Les Relay en gare, une vitrine pour Bolloré et ses idées d’extrême droite

Alors que se lance une campagne hexagonale “On prend le Relay” impulsée par Alternatiba, Bizi! s’est mobilisée ce samedi à la gare de Bayonne pour dénoncer la surreprésentation de l’idéologie d’extrême droite dans les Relay. Contrôlée par Vincent Bolloré, l’enseigne détient le quasi-monopole de la vente de presse et de livres dans les gares françaises, grâce à un contrat avec la SNCF. Une pétition est adressée à Jean Castex, PDG de la SNCF.

Ce samedi 4 juillet, des activistes de Bizi! se sont rendus devant la boutique Relay de la gare de Bayonne. Autour d’un stand, les activistes abordent les voyageurs en distribuant des cahiers de vacances et en invitant à signer une pétition. Déploiement d’une banderole “Relay de l’extrême droite, SNCF complice”, faux panneaux indicatifs, jingle calqué sur les annonces en gare, le message est clair en ce jour de départ en vacances : en choisissant Relay comme partenaire privilégié, la SNCF offre à Bolloré une vitrine pour son combat civilisationnel d’extrême droite.

Alors que l’on approche de l’élection présidentielle, la presse et les livres d’extrême droite sont énormément mis en avant dans les Relay. Ces boutiques sont installées dans les gares hexagonales, c’est-à-dire dans un espace public géré par la SNCF. C’est un grave problème démocratique !”, explique Dominika Durruty, porte-parole de Bizi! 

Les activistes s’appuient sur l’enquête de l’Observatoire des multinationales, publiée mardi 30 juin, démontrant que Relay et ses plus de 320 boutiques en gare qui maillent le territoire français sont un outil de diffusion et d’amplification de la désinformation, du mensonge et de la haine. L’enquête pointe ainsi l’absence de mécanismes et de garde-fous assurant à la SNCF le respect de la neutralité politique dans ces espaces commerciaux.

En plus de propager des idées racistes d’extrême droite, les journaux possédés par le milliardaire Vincent Bolloré invisibilisent le sujet du climat (étude de l’Observatoire des Médias) et pratiquent la désinformation climatique (rapport de Data For Good).

Cette enquête intervient dans un contexte où près de 3 500 professionnels du cinéma ont signé une tribune critique contre l’actionnaire Vincent Bolloré et sa mainmise sur Canal+, où 170 écrivains ont refusé de publier de nouveaux livres chez Grasset suite au limogeage d’Olivier Nora, et où des journalistes du groupe Prisma sont en grève contre un plan de départ massif imposé par le milliardaire.

Le mouvement citoyen Alternatiba, dont Bizi fait partie, aux côtés des Soulèvements de la Terre, de la fédération SUD-Rail, du Syndicat National des Journalistes CGT et de nombreuses autres organisations ont donc décidé de s’attaquer à la question de la distribution et de la vente des livres et magazines, dans la continuité de la campagne “Désarmer Bolloré”.

« Le pluralisme de l’information et la neutralité de l’espace public sont des conditions essentielles de la démocratie. Nous appelons toutes les personnes attachées à la liberté de la presse, à la vérité scientifique et à la vitalité du débat démocratique à rejoindre la campagne « On prend le Relay ! » : le premier pas est de signer la pétition », ajoute Dominika Durruty.