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Quelles communes du Pays Basque détruisent ou protègent le plus le vivant ?

La sixième édition de la Semaine KLIMA est consacrée à la biodiversité sur le territoire. Avec le changement climatique, elle est l’une des 7 limites planétaires dépassées sur 9 dont le franchissement menace les conditions de vie sur Terre. Les scientifiques alertent : nous sommes à l’aube d’une sixième extinction de masse d’espèces et la première cause d’effondrement de la biodiversité selon l’IPBES1 est la destruction des habitats. En France, cette destruction est principalement due à l’artificialisation des sols, c’est-à-dire l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage. 

De surcroît, plus un sol est artificialisé, moins il est capable d’absorber du CO₂ et de contribuer à limiter le réchauffement climatique. Plus nos prairies et forêts disparaissent, plus la neutralité carbone – c’est-à-dire une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre suffisante pour être entièrement captée par les puits naturels – sera difficile à atteindre pour Iparralde. 

D’après les données de référence du CEREMA, 412,9 ha de terres naturelles, agricoles ou forestières ont été consommées entre 2021 et 2025 au Pays Basque Nord. La consommation d’espaces est définie par la loi comme la création ou l’extension effective2 d’espaces urbanisés sur le territoire concerné .

Cette consommation est en baisse et 2024 est même la première année où elle reste en-dessous du plafond fixé par le Schéma de Cohérence Territorial (SCoT) Pays Basque & Seignanx. Pourtant, en cumulée, elle dépasse la trajectoire de réduction de -54% de consommation des espaces dans la décennie 2021-2031 par rapport à la décennie précédente (2011-2021) définie par le SCoT.

Derrière cette tendance apparaissent de fortes disparités entre communes. Parmi celles du territoire qui ont le plus consommé de terres entre 2021 et 2025, 14 font partie des 8% de communes à l’échelle hexagonale qui ont urbanisé plus de 2 ha par an. Guiche est la seule des communes très consommatrices à ne pas appartenir à la zone tendue.

“Ces communes qui continuent à bétonner de façon immodérée sont en train d’anéantir les êtres vivants de notre territoire, s’alarme Nathalie Jacquault, porte-parole de Bizi. En dévorant les terres sans mesure, elles ne prennent pas leur juste part à l’effort collectif territorial pour préserver un Pays Basque vivant.« 

A l’inverse, d’autres communes ont su faire preuve de sobriété foncière. 7 communes de la zone tendue ont consommé moins de 0,52 ha/an sur la période 2021-2025, consommation moyenne annuelle des communes hexagonales.

Pour ce qui concerne la planification projetée entre 2021 et 2030, les plans locaux d’urbanisme infracommunautaires (PLUi) affichent dans leur Projet d’aménagement et de développement durable (PADD) des ambitions cohérentes avec les trajectoires de réduction définie dans le SCoT, à l’exception du PLUi Côte Basque Adour qui ne prévoit que 50% de réduction au lieu des 56% prévus. En revanche, les 3 PLUi approuvés ou en cours d’approbation (Amikuze, Sud Basse navarre et Soule – Xiberoa) visent tous des consommations d’espace naturels, agricoles ou forestiers entre 2021 et 2030 dont les surfaces dépassent les plafonds fixés par le SCoT.

“Il est très regrettable que, dans le plan d’action de sa Stratégie pour la Biodiversité, l’agglo s’est largement contentée de rappeler la loi et n’a pas prévu d’intégrer des objectifs chiffrés, clairs et ambitieux de limitation de la bétonisation et de protection du vivant pour les Plans Locaux d’Urbanisme, se désole Laura Ter Schiphorst, porte-parole de Bizi.”

Bizi rappelle que les 30 communes signataires du Pacte 2026 pour le climat et les habitant.es du Pays Basque se sont engagées, au niveau communautaire, à Dans [leur] PLUi, définir une stratégie de préservation foncière avec un plafond de consommation d’espaces naturels, agricoles ou forestiers en 2030 plus ambitieux que le plafond territorialisé du SCoT.

  1. Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques. ︎
  2. Sa mesure est indépendante du zonage réglementaire des PLU(i). Le seul passage d’une zone agricole d’un PLU(i) à une zone à urbaniser, ne peut en lui-même, être considéré comme de la consommation effective.  Un ENAF est considéré comme effectivement consommé à compter du démarrage des travaux et non à compter de la délivrance de l’autorisation administrative. Pour plus d’informations, voir cette synthèse. ︎