Articles du Vendredi : Sélection du 19 novembre 2021


Les entreprises privées ont saboté la COP26 ? À nous d’agir/strong> Plus de 200 universitaires internationaux https://reporterre.net/Les-entreprises-privees-ont-sabote-la-COP26-A-nous-d-agir

Dénonçant l’influence des entreprises à la COP26 et l’échec de ce sommet, quelque 200 universitaires internationaux demandent dans cette lettre de prendre des « décisions plus radicales ». Et appellent à une « révolution verte » face à l’urgence climatique.

Plus de 200 universitaires du monde entier ont critiqué la mainmise des entreprises sur le sommet climatique de Glasgow et appellent à une véritable « révolution verte » pour atténuer l’effondrement des sociétés. Après la publication du projet de décision globale de la COP26 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ils ont signé une lettre publique. La liste complète des signataires, issus de plus de trente pays, figure ci-dessous. Suivez les réactions ici.

Cet été, le résumé international officiel [le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Giec] de la science du climat a annoncé que nous faisons face à une augmentation des catastrophes et dérèglements, touchant en premier et majoritairement les plus pauvres. Une fuite d’un autre rapport de ce même groupe [1] identifie le besoin de transformer nos systèmes économiques si l’on veut garder une chance raisonnable de limiter les pertes et dommages.

Pourtant, aucun plan de transformation fondé sur une économie plus juste n’a été lancé lors de la COP26, sommet pour le climat, tenu à Glasgow. Pire encore, les engagements volontaires des entreprises ont détourné l’attention au détriment des politiques économiques nécessaires pour réduire le carbone atmosphérique et se préparer à l’aggravation des dérèglements. Ceci malgré des décennies d’initiatives volontaires [2] n’ayant eu aucun impact significatif sur le climat. C’est à la fois contraire à la science et à l’éthique de nier la responsabilité de notre système économique, et qu’il doit être transformé afin de réduire les risques climatiques et s’adapter aux difficultés à venir. Déniant cette réalité, il est prévu de gaspiller d’énormes sommes d’argent dans des machines à capturer le carbone, gourmandes en énergie, mais insignifiantes sur le plan atmosphérique.

Les dirigeants politiques pourraient au contraire communiquer honnêtement avec leurs populations sur les changements nécessaires dans les industries et les modes de vie. Dans le respect de la justice climatique, ils et elles pourraient prendre des décisions immédiates afin de réduire les inégalités à l’échelle nationale et internationale, ce qui est essentiel pour que les changements dans les moyens d’existence se fassent de manière juste et durable.

« Il est temps de prendre des décisions plus radicales et honnêtes. »

Nous sommes des centaines de chercheurs et chercheuses de douzaines de pays différents, affligés par la situation, mais déterminés à ne pas l’ignorer.

Nous pensons que le dévoiement de la COP26 par les entreprises et son échec montrent clairement que c’est via les groupes locaux citoyens et les organisations que doit se construire notre propre réponse face à l’urgence climatique.

Cela implique un plaidoyer politique radical et coordonné, venant d’en dehors du système noyauté par les entreprises, pour une « véritable révolution verte » [3] qui réduira et absorbera de manière significative les émissions de carbone, régénérera la nature et nous aidera à nous adapter. Cela induit aussi des efforts d’« adaptation radicale » conduits par les groupes locaux citoyens, indépendamment des gouvernements et des multinationales.

Les paroles en l’air de Glasgow nous disent qu’il est temps de prendre des décisions plus radicales et honnêtes. Nous devons dénoncer cette croyance disant que les dangers du réchauffement climatique ne vont pas s’aggraver, ou que les grandes entreprises viendront à notre secours. Cette illusion démasquée, nous pourrons contribuer à une autre voie, en espérant que les gouvernements finiront par s’y rallier.

Sobriété Claire Legros www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/17/la-sobriete-cette-evidence-devenue-un-angle-mort-de-la-societe-de-consommation_6102333_3232.html

Longtemps pensée comme une « évidence », la notion de modération ou de frugalité est devenue marginale à partir du XVIIIe siècle dans les sociétés d’abondance. Elle revient aujourd’hui dans le débat public, mais manque d’une définition précise et d’indicateurs

Réduire ses déplacements, relocaliser ses achats, privilégier les objets d’occasion… Ces idées semblent faire leur chemin dans l’opinion publique, selon le baromètre de l’Agence de la transition écologique (Ademe). La notion de sobriété, notamment énergétique, suscite aussi « un intérêt croissant de la part des sciences sociales et politiques », note Edouard Toulouse (La Revue de l’énergie, mars-avril 2020), ingénieur et membre de l’association négaWatt, qui anime, depuis 2017, Enough, un réseau international de recherche sur le sujet. Pour autant, elle reste peu mobilisée dans les politiques publiques. « Il y a là comme un angle mort, un sujet tabou », constate Barbara Nicoloso, directrice de l’association Virage Energie, qui accompagne les collectivités dans leur transition énergétique.

Comment expliquer ce phénomène ? Qu’on la nomme « tempérance » ou « frugalité », la modération est une notion ancienne, qui s’enracine dans les grandes traditions philosophiques et religieuses. Présente dans la pensée grecque et les principales religions, elle est longtemps perçue comme « une évidence », dans des sociétés « soumises aux contraintes matérielles », où les populations s’organisent « pour répartir des sources d’énergie peu abondantes, gérer la pénurie pour se chauffer, s’alimenter, se déplacer, ou produire des biens », rappelle l’historien des techniques François Jarrige (« Sobriété énergétique, un nouvel oxymore ? », AOC, février 2020). La démarche est individuelle mais aussi collective. Dans son ouvrage Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie (Gallimard, 2006), le géographe Jared Diamond cite l’exemple des Islandais, qui ont su, pendant des siècles, limiter le nombre de moutons par éleveur, afin de préserver un environnement volcanique où la terre fertile est une denrée rare.

C’est à partir du XVIIIe siècle que s’opère un basculement de la pensée occidentale. Avec les sciences modernes émerge l’idée que la Terre est exploitable, qu’il suffit de la creuser pour en extraire une énergie abondante. Se déploie alors « un nouvel imaginaire où l’émancipation et la réalisation de soi passent par un progrès technologique sans limite, qui pourvoit à la satisfaction matérielle de tous les désirs », analyse Barbara Nicoloso, autrice d’un Petit traité de sobriété énergétique (Charles Léopold Mayer, 200 pages, 10 euros). Au XIXe siècle, la sobriété devient même une idée rétrograde, « un signe de misère ou de retard », constate François Jarrige. Alors que les promoteurs du charbon, du pétrole, puis du nucléaire sont célébrés comme des héros, « leurs opposants et tous ceux qui cherchaient d’autres chemins ont été oubliés et rejetés dans les poubelles du passé ».

La question de la justice sociale

Ce récit se renforce encore tout au long du XXe siècle jusqu’à l’avènement de la société de l’hyperconsommation et du tout-jetable. L’idée de sobriété est marginalisée, portée par des philosophes critiques de la société industrielle, comme Jean Baudrillard – il dénonce, dans La Société de consommation, en 1970, la « mystique de la croissance » –, les penseurs Jacques Ellul et Ivan Illich ou l’économiste Serge Latouche, théoricien de la décroissance, qui propose de mettre en oeuvre la « satisfaction d’un nombre judicieusement limité de besoins » (Le Pari de la décroissance, 2006).

Ces réflexions rencontrent peu d’écho. La « chasse au gaspillage », lancée par Valéry Giscard d’Estaing en 1979 après les chocs pétroliers, apporte la preuve qu’une stratégie de rationnement volontaire à l’échelle d’un pays est possible. Mais cette politique se veut transitoire et tourne court avec le développement du parc de centrales nucléaires, tandis que la consommation énergétique repart de plus belle. Dans un modèle de société fondé sur la croissance, la sobriété dérange. Elle est, à tort, souvent assimilée à la recherche d’efficacité – faire plus avec moins – qui mise sur le progrès technologique pour préserver la planète.

Or, des travaux en sciences de l’environnement montrent que, si l’efficacité est un élément important pour agir sur le climat, elle n’est pas suffisante et doit être associée à une profonde réflexion sur les usages et les modes de vie. Dans cette perspective, les initiatives individuelles ne suffiront pas.

« La sobriété n’a de sens que si elle est portée par la collectivité », confirme Bruno Villalba, professeur de science politique à AgroParisTech et coauteur de Sobriété énergétique (Quæ, 2018).

Mais comment faire la part entre les besoins fondamentaux et ce dont on peut se passer, alors que des travaux scientifiques montrent que cette distinction est plus culturelle qu’universelle, et évolue avec le développement de la société ? Et surtout comment définir un accès équitable à l’énergie et aux biens quand une large part de la population vit déjà une sobriété qu’elle n’a pas choisie ? Mettre en oeuvre une politique de sobriété pose de nombreuses questions, et en premier lieu celle de la justice sociale. « La sobriété n’est ni l’ascèse ni la privation, mais un rééquilibrage qui doit se construire démocratiquement et suppose d’inventer un autre imaginaire de liberté et d’émancipation », assure Barbara Nicoloso. Il n’est peut-être pas trop tard.

La LGV contre le droit de vivre et de se loger au pays Txetx Etcheverry www.enbata.info/articles/la-lgv-contre-le-droit-de-vivre-et-de-se-loger-au-pays

La LGV permettrait de désenclaver le Pays Basque[1] ? Quel sens cela peut-il avoir à l’heure où l’attractivité de ce pays menace la possibilité pour sa population de continuer à y habiter. L’opposition à une voie nouvelle LGV est un motif supplémentaire de participer à la grande manifestation du 20 novembre pour le droit de vivre et de se loger au pays.

Il y a quelques jours, une personne repoussait le tract des occupants du meublé de tourisme Airbnb réquisitionné à Biarritz en leur crachant son dédain via cette formule très significative “Quand on n’a pas d’argent, on n’essaie pas de s’habiller chez Hermès”. Sous-entendu, ceux qui ne sont pas riches ne doivent pas prétendre se loger à Biarritz. Si l’on veut éviter d’entendre le même style de réflexions demain à Sare ou Ustaritz, c’est le moment ou jamais de se mobiliser contre la LGV et pour le droit de se loger au pays, afin d’éviter que la côte basque et le rétro-littoral ne soient entièrement rachetés par ceux à qui la fortune et la grande vitesse permettraient d’habiter deux logements, dont l’un était le nôtre jusqu’alors.

Désenclaver le Pays Basque ?

Le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a voté ce vendredi 22 octobre une motion qui appuie la nécessité d’une voie nouvelle LGV. Cette motion entend négocier la contribution du département au financement de la réalisation de la Liaison Grande Vitesse sur l’axe Bordeaux-Toulouse et sur l’axe Bordeaux-Dax. Mais si le président du Conseil départemental Jean-Jacques Lasserre “juge inacceptable” la facture proposée par Alain Rousset, il n’en valide pas moins le projet pourtant rejeté par la majorité de la population du Pays Basque nord. Il prouve une fois de plus ainsi qu’on ne pourra jamais compter sur le département des Pyrénées-Atlantiques pour défendre les intérêts d’Iparralde et de sa population.

Quand on voit que l’attractivité actuelle du Pays Basque nord complique chaque jour d’avantage la possibilité pour sa population de continuer à pouvoir s’y loger, on hallucine en lisant la motion adoptée par le Conseil départemental : “A ce jour, et considérant l’importance stratégique pour les Pyrénées-Atlantiques d’assurer une desserte ferroviaire de qualité pour les prochaines décennies, notamment pour les deux pôles urbains de Bayonne et de Pau, (….), considérant enfin les enjeux économiques et sociaux de lutte contre l’enclavement des territoires non métropolitains, le Conseil Départemental rappelle sa volonté de voir développer des liaisons rapides, cadencées et de qualité jusqu’à Bayonne et Pau, via Orthez. Un engagement déjà concrétisé par une participation de 53 millions d’euros pour la liaison Tours-Angoulême-Bordeaux pour un gain d’une heure de trajet vers Paris (…) Le Conseil Départemental des Pyrénées-Atlantiques demande au Président de la Région Nouvelle Aquitaine de reconsidérer la maquette financière à un niveau acceptable pour le Département au regard du gain en temps des nouvelles lignes(…)

On assiste, depuis un an, à un véritable tsunami qui emporte avec lui les locations à l’année empêchant les secteurs les moins riches de la population locale de pouvoir continuer à se loger sur la côte basque et le rétro-littoral. Nous voyons chaque jour se multiplier les cas de locataires recevant un congé pour vente parce que leur propriétaire a reçu une offre mirobolante pour revendre le logement concerné. Ce dernier deviendra au choix une résidence secondaire, un airbnb permanent, le domicile de quelqu’un s’installant ici pour télé-travailler vers Paris. Et certains veulent rajouter à cette liste des milliers d’acheteurs potentiels, au pouvoir d’achat plus élevé que la moyenne de la population locale, que le fait de mettre Bordeaux à une heure de Bayonne ou Paris à 3 heures, incitera d’autant plus à acquérir une résidence, principale ou secondaire, dans le coin !

14,3 milliards pour aggraver la situation ?

La motion départementale nous apprend que le financement de l’opération envisagée (axes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax) est estimé à 14,3 milliards d’euros. Voilà donc le coût du déménagement des territoires et de leurs populations. Quel sens peut avoir ce projet de construire des grandes villes LGV où les loyers et le foncier devient incontrôlables, où l’étalement urbain explose et où se multiplient les déplacements et bouchons périurbains ? Comment rester sourd à ce point aux angoisses, colères et demandes des Gilets Jaunes ou des Lycéens pour le climat ?

L’équation est on ne peut plus claire : LGV égale aggravation de la situation du marché immobilier et foncier, déjà insupportable au Pays Basque pour des secteurs entiers de la population.

LGV égale aggravation de la situation du marché immobilier et foncier, déjà insupportable au Pays Basque pour des secteurs entiers de la population.

On se mobilise !

Nous ne pouvons en aucun cas accepter ce nouveau développement de la LGV qui met Iparralde de plus en plus près de Bordeaux et Paris, et encore moins que nos impôts le financent, donc servent à payer notre prochaine expulsion. Nous devons nous mobiliser de plus belle, en répondant présents aux premiers rassemblements et réunions publiques anti-LGV annoncés par le CADE les samedi 6 novembre à partir de 9 heures devant la Cité des Arts à Bayonne et le vendredi 12 novembre à Saint- Pierre-d’Irube. Et nous devons également le faire en venant crier notre opposition à la LGV au sein de la grande manifestation pour le droit de vivre et se loger au pays appelée par plus de 30 organisations le samedi 20 novembre à 15 heures à Bayonne. Plus que jamais, notre avenir est entre nos mains. Geroa gure gain.

Rafa Alday. Pankartaren bi aldeetan : “Planetak ez du arazorik, geuk ditugu bizirik jarraitzeko zailtasunak” Reyes Ilintxeta www.argia.eus/argia-astekaria/2755/rafa-alday-pankartaren-bi-aldeetan

Klima-aldaketa eta erregai fosilen eskasia dira gaur egun jada bertan ditugun arazo askoren sorburuak. Uholdeak, suteak, pertsonen migrazio masiboak eta hornidura arazoak gero eta ohikoagoak dira eta izanen dira. Rafa Alday ekintzaile ekologista eta adituaren ustez, desazkundea da bide bakarra.

Rafa Alday Agirretxe. Donostia, 1957, Fisika Zientzietan lizentziaduna. KEM Kontzientzia Eragozleen Mugimendu antimilitarista eta Lakabe ekimenetako sortzaileetakoa da. Zentral nuklearren aurkako aktibista eta ibilbide luzeko ekologista. Gaur egun Nafarroako Gobernurako ingurumen teknikari gisa ari da lanean.

 

Nola iritsi zinen ekologiaren aktibismora?

Gaztetan KEMen sorreran hartu nuen parte eta militarismoaren aurkako mugimendu honek eta ekologismoak bat egiten zuten neurri handi batean, batez ere zentral nuklearren aurkako borrokari dagokionean. 70eko hamarkadan Euskal Herrian aldarrikapen hori oso zabalduta zegoen eta nik nuklearren aurkako batzordeetan eta mobilizazioetan hartzen nuen parte. Gladys del Estalen lagun mina nintzen eta bera hil zuten Tuterako mobilizazioan berarekin nengoen. Epaiketan lekuko gisa deklaratu nuen. Horrek eraman ninduen inplikazio handiagoa izatera borroka hartan.

Armintzako nuklearren aurkako taldean aritu nintzen. Lemoizko zentralaren kontrako ekintza ez bortitza egin genuen hainbat hilabetez, eta militarizazio ikaragarriarekin erantzun ziguten. Esperientzia hura oso garrantzitsua izan zen. 1980an Lakabeko komunitatea sortu genuen gaur egungo zibilizazioari alternatibak bilatzeko helburuarekin eta han bizi izan nintzen 20 urtez. 2003an hasi nintzen profesionalki lanean ingurumenaren alorrean. Militantziatik nator. Pankartaren bi aldeak ezagutu ditut eta ikusten dudana da bietan ezintasun handia dagoela. Borroka ekologistan batzuetan garaipen txikiak lortzen dira, baina zibilizazio honek nora eramaten gaituen ikusten ari gara gaur egun argi eta garbi. Zorionez zentral nuklearrik ez dugu Euskal Herrian, adibidez, baina garapen-eredu guztiz predatzailea bai.

Zertan aldatu da ekologismoa azken hamarkada hauetan?

Eredu bat jasangarria den edo hondamendira garamatzan esaten genuenak, mugimendu ekologistak izaten ginen lehen. Gaur egun, ordea, Nazioarteko Energiaren Agentzia da adierazten diguna horrela ezin dugula jarraitu; Nazioarteko Meteorologia Elkartea da ohartarazten duena berotegi-efektuko gasen kontzentrazioak gora egiten jarraitzen duela edota Nazio Batuen Erakundea da anbizio falta ikaragarriagatik alerta gorrian gaudela zehazten diguna. Horrela jarraituz gero, ez dugu lortuko mende bukaerarako tenperatura 1,5 edo 2 gradu baino gehiago ez igotzearen helburua. Azkarrago joan behar dugu. Hori izan da Glasgowko bilerara eraman duten ideia nagusia.

Zergatik da horren larria egoera?

Ekuazio konponezin bati egin behar diogulako aurre. Alde batetik badugu sistema bat kontsumoaren eta ekoizpenaren etengabeko hazkundeaz elikatzen dena eta, bestetik, planeta akitu bat, lehenbiziko alerta-seinaleak ematen hasia da. Gasen isurketak moteldu edo amaitu arren, egun atmosferan dagoen gas kontzentrazioak planetaren beroketa eraginen du milaka urtez. Honetaz gain, argi eduki behar dugu erregai fosilak amaitze bidean daudela eta garestiagoa dela horiek lortzea.

Sistema hori nola aldatu daiteke?

Oso zaila da. Egia da berri on bat dagoela: dagoeneko mundu guztiak, nolabait, ulertu du horrela ezin dugula jarraitu. Baina katuari joarea nork ezarriko dio sistema birbideratzeko? Hor dago koxka. Bi joera nagusi badira klima aldaketaren inguruan: alde batetik tekno-baikortasuna, hau da, teknologiari esker bizi erritmo honi eustea lortuko dugula uste duena, eta, bestetik, desazkundea defendatzen duena horrela jarraitzeko behar adina baliabiderik ez dagoelako. Kontsumoa eta gure ingurumen-inpaktua gutxitzea ezinbestekoa da. Ni joera honen aldekoa naiz. Hori da bide bakarra eta modu positiboan begiratu behar dugu, aukera ematen digulako aberastasunaren banaketa berri bat egiteko eta gertukora itzultzeko.

Bitxia da nola pandemiaren garaian jendeak berriro gozatu duen gertu duenarekin eta ez Bahametarako bidaiekin edota nola txalotu dugun osasungintzaren alorreko pertsonen ahalegina, adibidez. Ikusi dugu nola gertukoak inpaktu handi bati aurre egiteko aukera ematen digun.

Administrazioak neurri gogorrak hartzeko ahalmena izan du eta, aldi berean, herritarrok gertutasun balioak errespetatzeko gai izan gara. Baditugu tresnak, baina gai izan behar dugu horiek erabiltzeko.

Tabakoarena bada beste adibide bat nik maiz erabiltzen dudana: tabakoa espazio publikoetatik kentzeko gauza izan bagara, agintariek CO2 isuriak desagerrarazteko beharrezkoak diren neurriak hartzeko gai izan beharko lukete. Hala ere, kontuan hartu behar da enpresa gutxi batzuk direla tabakoarekin lotura zuzena dutenak eta erregai fosiletan inplikatuta daudenak, aldiz, arlo guztietakoak. Hala ere, IPCCk (Klima Aldaketari buruzko Adituen Gobernu Arteko Taldeak) ohartarazi digu soilik 2030era arte dugula gure jarrera aldatzeko epea. Petrolioaren erauzketaren gailur gorenera iritsi gara. Hemendik aurrera gutxiago egonen da eta murrizketak datoz. Kontua da kolapsoa eta desazkundea antolatzen dugun edo dena berdin uzten dugun eta salba dadila ahal duena. Administrazio publikoei eskatu behar diegu desazkundea planifikatzeko.

Lurrak ez du batere presarik. Planetak ez du arazorik aurrera jarraitzeko, geuk ditugu bizirik jarraitzeko zailtasunak.

Nola egin daiteke hori kontsumismora emanak bagaude?

Klima-aldaketaren ondorio gero eta latzagoak pairatuko ditugu etorkizun hurbilean, zalantzarik gabe, eta gizarte-kohesioa da erresiliente izateko aukera bakarra.

Gauza probatua da hondamendien aurrean jendarteak antolatzeko gaitasuna duela, administrazioak gaindituz. Katrina urakanarekin ikusi zen, edo berdin 2019ko Tafallako uholdeetan; batez ere gazteak izan ziren elkartu eta birrindua zegoen herriari buelta emateko gai izan zirenak. Baina horretarako ezinbestekoa da aurretik kohesio sozial sendoa egotea.

Energia berriztagarriak ez dira soluziobidea?

Energia berriztagarriek, materialengatik eta potentziarengatik, ezin dituzte erregai fosilak ordezkatu guk behar dugun bezain azkar.

Nafarroan kontsumitzen dugun elektrizitatearen %74 berriztagarria da. Arazoa da elektrizitatea kontsumitzen dugun energia guztiaren %21 baino ez dela. Tenperatura altuak behar dituzten industrietan ordezkapena oso zaila da. Eta berdin kamioi, itsasontzi edo hegazkin bidezko garraioan edota nekazaritzan erabiltzen diren makinetan ere. Hidrogenoa da orain planteatzen dena, baina arazo asko ematen ditu eta engainu berri bat da. Orain baino lehen ere aurreranzko beste ihesaldi batzuk ezagutu izan ditugu, adibidez, bioerregaiak. Zaila da. Orain urrutitik datozen produktuak behar ditugu bizitzeko, bertako ekoizpenetik urrundu garelako. Bizimodu sofistikatua dugu eta ez dakigu zer dagoen horren guztiaren atzetik. Netflix ordubete ikustearen atzean 55 gramo CO2 isurketa dago, esate baterako. Zaborrak edukiontzira bota ondoren, ahaztu egiten ditugu. Garrantzitsua da jakitea zer dagoen produktu eta zerbitzu guztien bizi-zikloaren atzean.

Beharrezkoa da kultura berri bat eta badira itxaropenerako zantzuak. Adibide bat: herrialde nordikoetan zabaltzen ari da Flygskam edo hegal egitearen lotsa. Suedian sortutako mugimendua da, jendea animatzen duena hegazkinez bidaiatzeari uztera, garraio-modu horri lotuta dauden CO2 isuri handiak saihesteko. Ez da logikoa asteburu pasa Londresera joatea. Antonio Turiel aditu handiak adibide bat jartzen zuen: bi lagun Britainia Handiko hiri banatan bizi dira. Egun batean kafe bat hartzeko gelditu nahi zuten eta aukerarik merkeena suertatu zitzaien Malagan elkartzea. Ezin gara bizi halako jokamoldeak zigortzen ez dituen sistema batean.

“Esperientzia alternatibo interesgarriak ditugu Nafarroan: Bioeraikuntza, Landare, Energia Gara, Goiener, Emauseko Trapuketariak, Lakabe, Zorokiain, Oraintxe, ekologikoan ari diren nekazari eta abeltzainak…”

COVID-19a abisu edo lezio moduko bat izan da?

Bai. Bada lotura argi bat bioaniztasunaren suntsiketa eta gaixotasun birikoen zabalkundearen artean. Naturak eman digun beste alarma bat da. Uholdeak edo suteak beste zantzuak dira. Oraingoz libratzen ari gara, baina gerta daiteke sute menderaezinak pairatzea hementxe bertan.

Etorkizuna latza da, baina eutsi egin behar diogu eta ahal den modu baikorrenean. Behar-beharrezkoa dugu utopia berriak sortzea, eszenatoki hurbiletan eta guk dauzkagun balioetan oinarritutakoak,Tafallako gazteek egin zuten bezala, eta, aldi berean, administrazioekiko sintonian.

Lidergo sendoa behar da eta agintariek bertigoa sentitzen dute oso erabaki gogorrak hartu behar direlako. Horregatik Greta Thunberg bezalako aktibisten ekarpena oso mesedegarria da. Sinbolo bat da. Nafarroan, adibidez, esperientzia alternatibo interesgarri asko ditugu abian dagoeneko. Erronka da esperientzia horiek orokor bihurtzea.

Adibidez? Bioeraikuntza, Landare, Energia Gara, Goiener, Emauseko Trapuketariak, Lakabe, Zorokiain, Oraintxe, ekologikoan ari diren nekazari eta abeltzainak… Iruñeko Udalaren Haur Eskoletan exijitzen da elikagaiak ekologikoak eta zero kilometrokoak izatea, eta hori oso garrantzitsua da haien karbono aztarna askoz txikiagoa delako. Eredugarria da beste administrazioetarako eta ekoizle ekologikoentzat oso hautu onuragarria. Esperientzia hau ongi atera bada, zergatik ez zabaldu erietxeetara eta administrazioak kontratatzen dituen jantoki zerbitzu guztietara?

Badakigu sistema gaiztoa dela eta agintariak enpresen mende daudela. Zenbat urte kostatu zaio Europar Batasunari esatea telefono mugikorren kargadoreen sistemak bateratu behar direla? Begi bistakoa da hori dirua ateratzeko negozioa besterik ez dela izan eta, hala ere, kosta egin da erabakia hartzea. Baina hori da bidea, eta erabakiak irmo hartu behar dira. Hasieran, lehenengo fasean, jokamolde berriak sustatu behar dira. Jendea gonbidatu behar da ohiturak aldatzera, baina gero betebehar batzuk ezarri behar dira. Urgentziak sustapen-aldi labur bat izatera eramanen gaitu, eta produkzio-modu jakin batzuek berehala derrigorrezkoak izatera pasa beharko dute.

Diskurtso polita da esatea aldaketa sustatuko dut ezer debekatu gabe, baina ez da erreala. 2019ko irailean larrialdi klimatikoa deklaratu zen eta zerbait egin behar da pauso sendoz.

Nafarroaren bide orria betetzen ari da?

Gauza batzuk zuzen egiten ari gara, baina adierazleek diote orokorrean ez goazela oso ongi. 2020rako BEG gasen isurketen %20ko murrizketa aurreikusten zen. 2019ko datuak baditugu jada eskuetan, laster publiko eginen dira, eta ez dira espero bezalakoak. 2030erako %45eko murrizketa beharko genuke 2005eko kopuruekin alderatuta, eta oso urruti gaude.

Hobekien egiten ari garena zer da?

Eraikuntza alorra da etxeko lanak hobekien egiten ari dena isurketak murrizte aldera. Nafarroako etxeen birgaitze plangintza aitzindaria da estatu mailan. Argi dago eraikin berrietan bestelako materialak erabili behar ditugula efizienteagoak izateko eta haien karbono aztarna gutxitzeko. Azken hamar-hogei urteotan Nafarroan eraikin oso handiak egin dira energia kontsumoa aintzat hartu gabe: Liburutegi Nagusia, Musikaren Hiria, Nafarroako Parlamentuaren egoitza, Lurralde Auzitegia… Orain ezin dira horiek bota beste batzuk egiteko, baina egiteko daudenenetan seriotasun handiz jokatzen ari dira. Legeak gero eta zorrotzagoak dira, baina arazoa da ez garela garaiz iritsiko. Horren arrazoia da badirela beste sektore batzuk aldatzeko zailagoak direnak, industria eta garraioa, esate baterako, gainera izugarri azkar handitzen ari dira. Merkeago da gaur egun kanpotik gauzak ekartzea bertan ekoiztea baino, eta horrek erabat menpeko bihurtzen gaitu. Komunikabideetan zabaltzen den ideia da kanpora saltzea oso ona dela ekonomiarako, baina printzipio horiek ezbaian jarri beharko ditugu eta kontsumo lokalagoa sustatu. Asko hitz egiten da norberak aldaketa klimatikoaren aurrean egin dezakeenaz, baina erantzukizunik handiena gehien dutenena izan behar da. Energia eta eskulan merkea erabilita milioi askoko etekinak ateratzen dituztenek egin behar dituzte erabateko aldaketak.

Jende askok ez daki argi zein larria den egoera. Komunikazio falta dago?

Bai, baina gauza positiboetan egin behar da azpimarra, horiek etorkizuna nondik joanen den ideia ematen dizutelako. Frantzian eta Erresuma Batuan, adibidez, legez sortu dituzte herritarren batzarrak klima aldaketaren ondorioen aurka aritzeko. Zozketa bidez aukeratu dituzte kide horiek, ordaindu diete eta aholkularitza eman diete zer neurri hartu behar diren erabaki ahal izateko. Eta neurri oso interesgarriak atera dituzte. Frantzian, esate baterako, gertu dauden hirien arteko hegaldiak debekatu dituzte. Orain elkarte hori batzar bezala eratu da, ahaldundu da, eta manifestazioak ari da antolatzen. Oso positiboa izan da, administrazioak eta herritarrak hurbildu direlako. Erresuma Batuan onartu zuten, adibidez, informazioa zabaldu behar zela jendeak errealitatea ezagutu zezan gero mobilizatu ahal izateko. Honekin batera lur orotariko autoak hirietan debekatzea edo zergak igotzea bezalako erabakiak hartu zituzten. Honek erakusten du nola sistema barruan gauza asko egin daitezkeen kontsumoa gutxitzeko eta fiskalitate berde berri bat ezartzeko, administrazio publikoak berezko dituen eskumenak baliatuta.