Les terres de Marienia brûlées aux produits chimiques

Bizi! exprime sa solidarité et son indignation après la découverte de ces actes inacceptables. Nous réaffirmons notre soutien aux paysan·nes et aux associations mobilisées en première ligne, qui font année après année la preuve de la vitalité et du potentiel de ces terres.

Les terres de Marienia sont et doivent rester des terres agricoles nourricières.

La société civile montre depuis des années que le logement, l’agriculture paysanne et l’écologie peuvent avancer main dans la main plutôt que s’opposer. L’artificialisation n’est pas une fatalité, c’est un choix politique.

Le Pacte pour le climat et les habitant·es du Pays Basque propose aux listes candidates des mesures pour « Créer de nouveaux logements accessibles pour tout le monde sans consommer de nouveaux espaces » et pour « Protéger les terres nourricières pour une agriculture paysanne, bio, locale et diversifiée ». A Cambo-les-bains, seule une des trois listes candidates s’est engagée.

Communiqué: ELB – Lurzaindia – Ostia – Le CADE – Nahi Dugun Herria

Le blé que nous avons semé à l’automne sur les terres de Marienia a été brûlé avec des produits chimiques. 

Le message est clair : pour satisfaire les appétits financiers voraces de quelques individus privilégiés, les coupables s’octroient le droit de détruire des cultures et d’empoisonner la terre. 

Nous, paysan·nes et habitant·es du territoire, défendons la vocation nourricière d’une terre à haute valeur agricole, contre une bétonisation insensée ne profitant qu’aux promoteurs et aux notables. Le discours des porteurs du projet immobilier sur le logement est fallacieux, niant les options alternatives évidentes de densification et de construction en dents creuses dans la ville. Le droit au logement et le droit à une alimentation saine et locale ne s’opposent pas à Cambo. Les intérêts particuliers et l’obstination irrationnelle à urbaniser la terre agricole vont cependant à l’encontre de l’intérêt collectif des habitant·es.

Alors que le dossier de Marienia est toujours entre les mains de la justice, alors que ce blé a été semé légalement sur une terre soumise à un bail fermier, ce vandalisme dévoile le vrai visage des partisans de la bétonisation. Peu leur importe l’intérêt général et la vie en société, seuls comptent les intérêts pécuniaires de quelques uns.

Cette semaine, il était prévu de faire pâturer des brebis sur la parcelle de blé au stade du tallage, une pratique ancestrale valorisant pour l’élevage les surfaces de culture. Heureusement, un contre-temps a retardé le paysan. Autrement, les brebis auraient été empoisonnées ! 

Cet acte constitue une offensive violente contre le métier de paysan·ne, le droit des citoyen·nes à une alimentation saine et locale et contre la biodiversité. Elle s’inscrit dans un contexte nauséabond d’attaques contre une agriculture locale et de qualité, alors que la proposition de loi Duplomb II cherche à réintroduire des produits toxiques et que l’Europe signe des accords de libre-échange avec pour résultat la délocalisation de notre alimentation. 

Nous ne céderons pas : ils détruisent, nous semons. Marienia ez hunki!