Articles du Vendredi : Sélection du 10 septembre 2021


« Nous ne pouvons pas attendre que la pandémie de Covid-19 soit terminée pour réduire rapidement les émissions » de CO2 : l’alerte des principaux journaux médicaux Le Monde avec AFP www.lemonde.fr/planete/article/2021/09/06/le-climat-ne-peut-pas-attendre-la-fin-de-la-pandemie-alertent-les-principaux-journaux-medicaux-de-la-planet

Les rédacteurs en chef d’une vingtaine de prestigieuses revues scientifiques, dont « The Lancet » ou le «British Medical Journal », rappellent que le Covid-19 ne change rien à l’urgence climatique.

Le Covid-19 ne change rien à l’urgence climatique. C’est le message adressé, lundi 6 septembre, dans un éditorial commun, par les rédacteurs en chef d’une vingtaine de revues prestigieuses, dont The Lancet, le British Medical Journal ou le National Medical Journal of India.

Malgré la pandémie de Covid-19, le monde ne peut pas différer les mesures « urgentes » à prendre contre le réchauffement climatique et la destruction de la nature, qui menacent la santé humaine, plaident les principaux journaux médicaux de la planète.

« La santé est déjà altérée par l’augmentation de la température mondiale et la destruction de la nature », écrivent-ils. Avec une augmentation d’environ 1,1 °C depuis l’ère préindustrielle, les conséquences sur la santé des humains sont déjà importantes.

« Les températures plus élevées ont entraîné une augmentation des cas de déshydratation et de problèmes rénaux, de tumeurs dermatologiques malignes, d’infections tropicales, de problèmes mentaux, de complications de grossesses, d’allergies et de mortalité, et de morbidité cardio-vasculaire et pulmonaire », souligne cet éditorial sans précédent. Il évoque aussi le déclin des productions agricoles qui freine les efforts menés depuis des années pour lutter contre la malnutrition.

Risque de dommages « catastrophiques » pour la santé

Ces conséquences, rappellent-ils, frappent encore plus durement les plus vulnérables (minorités, enfants, communautés les plus pauvres…). Surtout, elles ne sont qu’un début, pointe l’éditorial. Un réchauffement à + 1,5 °C – seuil qui pourrait être atteint autour de 2030, selon le rapport des experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié au début d’août –, et la perte continue de biodiversité « risquent d’entraîner des dommages catastrophiques et irréversibles pour la santé ».

« Malgré la préoccupation légitime pour le Covid-19, nous ne pouvons pas attendre que la pandémie soit terminée pour réduire rapidement les émissions » de gaz à effet de serre, insistent les auteurs de cet appel, à deux mois de la COP26, cruciale, à Glasgow.

« Les risques du changement climatique pourraient éclipser ceux de n’importe quelle maladie. La pandémie de Covid-19 prendra fin, mais il n’existe aucun vaccin contre la crise du climat », a commenté le patron de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un communiqué, notant que « chaque mesure prise pour limiter les émissions et le réchauffement nous rapproche d’un avenir plus sain et plus sûr ».

Changer de cap

Evoquant les sommes « sans précédent » dépensées lors de la pandémie, les revues médicales appellent ainsi à augmenter massivement les financements pour la protection de la planète et mettent en avant les effets en cascade positifs.

« Une meilleure qualité de l’air permettrait à elle seule d’obtenir des améliorations pour la santé qui compensent facilement le coût global de la réduction des émissions », estiment les auteurs.

Au-delà de l’argent, ils plaident pour un « changement fondamental de la façon dont nos sociétés et nos économies sont organisées et de notre mode de vie » : refonte des systèmes de transport, des villes, de la production et de la distribution alimentaire, des marchés financiers, des systèmes de santé, « et bien plus ».

« Il faut que 2021 soit l’année durant laquelle notre planète change de cap : notre santé à tous en dépend », a insisté Fiona Godlee, rédactrice en chef du BMJ, coautrice de l’éditorial.


«Le réchauffement climatique risque d’avoir des conséquences catastrophiques pour la santé», alertent des chercheurs Olivier Monod www.liberation.fr/environnement/climat/rechauffement-climatique-des-consequences-catastrophiques-pour-la-sante-impossibles-a-inverser

Un éditorial publié par 220 revues médicales rappelle les conséquences du changement climatique sur la santé. Les chercheurs dénoncent le manque d’engagement concret des politiques.

C’est un appel clair et urgent. «La plus grande menace pour la santé publique mondiale est l’échec persistant des dirigeants mondiaux à maintenir la hausse de la température mondiale en dessous de 1,5 °C et à restaurer la nature.» Les plus grandes revues scientifiques publient ce lundi le même éditorial rappelant l’immense menace que fait peser la crise climatique sur la santé humaine. Une telle démarche unanime est suffisamment rare pour être soulignée.

Les rédacteurs en chefs du Lancet, du British Medical Journal ou encore du New England Journal of Medicine affirment que «la science est sans équivoque ; une augmentation mondiale de 1,5 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle et la perte continue de la biodiversité risquent d’avoir des conséquences catastrophiques pour la santé qui seront impossibles à inverser».

Déshydratation, tumeurs, infections, allergies…

Les auteurs rappellent qu’il n’y a pas de hausse de température sans conséquences pour la santé, qui est d’ores et déjà affectée par le changement climatique. «Les températures plus élevées ont entraîné une augmentation des cas de déshydratation et de problèmes rénaux, de tumeurs dermatologiques malignes, d’infections tropicales, de problèmes mentaux, de complications de grossesses, d’allergies et de mortalité, et de morbidité cardiovasculaire et pulmonaire», souligne cet éditorial publié dans 220 journaux médicaux. Sans oublier le déclin des productions agricoles freinant les efforts contre la malnutrition. Les scientifiques ont la dent particulièrement dure à l’encontre des dirigeants politiques. «Les promesses ne suffisent pas, assènent-ils. Les objectifs sont faciles à fixer mais difficiles à atteindre.» Pour eux, les mesures décidées ne sont pas au niveau. Ils s’inquiètent de constater que certains dirigeants semblent avoir accepté une hausse de la température au-delà de 1,5 °C. Et si les pays et les populations les plus pauvres ou vulnérables seront les plus touchés, «aucun pays, quelle que soit sa richesse, ne pourra se protéger de ces effets». Si cette hausse n’a rien d’inéluctable d’après ces scientifiques, «nous ne pouvons pas attendre que la pandémie [de Covid-19] passe» pour commencer à «réduire rapidement les émissions», soulignent-ils. Cette lettre met la pression sur les prochains sommets internationaux, à commencer par la conférence climat de l’ONU, la COP26, qui se tiendra du 1er au 12 novembre à Glasgow. De réelles décisions devront y être prises pour inverser la tendance. «Les risques du changement climatique pourraient éclipser ceux de n’importe quelle maladie. La pandémie de Covid-19 prendra fin, mais il n’existe aucun vaccin contre la crise du climat», a commenté le patron de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.


Entre climat et fin du pétrole, l’humanité est prise en étau Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project, et Hortense Chauvin, journaliste à Reporterre ont publié début septembre Pétrole, le déclin est proche au Seuil dans la collection Reporterre. Nous en avons publié les bonnes feuilles ici. https://reporterre.net/Entre-climat-et-fin-du-petrole-l-humanite-est-prise-en-etau

L’humanité n’est pas dos au mur, elle est prise dans un étau. En effet, le climat n’est pas la seule (et excellente) raison de mettre d’urgence en œuvre, partout dans le monde, des politiques cohérentes de sortie du pétrole et des autres énergies fossiles. Il existe une seconde raison, jusqu’ici peu documentée, mal comprise, car couverte par le secret commercial voire par le secret d’État. Cette seconde raison, c’est le déclin des réserves mondiales de pétrole.

Dans Pétrole, le déclin est proche, nous présentons le diagnostic d’une maladie ignorée du grand public, mais connue depuis longtemps des compagnies pétrolières :

  • les découvertes annuelles de pétrole « conventionnel », le pétrole liquide classique qui fournit les trois quarts de la production de brut, déclinent depuis les années soixante, malgré les progrès techniques et les centaines de milliards encore dépensés chaque année dans la recherche des hydrocarbures ;
  • depuis le milieu des années 1980, le pétrole est extrait plus vite qu’il n’est découvert, et l’écart ne cesse de se creuser ;
  • par conséquent, le montant des réserves dites « prouvées ou probables » tend à décliner depuis ces mêmes années 1980, en dépit de la découverte depuis des réserves de « pétrole de schiste », principale forme de pétrole « non conventionnel ».

La production de tout stock limité, qu’il s’agisse de pétrole ou de n’importe quelle autre denrée présente sur Terre en quantité finie, part de zéro, croît, passe à un moment donné par un maximum — un « pic » ou un « plateau » —, puis finit par décliner jusqu’à revenir à zéro. Le pic de production du pétrole conventionnel a été franchi en 2008 [1], a confirmé depuis à plusieurs reprises l’Agence internationale de l’énergie. Un peu plus de la moitié de la production des champs pétroliers de la planète, qu’il s’agisse de pétrole conventionnel ou non conventionnel, est dite « mature », c’est-à-dire qu’elle ne peut que décliner à plus ou moins brève échéance, faute de réserves suffisantes encore intactes. Le phénomène atteint désormais une ampleur telle qu’il faudrait que soit mis en production d’ici à 2030 l’équivalent du tiers de la production totale actuelle – autant que la somme des extractions des États-Unis, de l’Arabie Saoudite et de la Russie, les trois premiers producteurs mondiaux – juste pour compenser le déclin et maintenir le niveau atteint avant la crise du Covid.

L’annonce la semaine dernière de la « découverte majeure » de pétrole au large de la Côte d’Ivoire (environ deux milliards de barils supposément exploitables, c’est-à-dire vingt jours de consommation mondiale à raison de cent millions de barils consommés chaque jour) ne change rien au tableau général, puisque le montant total des découvertes conventionnelles n’a jamais été aussi médiocre qu’au cours des dernières années. Du reste, la production totale de l’Afrique a franchi un pic en 2008, sans doute de façon irréversible, entraînée dans le déclin par ses trois principaux producteurs : Nigeria, Algérie et Angola. Symptomatique : le champ découvert dans les eaux territoriales ivoiriennes est situé en eaux profondes, comme la plupart des découvertes récentes. Sur l’arbre fruitier que constituent les réserves mondiales de pétrole, les fruits à portée de main sont depuis longtemps cueillis.

Le pétrole de schiste a connu un essor spectaculaire aux États-Unis au cours de la dernière décennie. Il a été jusqu’ici considéré comme la seule planche de salut capable de compenser le pic du pétrole conventionnel et le déclin irrémédiable d’un peu plus la moitié de la production mondiale de brut existante.

Cependant, les compagnies américaines spécialisées dans le pétrole de schiste ont dû réduire très fortement leurs investissements dès avant la crise du Covid, afin de rassurer des investisseurs las de voir cette industrie perdre systématiquement de l’argent. Les investissements dans le développement de la production de pétrole de schiste étaient fin 2020 trois fois plus faibles que fin 2019. Des conditions peu propices à une poursuite du boom du pétrole de schiste : la planche de salut pourrait bien se révéler pourrie.

L’Union européenne en première ligne face au pic pétrolier

Ce sont aujourd’hui les pétroliers eux-mêmes qui lancent l’alerte. Lors de la présentation des comptes de Total en février, la directrice de la stratégie du groupe français, Helle Kristoffersen, a souligné très ouvertement le risque d’un déficit de dix millions de barils par jour d’ici 2025 pour répondre à la demande. Rien de moins qu’un dixième de l’offre mondiale de brut. Dans un rapport publié en mai par le groupe de réflexion The Shift Project et commandité par le ministère des Armées, les anciens responsables de la production et de la prospection de Total, ainsi qu’un ancien responsable des questions pétrolières à l’Agence internationale de l’énergie, ont mis en garde contre un risque fort de pénuries d’approvisionnement pour l’Europe d’ici à 2030.

Si nous tardons à tenir nos engagements climatiques, nous serons tôt ou tard rattrapés par le pic pétrolier pour l’ensemble des pétroles conventionnels et non conventionnels, ce point fatidique à partir duquel la production totale de brut entrera en déclin, faute de suffisamment de réserves encore intactes. Et si ce déclin devait s’amorcer sans que nous l’ayons anticipé, il ne nous prémunirait vraisemblablement pas contre les conséquences du réchauffement du climat. Nous ne ferions que tomber de Charybde en Scylla, dans une tempête écologique parfaite : dérèglement climatique et épuisement de ce qui demeure aujourd’hui la première source d’énergie de l’économie.

L’Union européenne, qui se pose en championne de la cause climatique, est en première ligne face au pic pétrolier. Elle est la première importatrice mondiale de brut à égalité avec la Chine. Elle est entourée par des zones de production en déclin (la mer du Nord, l’Afrique) ou au bord du déclin : en premier lieu et de l’aveu même du Kremlin, la Russie, qui fournit à l’Europe près d’un tiers de son carburant. Que ce soit pour éviter le chaos climatique ou pour nous prémunir du pic pétrolier, il nous faut mettre en œuvre de vrais plans de sortie du pétrole, d’urgence.

Pétrole — Le déclin est proche, de Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin, aux éditions Le Seuil-Reporterre, septembre 2021, 160 p., 12 euros.

 


« Cette terre, c’est notre sang » : au Pays basque, paysans et citoyens tentent de résister à la spéculation Victorine Alisse www.bastamag.net/Occupation-terres-agricoles-Arbonne-ELB-Lurzaindia-Pays-basque-ZAD-contre-la-speculation

Jardins ouvriers au Nord de Paris, zones naturelles le long de l’estuaire de la Loire… partout des « zones à défendre » s’organisent. Au Pays basque, c’est la spéculation qui menace plusieurs hectares de terres agricoles.

« Ama lurra Zaindu », « Protéger la terre mère » en langue basque. Cette bannière est installée à l’entrée du chemin qui mène à l’occupation. À Arbonne, près de Biarritz, depuis le 23 juin 2021, des paysans et citoyens occupent une maison et une partie des 15 hectares de terres cultivables. Celles-ci ont été vendues pour 3,2 millions d’euros à une personne qui n’y a aucun projet agricole. Pour ces militants, cette situation témoigne de la spéculation financière bien trop récurrente au Pays basque. « On ne peut plus loger nos enfants et avoir une alimentation saine et locale car il n’y a plus de terres pour les paysans », dit une militante.

« Je viens du Sud-Est, dans l’arrière-pays niçois, et quand je rentre chez moi, je ne reconnais plus l’endroit où j’ai grandi. Le village est devenu dortoir. Tout a été bétonné et vendu pour le tourisme. Quand je suis arrivée au Pays basque, j’ai vu un endroit qui n’en était pas au même stade et où je suis en capacité d’agir avant qu’il ne se passe la même chose » que sur la Côte d’Azur, explique Sabrina, habitante de Bayonne.

La zone occupée est devenue un lieu de vie pour les habitants du coin, contrastant avec le calme de certains villages du Pays basque principalement occupés par des résidences secondaires.

Isabel, fait partie de la gestion de Lurzaindia, une structure qui rachète les terres pour qu’elles conservent leurs vocations nourricières en les louant à des paysans. « La reconquête de la terre alimentaire, c’est un défi. Quand on est ici, on apprend à être acteur de ce projet. »

Martin, paysan et membre du syndicat agricole ELB (branche basque de la Confédération paysanne) et de l’association Lurzaindia (pour la protection du foncier agricole), est impliqué depuis le début de l’occupation. Sur un planning, chaque personne indique sa présence sur le lieu de manière à assurer une occupation continue. « L’association Lurzaindia m’a aidé à avoir accès à la terre. Comme j’ai pu bénéficier de cette chance, j’aimerais que d’autres puissent en profiter », explique Martin.

« Nous sommes ici pour sauver la terre nourricière, c’est la terre dont nous avons tous besoin pour vivre. Nous nous opposons à toute spéculation immobilière sur les terres agricoles. On donne la vie en gardant la terre. Cette terre, c’est notre sang », défend aussi Paulette, basque et habitante de Biarritz.

Un collectif de citoyen s’est créé afin de soutenir les actions du syndicat agricole et de Lurzaindia. Chaque lundi soir, une réunion ouverte est proposée pour définir le planning de la semaine et organiser la suite des actions.

Déjà, la mobilisation a poussé la Safer du département, la société d’aménagement foncier et d’établissement rural, à proposer à la propriétaire de racheter une partie du terrain, soit 12 hectares, à un prix diminué, de l’ordre de 100 000 euros, pour ne pas encourager la spéculation. Ces terrains permettraient d’installer de nouveaux paysans à titre principal. « On attend la réponse du propriétaire quant à cette proposition », précise Isabel.

2021eko udako uholdeak ezin ulertu klimaren aldaketa salatu eta hormigoia ahaztuz Pello Zubiria Kamino www.argia.eus/argia-astekaria/2745/2021eko-udako-uholdeak-ezin-ulertu-klimaren-aldaketa-salatu-eta-hormigoia-ahaztuz

 

Ekainaren erdialdean hasita, ezohiko uholdeek txikizio galantak eragin dituzte Europako hainbat eskualdetan. Udan barrena eurite eta uholde izugarriak errepikatu dira munduko lau muturretan, Txinan bezala Afrikako Sahelen, Pakistanen edo Amerikako Estatu Batuetan, beroketa globalak eragindako klimaren aldaketa jada gertatzen hasia dela erakutsiz. Badatoz euri jasa izugarriak… ura xurgatzeko gaitasuna galdu duten lurzoruen gainera.

Abuztuaren 31n titulu hau zekarren El Pais egunkari madrildarrak: “Euri handiek Sahel ito dute. Klimaren aldaketak ekaitz bortitzak hirukoiztea eragin du Sahararen hegoaldean”. Dakar hiriburuko auzoak urak erabat harrapatuta omen zeuden, Senegalen, Nigerren ehundaka jende itoak eta eraikin asko hondoa jota, Sudanen 6.000 etxe suntsituak eta Nilo bideratu behar zuten ezpondak lehertuta. Adituek diotenez, Sahelen betidanik udako hiru hilabetetan barreiatu izan diren euriak orain eraso bakanago eta bortitzagoetan biltzen dira han-hemenka gogor kolpatuz: 1950 eta 1960etan baino euri gutxiago egiten du, baina kontzentratuago.

2021eko uda osoan heldu dira eurite bortitzen albisteak mundu osotik. Europako uholdeak uztailaren 12an Ingalaterran hasita ondoko egunetan kontinentean barneratu ziren Herbehereak, Belgika, Luxenburgo, Alemania, Austria, Italia, Eslovenia eta Errumaniaraino, gutxienez 230 heriotza eraginez, gehienak Alemanian eta Belgikan.

Hildako jendeez gain, kalte ekonomiko itzelak utzi ditu urak eskualdean, handienak Alemania eta Belgikan: etxebizitza, industria, komertzio, klase guztietako azpiegitura eta nekazaritzan 2.550 milioi eurotan kalkulatu dituzte kalteak, soilik aseguruek babestuta zeudeneak zenbatuz. Nori egotzi behar ote zaizkio kalteok?

Hasteko, aurreikuspen, prestaketa eta ordenaren eredugarria den Alemanian agintarien fundamentua jarri dute auzitan, hauteskunde erabakigarrien atarian daudenean: nola ez du hobeto funtzionatu alerta sistemak?

Europako Uholdeen Zaintza Sistemaren aholkulari den Hannah Clokek garbi utzi du erakundeak garaiz ohartarazi zituela Europako gobernu guztiak, 2002ko uholdeen ostean garatutako protokoloekin: “Alertak jakinarazi ziren, euri eta uholde gogorrak zetozela, kontuz ibiltzeko. Baina estatuetako aginteei dagokie informazio hori kudeatzea”.

Alemanian hartu beharreko neurriak erabakitzea eskualde autonomo bakoitzari dagokionez, erabakien katean hausturak gertatu omen ziren: herri batean agintariek jendeak garaiz ebakuatu ez, beste batean ebakuazioa aginduta ere herritar batzuk etxean geratu… Dena dela, alertarik sistemarik eraginkorrenak ere ezingo zuen eragotzi zerutik halako zaparradak errukigabe lurreratzea.

“Atmosferaren goiko aldean tenperatura hotzek blokeatuta eduki dituzte urez zamatutako aire masa handiak eta gero urok lau egunetan zehar isuri dira eskualdearen gainean”, horrela laburbildu zion AFP agentziari uztaileko dilubioa Jean Jouzel klimatologoak, IPCC Klimaren Aldaketarako Gobernu arteko Paneleko lehendakariorde izanak.

Adituek aipatu dute beste fenomeno osagarri bat: Jet Stream haize korrontearen geldotzea. Zarrastada korrontea –euskarazko Wikipediak azaltzen duenez– haize indartsua da, egitura tubularra duena eta Ipar poloaren inguruan mendebalde-ekialde norabidean mugitzen da 9-11 km arteko altueran. Guri dagokigunez, Artikoko izotzak urtzearen poderioz Jet Stream ahuldu da eta honek ere larriagotuko ditu muturreko klima istripuak.

 

ERAIKUNTZARI MORATORIA

Europak aldika nozitu izan ditu uholde handiak, baina aurtengoa berezia izan da, bai eroritako euri kopuruagatik eta bai zaparraden bortitzagatik. Klimaren aldaketak ekarriko dizkion ondorioetako bat ezagutu du, horrela, Europak. Lehortekin, suteekin edo itsas mailaren igoerarekin batera, muturreko eurite eta uholdeak gero eta ugariagoak izanen dira, adituek oroitarazi eta herritarrok pixkanaka onartzen hasi garenez.

Fenomenoaren mekanika The Lancet zientzia aldizkariak laburbildu du udan plazaratu duen editorialean: “Tenperatura berotzen den gradu bakoitzeko airea irits daiteke %7 hezetasun gehiago metatu eta hori denbora luzeagoz atxikitzera, eraginez batetik lehorte handiagoak eta ondoren –hezetasuna askatzean– eurite bortitzagoak; muturreko eguraldi eredu hau beroketa handitzearekin okerragotuko dela uste da”.

The Lancet-en editorialak, ordea, hau ere badio segidan: “Klimaren aldaketaz gain, badira uholdeei laguntzen dieten paisaia faktoreak, tartean lurzoruaren ura xurgatzeko ahalmena, topografia eta hiritartzea, uraren isurketa abiadura [runoff] handitzen dutenak”. Horra hiri ordenamendu oker baten arriskuak, Europan jada populazio handia daukan eskualde batean are hormigoi gehiago erabiltzearenak: gero eta euri kolpe bortitzagoak, gero eta ur gutxiago xurgatzeko gai diren lurzoruetan.

Adibide argigarria eskaini du hedabide guztietan ikusi dugun Erftstadt herriak, errekaren indarrak eta lubizi erraldoiek suntsitu dutenak. Irudiak ikustita, ezin da ulertu nolaz sortu ahal izan ziren lubiziok hori paraje hain leunean. Errekak gainez egiteaz gain, herri ondotik pasatzen den autopista ere ito zuen urak –bertan harrapatuz dozenaka auto eta kamioi, ondo egunetan militarrek erreskatatu behar izan zituztenak– betoizko oztopo eta hesietan harrapatutako urak azkenean ubide berriak sortuz lehertu ziren.

Uztailean arazo larrienak jazo dira ez ibai handietan baizik horietara doazen erreka txikiagoen inguruetanira. Erftstadten ikusi den moduan, Europako herrietan errekak ubide artifizial bihurtu ta daude, hormigoiari esker lurzoruek ura xurgatzeko ahalmena galdu dute eta landa eremu osoan etxe, industria, trenbide, autopista eta beste eraikinez butxatu zaizkio urari  euri jasa berezietan behar dituen zabaldi eta pasabideak.

Uztailaren amaieran Hans Ibelings arkitekto herbeheretarrak Bartzelonako La Vanguardia egunkariaritik eskatu zuen eraikuntzari moratoria ezartzea Europar Batasunean, dagoeneko behar baino gehiago eraiki dugulako, lur berririk artifizializatu gabe ere industriak aski lan izango duela hutsik eta zaharturik direnak berritzen. Hona funtsezko datua: “Eraikuntza da beroketa globalaren %40aren errudun”. Euri bortitzen erruduna bera da lurrari euriak xurgatzea eragozten diona…

Baina ixo, 1983ko dilubioa aspaldi ahaztu zuen Euskal Herrian ez aipatu eraikuntzarentzako moratoriarik.