Articles du Vendredi : Sélection du 22 juillet 2022

La valeur de la nature ne doit pas être supplantée par la poursuite du profit à court terme Climat et environnement https://news.un.org/fr/story/2022/07/1123662

Les valeurs que nous attribuons à la nature sont des éléments vitaux de nos cultures, identités, économies et modes de vie, qui devraient tous se refléter dans les décisions politiques concernant notre monde naturel, selon un nouveau rapport soutenu par l’ONU publié lundi.

Le nouveau rapport d’évaluation de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) constate toutefois que lors de la prise de décisions politiques, l’accent est trop mis sur les bénéfices à court terme et la croissance économique qui sous-évaluent souvent la nature. 

Organe scientifique et politique intergouvernemental indépendant, le secrétariat de l’IPBES est assuré par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). 

Dans le rapport approuvé samedi par les représentants des 139 États membres, les coprésidents Unai Pascual, Patricia Balvanera, Mike Christie et Brigitte Baptiste soulignent que les moyens d’intégrer la nature dans l’élaboration des politiques sont « en quantité limitée ». 

Priorité accordée aux valeurs marchandes

Alors que les décisions économiques et politiques donnent surtout la priorité aux valeurs marchandes de la nature, comme dans la production alimentaire intensive, elles ne reflètent pas de manière adéquate la façon dont les changements dans le monde naturel affectent la qualité de vie des gens. 

De plus, l’élaboration des politiques néglige les nombreuses valeurs non marchandes associées aux contributions de la nature aux communautés, telles que la régulation du climat et l’identité culturelle. 

« Seulement 2% des plus de 1.000 études examinées consultent les parties prenantes sur les résultats de l’évaluation et seulement 1% des études impliquent les parties prenantes à chaque étape du processus d’évaluation de la nature », ont-ils expliqué. 

Trouver un équilibre

« Vivre de, avec, dans et comme la nature » signifie fournir des ressources qui soutiennent les moyens de subsistance, les besoins et les désirs des gens, y compris la nourriture et les biens matériels, selon le communiqué de presse publié avec le rapport. 

Il se concentre également sur la vie non humaine, comme les droits intrinsèques des poissons d’une rivière à « prospérer indépendamment des besoins humains», et considère le monde naturel comme une « partie physique, mentale et spirituelle de soi ». 

« L’évaluation des valeurs fournit aux décideurs des outils et des méthodes concrets pour mieux comprendre les valeurs que les individus et les communautés ont à propos de la nature », a déclaré Mme Balvanera. 

Selon M. Christie, « l’évaluation est un processus explicite et intentionnel », qui dépend de « comment, pourquoi et par qui l’évaluation est conçue et appliquée ». 

Suivant cette logique, Mme Baptiste a ajouté que « reconnaître et respecter les visions du monde, les valeurs et les connaissances traditionnelles des peuples autochtones et des communautés locales permet aux politiques d’être plus inclusives, ce qui se traduit également par de meilleurs résultats pour les personnes et la nature ». 

Changement axé sur la durabilité et la justice

Les auteurs ont identifié quatre « points de levier » centrés sur les valeurs pour créer les conditions nécessaires à un changement transformateur axé sur la durabilité et la justice. 

Cela va de la reconnaissance des diverses valeurs de la nature à l’intégration de la valorisation dans la prise de décision et la réforme des politiques, pour s’aligner sur les objectifs mondiaux de durabilité et de justice. 

« La biodiversité est en train de disparaître et les contributions de la nature aux populations se dégradent plus rapidement qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire de l’humanité », a déclaré Ana María Hernández Salgar, présidente de l’IPBES. « C’est en grande partie parce que notre approche actuelle des décisions politiques et économiques ne tient pas suffisamment compte de la diversité des valeurs de la nature ». 

« Il va falloir changer d’échelle dans l’action » Audrey Garric www.lemonde.fr/planete/article/2022/07/16/on-trottine-lentement-derriere-un-climat-qui-change-vite_6135018_3244.html

La climatologue Valérie Masson-Delmotte pense que la prise de conscience et l’action contre le réchauffement « montent en puissance », mais que la réponse politique reste loin du changement d’échelle nécessaire.

Alors que la France suffoque sous la canicule, la climatologue Valérie Masson-Delmotte revient sur l’aggravation de la crise climatique. La directrice de recherche au Laboratoire des sciences du climat de Paris Saclay et coprésidente du groupe de travail 1 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat détaille l’impact du réchauffement et les vulnérabilités françaises. Elle estime que la prise de conscience reste en décalage par rapport à l’urgence.

Deux canicules déjà cet été en France, des vagues de chaleur aux Etats-Unis et en Chine, après celles de l’Inde et du Pakistan… Est-ce notre nouveau quotidien ?

Les phénomènes que l’on subit aujourd’hui sont des précurseurs d’événements qui vont devenir plus fréquents et plus intenses à l’avenir. Ce sont les conséquences directes des activités humaines, qui entraînent une accumulation de chaleur dans le système climatique. Chaque tonne de CO2 y contribue et chaque fraction de réchauffement augmente la fréquence, la durée et la sévérité des événements extrêmes, et en particulier des vagues de chaleur. Tout cela affecte la santé, les cultures et les revenus des personnes qui travaillent en extérieur. Les risques du changement climatique sont de plus en plus complexes et difficiles à gérer.

La France est-elle particulièrement vulnérable au dérèglement climatique ?

L’exposition et la vulnérabilité de la France sont importantes, notamment dans les régions de haute montagne (recul des glaciers, de l’enneigement, etc.) ou sur le littoral, avec la montée du niveau de la mer. Partout sur le territoire, des millions de logements sont en outre soumis au problème du retrait gonflement des argiles [des mouvements de gonflement et de rétractation qui provoquent des fissures]. Les vagues de chaleur s’intensifient, et c’est aussi le cas des pluies extrêmes, associées à des risques d’inondations − ces deux aspects sont exacerbés par l’urbanisation. Il y a un enjeu à intégrer l’aggravation future de ces phénomènes dans les plans de prévention des risques, ce qui n’est pas encore suffisamment le cas.

La population a-t-elle pris la mesure de la gravité de la situation ?

Je vois une prise de conscience croissante partout dans le monde et surtout dans les pays en développement. En France, j’observe une montée en puissance de la compréhension de la sévérité de la situation, du fait qu’il y a des dommages croissants partout et qu’il va falloir changer d’échelle dans l’action. C’est le cas pour beaucoup de citoyens, d’élus, quelles que soient leurs convictions politiques, et d’entreprises de multiples secteurs (bâtiments, transports, industrie…). Mais de nombreux obstacles persistent et freinent l’action, comme sur la rénovation thermique des logements ou l’aménagement des villes.

On redécouvre pourtant à chaque canicule la sévérité de la crise climatique…

Il faut parvenir à construire une mémoire collective qui permette de saisir l’intensification des phénomènes. Cela pourrait notamment passer par le fait de nommer les canicules, à l’image de ce qui est fait pour les ouragans. L’Italie l’a fait en 2021, baptisant un anticyclone Lucifer. Cela permet de se les approprier et d’ancrer les connaissances sur la récurrence des événements. Dans certains pays d’Europe centrale, des plaques dans les rues montrent la hauteur des crues historiques, ce qui permet de construire collectivement une culture du risque dans la vie quotidienne. En France, on essaye souvent d’effacer le plus vite possible la trace des événements extrêmes.

Mais ni l’expérience d’événements extrêmes ni l’information scientifique ne sont suffisantes pour conduire à des modifications profondes des pratiques. Ce qui compte, c’est d’être dans un cadre familial, associatif, professionnel ou territorial qui engage des transformations sociétales, ce qui permettra d’entraîner une évolution des styles de vie. Améliorer le bien-être et la qualité de vie permet aussi de renforcer l’engagement de tous sur la durée.

Observez-vous encore beaucoup de climatoscepticisme ?

Le climatoscepticisme existe encore mais a changé de forme. Il réside moins dans la négation du changement climatique et de son origine humaine que dans un déni de la gravité des enjeux et de l’urgence à agir. Lors de mes interventions publiques, j’observe la récurrence de discours de l’inaction, des alibis que l’on se donne pour ne pas agir : c’est trop tard, on parviendra à s’adapter, la technologie va nous sauver, la France ne pèse rien dans les émissions mondiales, etc. La meilleure façon de surmonter ce déni, c’est de renforcer, lors de la formation initiale et continue, les connaissances non seulement sur les risques, mais surtout sur les leviers d’action à toutes les échelles. Il y a aussi du climatoscepticisme chez certains seniors, qui perçoivent l’urgence climatique comme une remise en cause de leurs choix passés et ressentent de la culpabilité.

La réponse politique est-elle à la hauteur de l’urgence ?

On trottine lentement derrière un climat qui change vite. L’action se met en place, et monte en puissance, mais elle n’est pas encore à la hauteur. Au moment où elle se met en place, on sait déjà qu’elle ne suffira pas. Au final, les conditions ne sont pas encore réunies pour parvenir à doubler le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre dans les années à venir [afin de tenir les objectifs climatiques français]. Les propositions de la convention citoyenne pour le climat qui allaient dans le sens de la sobriété n’ont pas été retenues. Du fait du contexte de tensions sur les prix de l’énergie et de pénuries, on voit une appropriation de cet enjeu, mais de manière tardive et contrainte. Le gouvernement maîtrise le prix des carburants, ce qui constitue des subventions cachées aux énergies fossiles, mais n’encourage pas la baisse de la vitesse sur les autoroutes ou la limitation du poids des voitures pour réduire la consommation. L’adaptation au changement climatique n’est également pas suffisante : on réagit après coup et on gère crise après crise au lieu d’anticiper.

Que faire face à la crise climatique ?

En réduisant massivement les émissions de gaz à effet de serre mondiales, on peut réussir à stabiliser le réchauffement d’ici à une vingtaine d’années et donc limiter l’intensification des événements extrêmes. Ce qui pèse le plus dans les émissions en France, ce sont les transports (30 %) et en particulier la voiture individuelle. Une partie des déplacements sont contraints, mais beaucoup pourraient être réalisés autrement. Il faut valoriser d’autres manières de se déplacer, faciliter les déplacements à vélo, y compris par exemple pour accompagner les enfants à l’école. Les bénéfices seraient nombreux, pour le climat, la santé, la réduction du trafic routier, le bruit ou encore la concentration en classe.

Il faut aussi faire en sorte que nos infrastructures, nos activités agricoles, notre gestion de l’eau soient pensées pour être résilientes face aux caractéristiques climatiques à venir. Les impacts des événements extrêmes que l’on subit doivent nous ouvrir les yeux sur les transformations profondes à réaliser.

Le gouvernement a glissé une bombe climatique dans sa loi « pouvoir d’achat » Mickaël Correia www.mediapart.fr/journal/france/220722/le-gouvernement-glisse-une-bombe-climatique-dans-sa-loi-pouvoir-d-achat

À contresens de l’urgence climatique, le texte adopté ce matin par l’Assemblée nationale prévoit la relance d’une centrale à charbon et l’installation au Havre d’un terminal pour importer du gaz de schiste. L’État vient en prime de signer, sous l’égide de Total, un accord avec les Émirats arabes unis pour se fournir en diesel.

Tandis que la France suffoquait et que la Gironde brûlait, l’État français s’est comporté en pyromane du climat. C’est en substance ce qui transparaît à la lecture du projet de loi « pouvoir d’achat » adopté vendredi matin par l’Assemblée nationale, grâce aux renforts des groupes RN et LR. Car le texte recèle une véritable bombe climatique, tapie sous trois articles glissés parmi la vingtaine votés.

L’article 14 entérine ainsi l’installation d’un terminal méthanier au large du Havre. Face à la baisse des approvisionnements en gaz russe et alors que les centrales nucléaires fonctionnent au ralenti, l’État français a prévu d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar et des États-Unis dès la fin 2023 – pour un volume équivalent à 10 % de la consommation française annuelle.

Pour ce faire, un terminal flottant sera installé dès septembre 2023 sur les côtes havraises, après avoir été rapatrié de Chine par la compagnie Total.

Une décision en complète contradiction avec l’urgence climatique, qui s’est illustrée ces derniers jours par des dizaines de milliers d’hectares de forêts brûlés et un mercure atteignant les 40 °C en Bretagne.

En effet, ce GNL est essentiellement issu de gaz de schiste, dont l’extraction est désastreuse pour les écosystèmes et d’ailleurs interdite en France depuis 2011.

Il est surtout extrêmement climaticide. L’empreinte carbone du GNL est supérieure d’au moins 20 % à celle du charbon, sa production émettant des volumes importants de méthane, un gaz à effet de serre qui a un potentiel de réchauffement 84 fois plus important que le CO2 sur une période de vingt ans.

Dans son rapport annuel publié le 29 juin dernier, le Haut Conseil pour le climat a alerté : alors que le rythme annuel de réduction des émissions de la France devra doubler sur la période 2022-2030, « la substitution du gaz russe par du gaz importé sous forme de GNL pourrait générer […] une augmentation de l’empreinte carbone de la France ».

Un Code de l’environnement écrasé

Au nom de « l’intérêt général », d’après le gouvernement, l’article 14 instaure même certaines dérogations pour s’affranchir des études d’impact environnemental nécessaires à l’installation de ce type d’infrastructure.

Le texte mentionne que le terminal peut être dispensé des évaluations définies par le Code de l’environnement. Ces dernières ont trait aux incidences des projets sur la population et la santé humaine, la biodiversité ou encore le climat. Enfin, l’article instaure aussi la possibilité de « raccourcir le délai de consultation des communes traversées par la canalisation de transport de gaz visant à raccorder le terminal méthanier flottant au réseau ».

« Que fait un article sur l’extension d’installations gazières dans une loi sur le pouvoir d’achat des citoyens ?, déplore François Chartier, chargé de campagne énergies fossiles chez Greenpeace France. Ce n’est pas en se donnant les moyens d’importer plus d’énergies fossiles que l’on en sortira ! »

À la veille de la transmission du projet de loi pouvoir d’achat au Conseil d’État puis à l’Assemblée nationale, Élisabeth Borne déclarait pourtant : « Nous serons la première grande nation écologique à sortir des énergies fossiles. »

Députée LFI de la quatrième circonscription de Seine-Maritime, Alma Dufour explique à Mediapart : « Ce nouveau terminal verrouille notre avenir énergétique dans le gaz fossile. L’énergéticien français Engie, qui va faire le raccordement de l’infrastructure au réseau, vient de signer un contrat d’approvisionnement en GNL sur quinze ans avec les États-Unis. Et Total est le numéro deux mondial du GNL. En somme, ce terminal va permettre à ces deux firmes d’écouler le GNL, énergie dans laquelle elles ont énormément investi ces dernières années. »

« Le plus cynique, c’est que le GNL est une énergie chère et au coût très volatil, avance Anna-Lena Rebaud, des Amis de la Terre. En un an, le prix journalier sur le marché de gros de gaz européen a augmenté de 490 % : ça n’a aucun sens en termes de pouvoir d’achat pour les ménages les plus modestes. »

Coke en stock

Pour leur part, les articles 15 et 16 du projet de loi encadrent un éventuel recours à la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle). L’infrastructure avait pourtant fermé le 31 mars, conformément à la promesse d’Emmanuel Macron d’arrêter les centrales à charbon d’ici à 2022. Mais le ministère de la transition énergétique veut pouvoir redémarrer temporairement la centrale mosellane pour sécuriser la production d’électricité en France.

Ce recours temporaire au charbon augure le pire en matière de réchauffement. Première source des dérèglements du climat, la combustion de charbon pour produire de l’électricité engendre à elle seule 45 % des émissions mondiales de CO2. Et la consommation de charbon doit diminuer de 80 % d’ici à 2030 pour contenir le réchauffement planétaire.

Pour pouvoir rouvrir dès cet hiver la centrale de Saint-Avold, une dérogation qui permettra de réembaucher d’ancienn·es salarié·es licencié·es du site a été insérée dans le texte. Les deux articles 15 et 16 mentionnent aussi le relèvement par décret du plafond d’émissions de gaz à effet de serre autorisé pour ce type d’installation fossile.

Mais le gouvernement le promet : ces émissions supplémentaires seront compensées. L’article 16 institutionnalise ce greenwashing en ces termes : « Afin de limiter l’impact climatique d’un tel rehaussement, il est souhaité que les émissions allant au-delà du plafond actuel fassent l’objet d’une compensation carbone, via des projets de réductions des émissions de gaz à effet de serre dans un autre secteur ou d’augmentation de l’absorption de CO2. »

Les bancs de la gauche ont déposé, en vain, de nombreux amendements pour supprimer dans le texte l’installation du nouveau terminal GNL et le possible recours à la centrale à charbon de Saint-Avold, ou encore pour limiter les dérogations au code de l’environnement. Toutes les modifications proposées ont été rejetées.

« La France brûle, et le gouvernement verse du charbon et du gaz de schiste sur le feu, lance la députée Alma Dufour. Hier soir, les députés de la majorité aidés de ceux du RN ont voté pour la relance du charbon et l’importation du gaz de schiste. »

« L’État n’a pas du tout anticipé les crises : il n’a ni pris de mesures massives de sobriété, ni assez développé les énergies renouvelables. Maintenant, la solution d’urgence est de renforcer notre dépendance aux énergies fossiles », résume Adeline Mathien, coordinatrice du réseau énergie chez France Nature Environnement (FNE).

Pétrole partout, sobriété nulle part

Pendant que le gouvernement défendait son projet de loi « pouvoir d’achat », le chef de l’État recevait les 18 et 19 juillet, en plein pic de chaleur, Mohamed ben Zayed Al Nahyane, président des Émirats arabes unis.

Reçu au Grand Trianon, dans le parc du château de Versailles, le cheikh de cette pétromonarchie est venu pour la signature d’un accord entre Total et Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc), la compagnie pétrolière nationale émirienne.

Le partenariat conclu entre les deux entreprises vise à développer des projets de production de gaz et de pétrole aux Émirats arabes unis, mais surtout à approvisionner la France en diesel.

L’Élysée s’est aussi félicité de la création d’un Conseil d’affaires franco-émirien pour « développer les opportunités commerciales bilatérales », qui sera présidé par Patrick Pouyanné, le PDG de Total, et par le sultan Al-Jaber, ministre de l’industrie des Émirats arabes unis et patron d’Adnoc.

« Les deux chefs d’État ont souligné que l’action climatique constitue une priorité commune essentielle et réaffirmé des objectifs ambitieux dans ce domaine », assure un communiqué conjoint des deux pays.

En cinq jours, et alors que la France vivait sa deuxième canicule en moins d’un mois, Emmanuel Macron et le gouvernement d’Élisabeth Borne ont ainsi réussi le tour de force de perpétuer notre dépendance au pétrole, au gaz et au charbon à l’heure où l’Espagne, l’Italie ou le très libéral Royaume-Uni ont instauré une taxe temporaire sur les profits des géants pétroliers et où de nombreux pays européens ont pris des mesures de quasi-gratuité des transports publics.

Aucune mesure concernant la sobriété ou les économies d’énergies – deux mots qui n’apparaissent nulle part dans le projet de loi « pouvoir d’achat » – n’a été encore déployée.

À peine un « plan de sobriété énergétique » a-t-il été évoqué le 14 juillet par Emmanuel Macron. Dévoilé en septembre prochain, son objectif sera de réduire de 10 % notre consommation d’énergie d’ici à deux ans par rapport à 2019.

La ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré que ce plan serait centré sur des gestes simples demandés aux administrations de l’État et aux entreprises, comme celui d’« éteindre les lumières en pleine nuit »… Un dispositif déjà en vigueur depuis 2018, à la suite du Grenelle de l’environnement.

Mais qu’on se rassure pour le climat et la nécessaire sobriété : le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a appelé ce mercredi 20 juillet tous les Français·es à « débrancher un maximum de prises électriques » et à « couper le wifi » durant leurs vacances.

Bero-boladek gutxienez beste 40 urte iraungo dutela adierazi du Munduko Meteorologia Erakundeak Maddi Viana Zubimendi www.argia.eus/albistea/bero-boladek-gutxienez-beste-40-urte-iraungo-dutela-adierazi-du-munduko-meteorologia-erakundeak

 

Asteartean Erresuma Batuan 40,2ºC-ko tenperatura errekorra egon da. Artean, Munduko Meteorologia Erakundeak (MME) abisatu du gutxienez 2060 urtera arte planetak berotzen jarraituko duela, aldaketa klimatikoa gelditzea lortu ala ez.

Azken asteetan egondako bero-boladek Europa zeharkatu dute Portugaletik Balkanetaraino. Erresuma Batuan aurretik zegoen tenperatura maximo errekorra (datuak denetik) 39,1ªC-koa zen, asteartean ordea, Heathrow Londreseko aireportuan 40,2ºC-tara iritsi zen tenperatura, errekor berria ezarriz. Europako beste hainbat lekutan suteak egon dira, Nafarroan kasu.

Azkeneko hamarkadetan aldaketa klimatikoak gero eta eragin handiagoa du suteen meteorologian eta erretzen den lurrazalean. Sute benetan suntsitzaileak ikusten ari gara eta datozen urteetan halako gehiagorako prestatu behar dugula dio Scientific Reports aldizkariko azterketa batek. Petteri Taalas, MMEko idazkari nagusia, bat dator horrekin. Genevan emandako prentsaurrekoan bero-boladak “gero eta ohikoagoak” direla adierazi zuen, aldaketa klimatikoaren ondorioz: “etorkizunean halako bero-boladak ohikoak izango dira eta muturrekoagoak ikusiko ditugu”.

IPS albiste-agentziak adierazi duenez, Europako hainbat lekutan, batez ere Espainiako eta Frantziako Estatuetan, baso-suteak egon dira eta bizitza urbanoa kaltetu egin da, “ehunka bizitza galdu” dira baita ere. Taalasek prentsaurrekoan gogorarazi du 2003an bero-bolada batek Europan 75.000 hildako utzi zituela.

Munduko beste hainbat lekutan ere bero-bolada bortitzak jo du, hala nola Indian edo Pakistanen eta ohikoa baino euri gutxiago egin duenez ehunka mila pertsonen bizitzan eragin du. Indiako Meteorologia Departamentuak adierazi du tenperatura 45-50 ºC artean egon dela eta Pakistangoak 50ªC-ra iritsi direla behin baina gehiagotan.

MMEk adierazi du muturreko bero hauek munduaren aldaketa naturalaren parte direla, eredu klimatiko globalean izan diren aldaketen ondorioz. Baina ziurtatu du azken hamarkadetan maiztasuna, iraupena eta intentsitatea handitzeak lotura argia duela giza jarduerari egotz dakiokeen berotze globalarekin.