préparer, dirai-je même de la mériter.

Europako arma lasterketak uzten duen CO2 aztarna Ixone Arana www.argia.eus/albistea/europako-arma-lasterketak-uzten-duen-aztarna

Europako gastu militarra handitu egin da. Sektore honek Europar Batasunean sortzen dituen karbono dioxido emisioak, urtean 14 milioi autok sortzen dutenaren baliokidea da.

Militarrek ez dute beren jarduera kutsatzaileari buruzko informazio publikorik eman behar, eta Europar Batasunean ez dago adostasunik haiek informatu beharko luketen ala ez. Otsailaren 23an argitaratutako txostena, Britainia Handiko Gatazkaren eta Ingurumenaren Behatokia (Conflict and Environment Observatory, CEOBS) eta Erantzukizun Orokorreko Zientzialarien (Scientists for Global Responsibility, SGR) erakunde independenteek egindakoa da eta Europako Ezker Batuko Talde Konfederalak (FT) eskatutakoa, Europako Parlamentuan. 2019ko zifren arabera, Europako indar armatuen emisioak 24,8 milioi tona karbono dioxido (CO2 ) izan dira.

Sortutako gastua

Europa munduan gehien saltzen duten 8 korporazio militarren bizilekua da. 2019an 116.000 milioiko gastu militarra egin zuten Aerospace and Defence Industries Association of Europe Europako patronalaren arabera, Erresuma Batua barne. Ikerketa egin den herrialdeetan soilik -Frantzia, Alemania, Italia, Espainia, Polonia eta Herbehereak- bost enpresak mila kilotonelada karbono dioxido baino gehiago ekoiztu dute.

Milioi askoko negozio horretan, ez dago arma salmentarik erakunde publikoek gastu militarrik egin ezean. El Salto komunikabideak adierazi duenez, NATOko (Ipar Atlantikoko Itunaren Erakundea) herrialdeek %4,3 gehitu dute gastu militarra, izan ere NATOk BPGaren %2a eskatzen du hura osatzen duten armadentzat. Aliantza Atlantikoa osatzen duten nazioak mundu mailako gastu militarraren erdia baino gehiagoren erantzule dira.

SGRk eta CEOBSek “nazioko eta nazioarteko segurtasun-estrategiak berehala berrikustera” deitu dute. Tropen hedapena gutxitzea eta gatazkak bide diplomatikoen bidez konpontzea ahalik eta gehien bultzatzea, eta armak kontrolatzeko ahalmena eta desarmatzeko ekimenak ebaluatzea dira ekimen nagusietako batzuk.