Faire vivre la langue basque et protéger le climat, c’est défendre l’avenir du territoire, sa diversité et la justice sociale. Tous les membres de Bizi!, qu’ils soient bascophones ou non, sont appelés à participer à la manifestation du 21 novembre à Bayonne.
Les principaux combats du mouvement Bizi! sont l’urgence écologique et la justice sociale. Mais la lutte contre le changement climatique ne peut être dissociée de notre territoire, de notre culture et de notre langue. C’est pourquoi participer à la manifestation en faveur de la langue basque, qui aura lieu le 21 novembre à Bayonne, ne nous éloigne pas de nos engagements habituels : c’est au contraire agir en cohérence avec les valeurs et la stratégie de Bizi!.
Trois liens directs entre les combats de Bizi! et la mobilisation en faveur de l’euskara
L’ancrage territorial : la clé de l’efficacité de nos luttes
La charte de Bizi! affirme clairement que le Pays Basque nord constitue le principal territoire d’action du mouvement et que notre combat s’inscrit également dans la défense de la diversité culturelle. Les réflexions menées par le groupe Euskaraz Bizi soulignent la même idée : les militant·es ancré·es dans la culture et la société locales comprennent mieux la réalité, les besoins et les préoccupations des habitant·es, et peuvent construire avec eux des liens plus solides.
Dans la lutte contre le changement climatique, il est indispensable de se connecter aux réalités quotidiennes des habitant·es du territoire pour mettre en place collectivement la métamorphose écologique. La langue basque est également une composante essentielle de ce territoire. Se mobiliser en faveur de l’euskara, c’est donc renforcer notre ancrage territorial et l’efficacité de nos combats.
Diversité linguistique et biodiversité : une même logique
Le livret Euskaraz Bizin nous rappelle que la diversité linguistique et la biodiversité obéissent à des logiques similaires : la diversité multiplie les possibilités de survie, d’adaptation et de réponse aux défis de l’avenir. Chaque langue porte en elle une manière singulière de voir, de comprendre et de partager le monde. Lorsqu’une langue disparaît, ce n’est pas seulement une partie du patrimoine d’une société qui disparaît, mais aussi des possibilités de penser et de créer.
Tout comme nous protégeons la diversité des écosystèmes face au changement climatique, nous devons préserver la diversité linguistique. Nous ne souhaitons pas que le monde s’uniformise autour d’une seule langue, pas plus que nous ne cherchons à faire dominer quelques espèces seulement dans la nature. Protéger la biodiversité et la diversité linguistique, c’est défendre la diversité du vivant.
Justice et droits : l’euskara a besoin de conditions pour survivre
Bizi! défend la justice sociale afin que la métamorphose écologique soit juste et que personne ne soit laissé au bord du chemin. La situation de la langue basque appelle elle aussi une approche sous l’angle de la justice. En Pays Basque nord, l’euskara reste dans une situation de diglossie caractérisée par la domination du français : celui-ci occupe les fonctions principales dans l’administration, l’économie, l’éducation et la vie publique, tandis que l’usage du basque reste limité dans de nombreux domaines.
C’est pourquoi il ne suffit pas de reconnaître l’euskara comme un patrimoine ou d’afficher son attachement à cette langue. Il faut créer les conditions réelles permettant de l’apprendre, de travailler en basque, d’effectuer ses démarches administratives dans cette langue et de vivre quotidiennement en euskara. La manifestation du 21 novembre revendique précisément la co-officialité de la langue basque, une loi ambitieuse garantissant les droits linguistiques et une politique linguistique efficace des institutions du Pays Basque nord.
Bizi! sait que la justice climatique ne peut être obtenue par la seule bonne volonté : elle nécessite des politiques publiques, des droits et des moyens. La revitalisation de l’euskara exige elle aussi ces conditions.
Comme pour l’urgence climatique, sur la question de l’euskara, l’État fait preuve d’autoritarisme pour préserver son immobilisme
Dans le domaine de l’urgence climatique, l’État français a montré à plusieurs reprises qu’il ne mettait pas toujours en œuvre les mesures exigées par la métamorphose écologique avec la rapidité et la détermination nécessaires. Les mouvements en faveur de la justice climatique ont également dénoncé des situations de pressions politiques, de répression ou d’intimidation.
Dans le domaine de la langue basque aussi, la position de l’État peut constituer un obstacle aux avancées institutionnelles. À titre d’exemple, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a contesté en justice plusieurs déclarations symboliques adoptées par des conseils municipaux du Pays Basque nord en faveur de la co-officialité de l’euskara. Cela montre que la reconnaissance institutionnelle de la langue basque ne relève pas d’un simple débat symbolique : elle constitue également un conflit politique autour des droits linguistiques et de l’avenir du territoire.
Dans les deux combats, la même question se pose donc : l’État est-il prêt à mettre en œuvre les transformations profondes portées par la mobilisation démocratique des citoyen·nes, ou cherchera-t-il à freiner ou à limiter les mouvements qui les défendent ? Bizi! sait que la pression collective des citoyen·nes est indispensable pour amener les institutions à changer de cap.
L’euskara est notre langue, qu’on soit bascophone ou pas
En signant la charte d’adhésion de Bizi!, tous ses membres affirment clairement que l’avenir de l’euskara n’est pas de la seule responsabilité des bascophones. Même celles et ceux qui ne parlent pas basque ont une responsabilité dans la préservation de cette langue de notre territoire. L’euskara fait de nous un peuple ; cette langue façonne notre paysage culturel, nos relations, notre mémoire collective et notre lien au territoire.
De la même manière, le climat n’est pas uniquement l’affaire des écologistes : il conditionne les conditions de vie de chacun et chacune. De même, l’euskara n’est pas uniquement l’affaire des bascophones : il fait partie de la diversité et de l’avenir du Pays Basque. Tout comme le climat concerne tout le monde, l’euskara est aussi l’affaire de toutes et tous.
C’est pourquoi, que nous parlions basque ou non, nous faisons partie de la communauté qui défend cette langue. Participer à la manifestation, c’est exprimer sa solidarité, mais aussi faire un choix politique et social concernant l’avenir de notre territoire.
Nous devons prendre en compte le risque de montée de l’extrême droite
La mobilisation en faveur de l’euskara répond à une autre urgence : le risque de voir l’extrême droite accéder au pouvoir. L’extrême droite française se distingue notamment par son opposition à l’enseignement des langues régionales à l’école, son opposition aux mécanismes internationaux de protection des langues minoritaires et son refus de reconnaître un statut officiel à d’autres langues que le français.
D’autres partis, à des degrés divers, ont défendu la transmission de ces langues et leur usage dans la vie publique. Mais reconnaître l’euskara comme un patrimoine ne suffit pas à assurer sa survie : sans enseignement, sans protection juridique et sans possibilité de l’utiliser dans la vie publique, le risque de voir le nombre de locuteurs diminuer et la diversité linguistique de l’État français s’appauvrir est important.
Les combats pour l’urgence climatique et la justice sociale savent eux aussi que les droits ne sont jamais définitivement acquis. Il faut continuer à défendre et à faire progresser les acquis, particulièrement lorsque se renforcent les forces qui remettent en question les droits collectifs et la diversité.
Le 21 novembre, tout Bizi! à Bayonne !
Cette manifestation en faveur de l’euskara n’est pas simplement « une manifestation de plus pour la langue basque ». C’est une occasion collective de donner un nouvel élan à sa revitalisation, de revendiquer des droits linguistiques et de montrer l’attachement de la société du Pays Basque à sa langue.
Nous appelons les membres de Bizi!, qu’ils soient bascophones ou non, à participer à la manifestation qui aura lieu le 21 novembre à Bayonne et à mobiliser leur entourage. Comme le montrent les réflexions du groupe Euskaraz Bizi, les combats de notre mouvement, notre attachement au territoire et la défense de la diversité linguistique vont dans la même direction.
Bizi! précisera dans les prochains jours les modalités d’organisation de sa participation à la manifestation. D’ici là, retenons la date dans nos agendas, informons notre entourage et préparons-nous à nous mobiliser.
Protéger le climat, défendre la justice sociale et faire vivre l’euskara : autant de facettes d’un même combat pour un territoire durable, solidaire et souverain.
Le 21 novembre à Bayonne, pour l’euskara et pour l’avenir de notre territoire !















