Articles du Vendredi : Sélection du 1er mars 2019


Avec El Niño, des flambées infectieuses à travers le globe Romain Loury www.journaldelenvironnement.net/article/avec-el-nino-des-flambees-infectieuses-a-travers-le-globe,96406

Le phénomène El Niño est bien à l’origine d’épidémies de maladies sur plusieurs continents, confirme une étude américaine publiée dans la revue Scientific Reports.

 

Liée à un réchauffement de la surface océanique dans le Pacifique tropical centre-est, le phénomène El Niño, qui revient tous les 2 à 7 ans, a d’importantes conséquences climatiques sur la planète, engendrant hausse ou baisse des précipitations selon l’endroit. Outre d’importants dégâts agricoles, El Niño a aussi un impact non négligeable sur la santé humaine.

Dans une étude, la plus large jamais menée sur ce sujet, des chercheurs de la NASA[i], des départements américains à l’agriculture (USDA) et à la défense (DOD), ont analysé le dernier épisode El Niño en date, celui de 2015-16, parmi les trois plus importants survenus depuis 1950. Leurs résultats confirment la survenue de plusieurs flambées infectieuses sur divers continents -une situation qui n’est pas sans évoquer celle à attendre du réchauffement climatique, qui devrait favoriser la survenue de nombreuses maladies infectieuses.

Peste et hantavirus aux Etats-Unis

Parmi eux, l’Amérique du Nord: dans le sud-ouest des Etats-Unis, une hausse des précipitations, alliée à un radoucissement des températures, a entraîné une hausse du nombre de cas de peste et d’infection par hantavirus, deux maladies mortelles si elles ne sont pas rapidement traitées, et qui se contractent par des piqûres de puces ayant préalablement infesté des rongeurs.

Sur la période 2002-2017, la peste a connu son maximum en 2015 (16 cas dont 4 mortels, contre 10 en 2014 et 4 en 2013), l’infection par hantavirus en 2016, les Etats les plus touchés étant le Colorado et le Nouveau-Mexique. Selon les chercheurs, les conditions climatiques ont favorisé la croissance végétale, offrant plus de nourriture aux rongeurs, qui ont ainsi proliféré.

Choléra en Afrique, dengue au Brésil

En Afrique, le choléra, maladie bactérienne qui se contracte par l’eau, a enregistré un pic en Tanzanie: sur la période 2000-17, 2015 et 2016 ont respectivement été les deuxième et troisième années pendant lesquelles la maladie a fait le plus de ravages.

Quant à la dengue, elle a aussi connu un fort rebond, aussi bien au Brésil qu’en Asie du sud-est. Pourtant, ces deux régions endurent, lors d’un épisode El Niño, non pas une hausse de précipitations, mais au contraire une sécheresse. Selon les chercheurs, les moustiques se relocalisent alors vers les bassins de stockage, proches des habitations.

Un risque accru jusqu’à 28%

Selon les chercheurs, les régions affectées par El Niño pourraient ainsi voir le taux de ces maladies croître entre 2,5% et 28% par rapport aux années normales.

Les données suggèrent par ailleurs un lien entre l’El Niño de 2015-16 et une hausse des cas de fièvre du Nil occidental en Californie, de la tularémie (liée à des piqûres de tiques) au Wyoming et au Colorado, mais aussi du chikungunya et de la fièvre Zika en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, ainsi que du paludisme au Soudan, au Kenya et en Ouganda.

 

[i] National Aeronautics and Space Administration

 

“Soit on subit le déclin de notre modèle, soit on invente la société post-carbone” Anaiz Aguirre Olhagaray https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20190301/soit-on-subit-le-declin-de-notre-modele-soit-on-invente-la-societe-post-carbone

Ingénieur de formation, militant du mouvement pour le climat, Charles-Adrien Louis (alias “Cal”) est co-gérant du cabinet d’étude B&L Evolution. Il est le co-auteur du rapport “Comment s’aligner sur une trajectoire compatible avec les 1,5°C ?”, qui passe en revue l’ensemble des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre et propose des mesures concrètes pour les réduire.

 

L’étude de B&L Evolution fait écho au rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) publié le 8 octobre 2018, et qui recommande aux Etats de maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C.

Qu’est-ce qui vous a poussé à réaliser ce document ?

On s’est rendu compte que dans le rapport du GIEC, on a de grands chiffres, des objectifs, on nous dit qu’il faut mettre en place des mesures drastiques et ambitieuses, mais on ne sait pas comment on construit la route pour y aller. On a voulu rendre cela plus concret, en prenant l’exemple de l’État français et en réfléchissant, secteur par secteur, comment être compatible avec les recommandations du GIEC, c’est-à-dire comment diminuer de manière importante nos émissions de gaz à effet de serre (GES). On a regardé sur le secteur résidentiel ce qu’il faudrait faire, mais aussi sur le transport, sur l’agriculture, et sur les biens de consommation. On a estimé qu’il faudrait réduire nos émissions de GES de 63 % en 2030 par rapport à aujourd’hui.

Il faut agir vite ?

C’est la complexité de la chose. Chaque mesure prise indépendamment peut être considérée comme faisable mais ce qui compte est de toutes les faire en même temps. Si on attend cinq ans pour commencer à agir, on ne sera pas en train de limiter le réchauffement à 1,5°C, mais plutôt à 2°C.

Entre un réchauffement d’1,5°C et de 2°C, la différence est-elle si grande ?

Le rapport spécial du GIEC démontre bien comment ce demi-degré de plus entraîne tout un lot de phénomènes météo supplémentaires, d’inégalités qui vont s’accroître, car de plus en plus de personnes auront les pieds dans l’eau, devront se déplacer… Je trouve qu’il y a deux messages importants qui ressortent de ce rapport. Le premier c’est que chaque dixième de degré compte, Quoi qu’il arrive, il faut qu’on fasse des efforts du mieux possible, mais il ne faut pas se dire que soit c’est gagné, soit c’est foutu. Le GIEC nous avertit aussi qu’on a tout intérêt à se rapprocher le mieux possible de 1,5°C, parce que derrière, les conditions d’adaptation vont être extrêmement difficiles et vont créer plus d’inégalités. Il faut trouver le juste compromis entre l’urgence du changement climatique et la nécessité de faire quelque chose qui soit acceptable par tout le monde, sans rentrer dans une sorte de dictature verte qui, dans tous les cas, ne serait pas bénéfique.

D’après vous, l’État français pourrait-il faire figure d’exemple ?

Les émissions de gaz à effet de serre sont un problème mondial. En fait, c’est la première fois qu’on est confronté à un tel problème. Quels que soient les agissements des uns, ils dépendent aussi des agissements des autres. On ne peut donc pas se dire qu’on va limiter nos émissions de CO2 en France, si tous les pays ne font pas de même. Il faut des “premiers de cordée”, et la France a ce rôle à jouer. Dans tous les cas, on est parmi ceux qui ont le plus à perdre d’une transition énergétique ratée. On voit bien aujourd’hui qu’on est dans un modèle qui est en train de s’effriter, de s’épuiser. Soit on va subir une sorte de déclin de notre modèle, soit on choisit d’être précurseur d’un nouveau modèle de société post-carbone.

Vous proposez un certain nombre de mesures drastiques, notamment sur les trajets aériens.

Ce qui nous semble le plus cohérent, c’est lorsque les personnes sont en train de se construire, de se chercher, de comprendre comment évolue le monde. C’est peut-être à ce moment-là qu’il est le plus utile de se déplacer en avion. On propose donc d’autoriser deux déplacements en avion aux personnes entre 18 et 30 ans, et par contre, de supprimer et dire définitivement aux gens qu’après 30 ans, ils n’auront plus le droit de prendre l’avion. Mais il y a des personnes qui doivent se déplacer pour des raisons qui peuvent se justifier : les diplomates, le président de la République… mais aussi les ressortissants français qui habitent à la Réunion, en Guyane ou en Guadeloupe.

Peu de gens dans le monde ont déjà pris l’avion.

Quand on regarde les chiffres, il n’y a qu’un milliard d’individus sur Terre qui a pris une fois dans sa vie l’avion, ce qui signifie que 6,5 milliards de personnes n’ont jamais pris l’avion. Même en France, plus d’un habitant sur deux ne prend pas l’avion chaque année, ni même tous les deux ou trois ans.

En gros, il faut repenser notre façon de voyager ?

L’avion est un des modes de transport. Ne plus le prendre ne veut pas dire qu’on ne peut pas visiter le monde. Simplement, il faut peut-être repenser le temps du voyage, et ne pas juste consommer des déplacements pour partir dans une autre capitale d’un autre pays, mais prendre le temps d’y aller de manière plus tranquille.

Et les vols internes ?

Parfois, il y a une raison de prix : le billet d’avion coûte moins cher que le train, ce qui est aberrant mais qui est lié à l’absence de taxes sur le kérosène. Mais souvent, c’est une histoire de confort. Pour nous, ce n’est pas justifié de garder l’avion quand on a une alternative qui dure moins de quatre heures.

Que pensez-vous du G7 qui va se tenir à Biarritz au mois d’août ?

Pour moi, le seul intérêt est diplomatique, que tout le monde reste dans la même ligne. Pour nous, tant qu’il y a l’Organisation mondiale du commerce qui est déterminante, qu’on n’a pas d’Organisation mondiale de l’environnement qui puisse avoir un poids supérieur, on n’arrivera pas à rester en dessous des 2°C. Je ne crois absolument pas que le G7 ou l’Accord de Paris fasse bouger les choses. C’est vraiment ce que l’on peut faire au quotidien sur les territoires, avec les entreprises, par toutes les décisions politiques locales et les engagements de chacun, qu’on va pouvoir changer les choses. Il faut repenser profondément notre système, accepter de faire une sorte de saut dans l’inconnu et inventer la société post-carbone.

Pour télécharger l’étude de B&L Evolution, suivre ce lien.

Les femmes à la pointe du combat syndical Alda! www.enbata.info/articles/les-femmes-a-la-pointe-du-combat-syndical

[Article publié en décembre 2017, à lire en vue de la Conférence d’Onintza Irureta de ce jeudi 7 mars à 20h00 au Local MRA de de Bayonne, sur la grève de 378 jours dans les EPHAD de Biscaye qui est devenue une lutte féministe exemplaire]

Après deux ans de lutte, dont plus d’un an de grèves, les soignantes des maisons de retraite de Biscaye viennent de remporter, avec le syndicat ELA, une “victoire historique” qui questionne la discrimination des femmes dans le monde du travail et leur avenir dans la lutte syndicale.

C’est la plus longue grève de l’histoire de Biscaye et elle a été menée presque essentiellement par des femmes. Un travail titanesque de mobilisation qui a duré deux ans et cumulé 370 jours de grève. Un combat exemplaire qui vient de se solder fin octobre par une belle victoire, non seulement pour améliorer les conditions de travail et de vie dans ces maisons de retraite de Biscaye, semi-publiques, mais plus largement pour réformer tout un secteur précaire et féminisé qu’une idéologie tenace associe à un travail d’appoint des femmes et au salaire qui en découle. Derrière cette lutte, menée par le syndicat basque ELA, s’immisce la question de l’égalité des sexes et des apports de la lutte syndicale dans la reconnaissance des droits des femmes. Et peut-être même, à l’inverse, de l’apport des femmes dans le combat syndical. Car par ces temps de morosité sociale, cette victoire musclée s’impose comme une leçon à tirer pour, a minima, rééquilibrer les forces. Ce n’est certes pas encore le grand soir mais en obtenant notamment la semaine à 35h, un salaire minimum de 1200€ net, une revalorisation des primes et une meilleure couverture en cas d’accident de travail ou de maladie professionnelle (lire ci-dessous), les employées de ces résidences du troisième âge ont obtenu ce qu’elles demandaient. Il faut dire qu’elles partaient de conditions de travail particulièrement précaires. Mais le butin, qui sera échelonné sur 5 ans, a aussi une portée symbolique et dans ce registre, les victoires sont importantes.

Grève de femmes

D’abord, parce que cet accord, qualifiée “d’historique” par le secrétaire général de ELA, Adolfo “Txiki” Munoz, a débouché sur une convention collective qui a également été adoptée par deux autres groupes gérant les maisons de retraite. Ensuite, parce que cette victoire, marquée d’une pierre blanche, ouvre la porte à un combat féministe mettant en lumière les conditions inégalitaires de travail des femmes. Cette longue “grève de femmes” qui a occupé l’espace public, n’était pas seulement le fait d’une imposante représentation féminine mais la conséquence d’une projection stéréotypée de la société pour des métiers féminins. Les femmes s’occupent des autres comme elles s’occupent des enfants, par une sorte de vocation qui les privent d’autant mieux de reconnaissance qu’elles sont censées s’en contenter comme d’une activité bienfaitrice pendant que leurs époux travaillent plus sérieusement. Et se réjouir d’un complément de salaire pour le foyer. Une idée récurrente, qui n’est pas le seul fait de la mauvaise volonté d’une entreprise dans une logique d’intérêts privés. Car l’Association de gestionnaires de centres du troisième âge Gesca, qui administre le centre de Bilbao, est financée à 70% par la diputacion de Biscaye. Ce qui place directement cette question des tâches précaires dévolues aux femmes au coeur du débat public. Et du constat public que la société a encore un long chemin à parcourir vers l’égalité des hommes et des

Caisse de résistance

Une attitude qui aurait eu raison de bien des conflits sociaux. Mais c’était sans compter sur la pugnacité de ces femmes, qui malgré une lourde campagne de culpabilisation et des accusations diffamatoires d’abandon des personnes soignées ou de mauvais traitements, ont su faire face avec énergie, générosité et enthousiasme à ce long combat. “Zaintzaileak zainduz, bizitza zaindu !” (“en prenant soin des soignants, prends soin de la vie”) clamait leur slogan. “Aujourd’hui, après tant de souffrances, de nuits sans dormir et des dizaines de manifestations ou de regroupements, nous pouvons clamer haut et fort et avec beaucoup de fierté que nous n’avons pas cédé au chantage et obtenu une grande victoire syndicale” ont déclaré les travailleuses, le 27 octobre dernier, au terme de leur mouvement. Pour tenir 370 jours de grève, il faut aussi une solide logistique, qu’assure le syndicat ELA, majoritaire au Pays Basque, avec notamment sa fameuse caisse de résistance. Un fond destiné à soutenir financièrement les grévistes, prélevé directement sur les cotisations syndicales des 100.000 adhérents. Un trésor pour la guerre qui est une particularité de ce syndicat —avec “la solidarité entre les travailleurs”— et permet d’établir un solide rapport de force lors de négociations. Quand on sait que le syndicat peut permettre aux grévistes de tenir financièrement pendant des mois ou des années, on est plus enclin à discuter en amont. En théorie, cette caisse de résistance est donc une arme de dissuasion massive mais il faut croire qu’il faille appuyer sur le bouton de temps en temps pour rappeler cette réalité. En l’occurrence, même s’il est aussi question d’argent public, le recours à cet extrême n’aura pas été dénué d’intérêt public.

Femmes et précaires

Car les grévistes ont elles-mêmes souligné la nature “sociale et féministe” de cette lutte qui a permis de rendre sa dignité au métier de soignante. Au-delà du simple conflit syndical, il s’agit bien de discrimination des femmes, du droit à l’égalité salariale et d’une double violence qu’exercent ces dominations sociale et de genre. Malgré les législations dans les pays européens, les inégalités entre les travailleuses et les travailleurs questionnent la capacité des syndicats à obtenir des avancées par la voie de la négociation collective. Si ce problème constitue un enjeu secondaire de la majorité des syndicats, qui ne mesurent pas le caractère systémique de la sous évaluation du travail féminin, il constitue pourtant un enjeu syndical essentiel, comme l’illustrent les résultats des syndicats britanniques qui, ces cinquante dernières années, ont obtenu des législations en faveur de l’égalité salariale et en assurent la défense. Faut-il pour cela que les femmes accèdent aux fonctions syndicales, encore dominées par les hommes, même si les syndicats se sont largement féminisés, dans les instances de direction comme à la base. Inclure cette donnée féministe dans une perspective syndicale est un formidable levier de syndicalisation en même temps qu’un pari fédérateur pour une société plus juste. C’est sans doute pour cette raison que la responsable des égalités au sein du syndicat ELA, Leire Txakartegi, s’exclame, au lendemain de la victoire des employées des maisons de retraites : “le syndicalisme devra être féministe”.

Principaux points d’accord

Les principaux points d’accord obtenus par les grévistes seront appliqués progressivement d’ici 2022 et concernent :

1- Les 35 heures hebdomadaires qui font passer la durée annuelle du travail de 1698 heures à 1582 heures. Le temps de repas de 20 minutes est inclus dans le temps de travail. La formation devient partie intégrante du temps de travail à hauteur de 20h.

2- Augmentation salariale de plus de 140€ par mois. Le bonus du travail le dimanche passe de 1,70€ à 2,75€ de l’heure. L’indemnité du travail de nuit augmente également.

3- Versement de 100% du salaire en cas d’accident de travail ou de maladie professionnelle.

 

Klimaren aldeko grebak: hemen da Greta Thunbergen belaunaldi berria Pello Zubiria Kamino www.argia.eus/argia-astekaria/2634/klimaren-aldeko-grebak-hemen-da-greta-thunbergen-belaunaldi-berria

Martxoaren 15erako dagoelarik deituta mundu osoko eskoletan Klimaren Aldeko Greba, milaka gazte irtengo dira kaleetara ikasketak utzita. Udazkenetik ostiralez ostiral zabaltzen doan protestaren protagonistak 15-17 urteko gazteak dira, Greta Thunberg suediarra hartu dutenak erreferentzia nagusi. Belaunaldi berri baten lehen aldarria? Klimaren krisiari irtenbide hiper-teknologizatua eman nahi dion kapitalismo berdearen manipulazioa? Piztu bezain fite itzaliko den memea?

 

Guk, lizeoko ikasleek, badugu gure iritzia emateko gu baino zaharragoak diren gehiengoa geldirik delarik. Gure etorkizuna dago jokoan. (…) Ikusten ote duzu zeure burua izanen ez den etorkizun baterako ikasketak egiten? Bakoitzak bere heinean parte har dezake, baina helduek, gure eginahalak peko errekarat eramaten badituzte beren abantailen babesteko eta geldirik egonez, gure indarrak alferrikakoak izanen dira. Dolua ere ezinezkoa izanen da. Geldirik egoteak, jendartearen bukaerarantz garamatza, ekin dezagun elkarrekin orain, bihar bizitzeko”.

Horrela mintzo dira Ipar Euskal Herriko lizeoetako 15-17 urteko ikasle gazteak, Bizi! mugimenduak hedatu duen agirian, gazte guztiei dei egiteko martxoaren 15ean munduko hiri eta bazter askotan deituta dagoen Klimaren Aldeko Greban parte hartzera. Irakurleak azpimarratua izango du: “Baina helduek, gure eginahalak peko errekarat eramaten badituzte beren abantailen babesteko eta geldirik egonez“…

Ikasle protesta berria hasi zen Greta Thunberg gaztearen inguruan. 2018ko abuztuaren 20an, ostirala, orduan 15 urte zituen  neskatoak eskola utzi eta Stockholmgo parlamentuaren atarian eserialdia egin zuen, alboan zeukala “Skolstrejk för klimatet“ (Eskola-greba klimaren alde) zioen afixa. Irailaren 8an esan zuen Suediako Gobernuak klimaren aldeko Parisko ituna sinatu eta karbono isuriak murrizteko erabakia hartu arte, ostiralero egingo zuela eskola-greba.

Thunbergek Fridays For Future –Etorkizunaren aldeko ostiralak– bataiatu grebak laster bildu zituen jarraitzaileak eskola askotan. Azaroan milakoetan konta zitezkeen Australiako ostiraletako grebalariak. Abendurako uhinak senti zitezkeen mundu osoan: Austria, Belgika, Kanada, Herbehereak, Alemania, Finlandia, Danimarka, Japonia, Suitza, Britainia Handia, AEBak…

Greta Thunbergen hitzak TED famatu batek bildu ditu eta geroztik zuzenean entzun dituzte Nazio Batuen Erakundean bezala Davoseko Forumean, munduko elitearen gailurrean: “Nire asmoa ez da zuek etsitzea: zuek ikara sentitzea nahi dut. Nahi dut zuek ere sentitzea nik egunero sentitzen dudan beldurra eta jokatzea etxean sutea bageneuka bezala, larrialdi horixe baita daukaguna”.

Hilabeteekin, ordea, azaldu dira zalaparta hau dena hain espontaneoa ez dela diotenak. Suedian ikerketa kazetaritza egiten duen Andreas Henriksson izan zen lehenbizikoa adierazten We Don’t Have Time (Ez dugu astirik) enpresaren operazio bat dela, eta susmo horiek zabaldu dira geroztik bazterretan. Berrikitan Isabelle Attard diputatuak Reporterre hedabide ekologistan bildu ditu titulu honen pean: “Kapitalismo berdea ari da erabiltzen Greta Thunberg”.

Laburtuz, We Don’t Have Time startup-ak [negozio-ideia berritzaileetan oinarrituta sortutako enpresak] ematen ei dio haize Thunbergi, 100 milioi kideko sare sozial bat antolatu eta klimaren beroketaren kontra gehiago egin dezaten presio egiteko enpresaburuei bezala politikariei.

 

Enpresaren buru den Ingmar Rentzhog omen da garapen iraunkorraren alde ari den Global Utmaning think-tank-aren zuzendari ere eta Davoseko forumeko handikiekin legoke lotuta, hau da, planeta mundializazio gehiagoz eta soluzio teknologiko are sofistikatuagoz salbatu nahi luketenekin.

“Gaztetxo honen eta bere jarraitzaileen borroka –dio Attardek– osasungarria da eta kontzientzia hartze ekologistarentzako itxaropen iturri. Alabaina, ez dugu inozoak izan behar inguruan dituen heldu batzuen jokabideaz”.

“Justu Aspergerra dudalako”

Greta Thunbergek bere Facebookean erantzun die mesfidatiei otsailaren 2an. Hasten da kontatzen nola entzun zuen eskola-greba baten ideia beste gazte baten ahotik eta ondoren nola garatu zuen berak bakarrik, inguruko gazte kezkatuek bestelako bideak hobesten zituztelako. “Baina inor ez dabil –dio Thunbergek– nire atzean, neu ez besterik. Nire gurasoak ere urrun zeuden kezka hauetatik nik ohartarazi nituen arte”.

Bere izaeraren berezitasun hau ere ez du ezkutatzen: “Batzuek irri egiten dute ezberdina naizelako. Baina Aspergerra ez da gaixotasun bat, dohain bat da.  Horrela ari direnek diote Aspergerra dudanez ezin izan dudala neuk bakarrik erabaki honetan hasi. Baina justu horrexegatik egin dut, zeren eta ni izan banintz normala eta lagunartekoa, orduan elkarte batean sartuko nintzen edo beste bat antolatuko nuen neuk. Baina lagunartekoa ez naizenez, plaza erdian egin dut eskola-greba”.

Beste erantzun hau neskatoa heldu baten gisa hitz egin eta idazten duelako kritikatzen dutenei: “Uste duzue 16 urteko gaztetxo batek ezin duela bere kasa hitz egin?  Eta gero badira gauzak gehiegi sinplifikatzen ditudala diotenak ere, esate baterako diodanean “klimaren krisiak erantzun sinplea dauka: edo dena beltz edo dena zuri”, “negutegi eragina duten gasen isurtzea gelditu behar dugu” edo “nahi dut zuek ikaratzea” [I want you to panic]. Baina horrela mintzo naiz egia delako. Klimaren krisia da inoiz aurrean aurkitu dugun arazorik konplexuena eta denetik egin beharko dugu horri aurre egiteko. Baina soluzioa sinplea da: negutegi eragineko gasen isurketa gelditu beharra daukagu”.

Neska, diote besteek, zuk dena ikusten duzu edo zuri edo beltz? “Edo zuri, edo beltz: edo mugatzen dugu beroketa industri aroa baino lehenagoko mailarekiko +1,5ºC-ra, edo ez dugu mugatzen. Hau da, edo iritsiko gara haustura puntu batera zeinetan hasiko den erreakzio kate bat gizakiaren kontrolari ihes egingo dioten gertakizunekin, edo ez gara iritsiko. Edo gure zibilizazioak iraungo du, edo ez du iraungo. Bizirauteari dagokionean ez dago grisarentzako tarterik”.

Beste hitz bat jendeak izutu beharra kritikatzen diotenentzako: “Ikaratu behar duzuela diodanean esan nahi dut krisiarekin jokatu behar dugula krisi batekin bezala. Etxea sutan baldin badaukazue, ez zarete eseriko eta hitz egiten hasiko garrak itzalitakoan nolakoa berreraikiko duzuen eztabaidan. Etxea sutan badaukazue, korrika irtengo zarete, ondo zainduko duzue denak kanpoan egotea eta suhiltzaileei deituko diezue. Honek paniko maila bat eskatzen du”.

Horrela mintzatzen da Greta Thunberg eta milaka gaztek jarraitzen diote. Sare sozialek –gibeletik norbaitek sustatuta– haizatu eta laster ahaztuko duten memea ote den? Irakurleak LARRUN batetik ezagutzen duen Ugo Bardik dio: “Gure biziraupena dago jokoan eta armak behar ditugu: historian zehar inongo gerrarik ez da inoiz irabazi nagusitasun morala erabiliz arma bakartzat. Greta Thunberg baldin bada arma memetikoa, meme on bat da helburu onez sortua. Beraz, goazen eta borroka dezagun”.