Bizimugi

Articles du Vendredi : Sélection du 20 mars 2026

Borroka ekologista, funtsezkoa
Ana Galarraga Aiestaran
www.berria.eus/bizigiro/analisia-bizigiro/borroka-ekologista-funtsezkoa_2155027_102.html

Duela gutxi Muskizko herritarrak manifestazioan atera ziren kalera, Petronorrek haien osasuna eta bizitzak arriskuan jartzen dituela salatzeko. Aste pare bat lehenago jaialdi bat antolatu zen Zarauzko gaztetxean, Aroztegia babesteagatik zigortu dituztenei laguntzeko. Atzerago joanda, 2025eko abendura, bertan behera utzi zuten Urdaibain Guggenheimek zuen proiektua, hein handi batean, mugimendu ekologistei esker. Bitartean, Marienea hauteskunde-lehiaren eztabaidagai bihurtu da.

Auzi horietatik bat bera ere ez da agertzen Ingurumen Justiziaren Atlasean (EJAtlas). Atlasak ingurumenarekin erlazionatutako gatazken informazioa biltzen du, mapa interaktibo batean. Modu kolektiboan elikatzen da, eta, une hauetan, ia 4.500 gatazka agertzen dira, sailkatuta. Motaren arabera: erregai fosilak eta klima, biomasa eta lurra, biodibertsitatea, ura, turismoa, azpiegiturak, hondakinak, industria, meatzaritza eta nuklearra.

Mapan markatutako puntuetako batean klik eginez gero, leku hartan jaso duten gatazkari buruzko azalpenak agertzen dira. Euskal Herrian hauek agertzen dira: Lemoizko zentrala (ETAri buruzko aipamenarekin), Erandioko poluzio industriala (frankismoan mobilizazioetan bi pertsona hil zituztela eta kutsadura oso handia dela esanaz), Zaldibarko zabortegia (bi hildako izan zirela), Enara proiektua, AHTa, Zubietako erraustegia, eta Itoizko urtegia.

Atlasaren kudeatzaileek onartzen dute hutsuneak dituela; hala ere, aukera ematen du munduan geratzen ari diren borroka ekosozialen ikuspegi bat izateko.

Adibidez, duela gutxi, nazioarteko ikerketa bat egin dute atlasean oinarrituta, eta ondorioztatu dute proiektu suntsitzaileei aurre egiten dieten mugimendu ekosozialen lana funtsezkoa dela biodibertsitatea babesteko.

Herri indigenek, nekazari-erakundeek, hiritar-taldeek, oinarrizko komunitateek eta tokiko gizarte- eta ingurumen-erakundeek osatzen dituzte mugimenduok. Eta, askotan, errepresioaren biktima direla baieztatu dute ikerketan.

Ekintza errepresibo horiek bereziki gogorrak dira lehentasunezko kontserbazio-eremuetan eta Hegoalde Globalean; batez ere, Afrikan eta Ameriketan. Hori bera berresten du Global Witness erakundeak: 2024an, 146 aktibistaren hilketak dokumentatu zituen.

Ikerketan, mugimendu ekosozialei aitortza egiteaz gain, haien eragina indartzeko hiru puntu proposatu dituzte. Lehenik, estatuek eta nazioarteko erakundeek aliatutzat har ditzatela, oztopotzat hartu beharrean. Bigarrenik, baliabideak eskaintzea. Eta, azkenik, ekintzaileak babestea segurtasun-protokoloen bidez.

Errealitatea, ordea, oso urrun dago hortik. Datu bat: Nazio Batuen Erakundearen Ingurumen Programaren arabera, 30 aldiz diru gehiago erabiltzen da munduan natura suntsitzen duten jardueretan, hura babesteko baino.


Le Haut Conseil pour le climat rend son avis sur la stratégie de décarbonation française : «La question de la crédibilité se pose»
Anne-Claire Poirier
https://vert.eco/articles/le-haut-conseil-pour-le-climat-rend-son-avis-sur-la-strategie-de-decarbonation-francaise-la-question-de-la-credibilite-se-pose?utm_source=chatgpt.com

Peut mieux vert. Le Haut Conseil pour le climat a examiné le projet de stratégie nationale bas carbone (SNBC) actuellement peaufiné par le gouvernement. Verdict : les trajectoires de baisse des émissions de gaz à effet de serre à 2030 et 2050 sont ambitieuses mais atteignables. C’est bien la volonté de mise en œuvre qui laisse les expert·es perplexes.

Attendue depuis plus de deux ans, la stratégie nationale bas carbone est dans sa dernière ligne droite ! Le 12 décembre dernier, le ministère de la transition écologique a présenté son projet de SNBC (troisième du nom), mettant à jour les trajectoires de baisse des émissions secteur par secteur à horizon 2030 et 2050. Le tout avait alors été livré au moyen d’un discours technosolutionniste et farouchement anti-bobo (notre article).

Réaliste mais pas crédible ?

Trois mois plus tard, le Haut Conseil pour le climat (HCC) livre son analyse du document. Sur le papier, les trajectoires proposées par le gouvernement lui semblent à la fois ambitieuses et réalistes. Par rapport à la précédente SNBC, publiée en 2020, les objectifs de baisse des émissions nettes (puits de carbone compris) restent alignés avec les décisions européennes : -55% en 2030 et -90% en 2040 (par rapport à 1990).

Toutefois, «par réalisme», le gouvernement a «fortement revu à la baisse» les objectifs de stockage du CO2 dans les forêts (les puits forestiers), celles-ci étant de plus en plus affectées par les effets du changement climatique. En compensation, il a décidé d’accentuer les trajectoires de baisse des émissions et de miser davantage sur les puits technologiques (technologies de captage du CO2), «tout en suivant des trajectoires prudentes».

Bien qu’il approuve les trajectoires présentées, le HCC estime que la question de «la crédibilité […] se pose après deux années de faible baisse des émissions». En 2024 et 2025, elles ont diminué de seulement 1,8% par an : il faudrait atteindre environ -4,5% chaque année entre 2025 et 2028, pointe le HCC. Les précédentes années, des baisses importantes ont été enregistrées, «mais en partie du fait d’effets conjoncturels» comme le Covid-19 ou l’inflation, est-il constaté.

«Les moyens sont identifiés et disponibles»

Pourtant, «les mesures dont dépendent l’accélération de la décarbonation et le renforcement des puits de carbone sont aujourd’hui identifiées et disponibles, souligne le rapport de l’institution. Elles doivent être déployées et disposer de moyens à la hauteur.» Pour donner de la crédibilité aux promesses du gouvernement, il lui recommande d’établir «une feuille de route opérationnelle», précisant année après année les mesures mises en œuvre et les moyens associés. Le HCC réclame aussi une sortie de route planifiée des énergies fossiles, avec des dates de sortie secteur par secteur.Enfin, le Haut Conseil pour le climat rappelle l’indispensable «cadre économique» associé à la transition énergétique. Le gouvernement a lui-même établi dans sa stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique que les besoins d’investissements supplémentaires (publics et privés) atteindront 82 milliards d’euros d’ici 2030. Or, «l’assurance de la stabilité des trajectoires financières à long terme est indispensable et manque aujourd’hui», cingle l’institution.

Dans un contexte de ressac environnemental conjugué aux logiques d’austérité, c’est peu dire que la stabilité des financements environnementaux est compromise. En témoigne le budget pour 2026 adopté en février, qui conjugue «immobilisme», «manque de vision» et «économies de bouts de chandelles», comme nous l’avaient confié plusieurs expert·es.

Municipales 2026 : « La lutte contre l’extrême droite est une urgence dans tous les territoires »
Tribune – Collectif
www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/12/municipales-2026-la-lutte-contre-l-extreme-droite-est-une-urgence-dans-tous-les-territoires_6670646_3232.html

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’acteurs et d’actrices du monde associatif et de la société civile appelle à une large mobilisation contre l’extrême droite, lors des scrutins des 15 et 22 mars, et insiste, pour ce faire, sur l’importance de trouver compromis et dialogue.

A l’approche des élections municipales [les dimanches 15 et 22 mars], nos communes doivent rester des espaces de vie, de solidarité, de liberté et de lutte contre toutes les discriminations. Certaines forces politiques, en particulier l’extrême droite, tentent de se présenter comme protectrices des territoires. Nous, organisations de la société civile, portons une conviction brûlante : le projet politique de l’extrême droite est incompatible avec l’écologie, la justice sociale, l’antiracisme, les solidarités locales et les libertés associatives et culturelles qui font vivre nos territoires.

Canicules, sécheresses, incendies, inondations, pollutions de l’eau et de l’air rappellent que nos territoires sont déjà exposés aux conséquences de la crise écologique. A l’Assemblée nationale comme dans certaines communes où elle est élue, l’extrême droite s’oppose au développement des énergies renouvelables tout en promouvant des projets liés à l’exploitation d’hydrocarbures. Elle remet en question les politiques de rénovation énergétique des logements, soutient les pesticides, les mégabassines et l’élevage industriel, et promeut même des mesures qui aggravent la vulnérabilité aux inondations et autres risques climatiques.

L’extrême droite fragilise la justice sociale et les solidarités. Son hostilité aux personnes migrantes se traduit par la stigmatisation et par le refus, voire la fermeture de dispositifs d’accueil. Elle porte aussi atteinte à la lutte contre les discriminations, notamment liées à l’origine et au genre, y compris dans l’accès au logement social. Adversaire des mal-logés et des plus précaires, elle renforce la pauvreté plutôt que la combattre, par les expulsions et la criminalisation des locataires et des sans-abri.

Les libertés d’expression et de création sont de plus en plus menacées. Certains élus d’extrême droite tentent d’obtenir la déprogrammation d’artistes ou l’annulation de subventions. Des membres de l’extrême droite perturbent spectacles, films ou expositions jugés contraires à leur morale. Ce qui favorise une forme d’autocensure chez les programmateurs, malgré la loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, qui protège pourtant ces libertés depuis dix ans.

La flamme de la vie locale

Ces choix politiques sont autant de braises dangereuses : si elles se propagent, elles alimentent l’exclusion, la peur et la division au lieu de nourrir le vivre-ensemble. La société civile en résistance est directement touchée : associations et collectifs voient leurs moyens fragilisés, leurs subventions diminuées ou menacées, et la possibilité pour les citoyens et les citoyennes de soutenir leurs actions par des dons déductibles remise en question. Cette énergie collective soutient le lien social, la solidarité et doit être préservée. Sans elle, c’est la flamme de la vie locale qui vacille.

A l’approche du premier tour des élections municipales, certaines communes pourraient voir l’extrême droite atteindre des scores élevés. Dans ces territoires, les candidats qui se retrouveront en situation d’empêcher sa victoire auront une responsabilité particulière : nul ne peut prétendre protéger sa commune tout en laissant les incendiaires s’approcher de l’hôtel de ville.

Pour les listes à gauche de l’échiquier politique, des rapprochements devront parfois être envisagés, malgré les désaccords. Pour les candidats à droite, l’exigence est claire : refuser toute alliance ou arrangement qui ouvrirait les portes de nos communes à l’extrême droite. Même là où elle ne risque pas de prendre la mairie, l’extrême droite peut obtenir des sièges, influencer les budgets, bloquer des initiatives solidaires ou écologiques, et orienter les politiques locales. Dans tous les territoires, la lutte contre l’extrême droite est une urgence.

Au-delà des différences entre nos organisations et nos champs d’action, nous partageons une conviction simple : les véritables enjeux des municipales sont la lutte contre toutes les discriminations, contre la pauvreté, le mal-logement, mais aussi pour l’écologie, la justice sociale, la culture et les solidarités locales.

Nos villes ont besoin de politiques qui protègent réellement des services publics de proximité, des transports renforcés, une eau et une alimentation saines, un accès vivant à la culture, un accueil digne des personnes migrantes et une vie démocratique locale active. Autant de solutions concrètes, portées aussi par la vitalité associative, à rebours des politiques de l’extrême droite. Nos communes méritent mieux que l’extrême droite. Quand certains brandissent une flamme destructrice, d’autres résistent. A nous de faire vivre notre flamme citoyenne les 15 et 22 mars.

Paul Alauzy, porte-parole du collectif Le Revers ; Erika Campelo, déléguée nationale de l’association VoxPublic ; Cathy Claverie, présidente de Dom’Asile ; Floraine Jullian, porte parole du mouvement Victoires Populaires ; Stéphane Krasniewski, président du Syndicat des musiques actuelles ; Magali Payen, fondatrice de l’organisation On est prêt ; Fanny Petitbon, responsable France de l’ONG 350.org ; Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) ; Victor Vauquois, co-fondateur de Terres de Luttes ; Laurence Veyne, co-directrice de Greenpeace France par intérim. Liste complète des signataires à retrouver ici.



Groupe Rocher : « La responsabilité sociale ou environnementale, comme le nuage de Tchernobyl, ne s’arrête pas aux frontières de la France »
Isabelle Chaperon
www.lemonde.fr/economie/article/2026/03/13/groupe-rocher-la-responsabilite-sociale-ou-environnementale-comme-le-nuage-de-tchernobyl-ne-s-arrete-pas-aux-frontieres-de-la-france_6671011_3234.html

Le groupe a été condamné pour manquement à son devoir de vigilance dans une ancienne filiale turque, laquelle a licencié plus de 130 salariés en raison de leur adhésion à un syndicat en 2018. Un signal fort, neuf ans après l’adoption en France d’une loi novatrice sur le sujet, observe Isabelle Chaperon, chroniqueuse au service Economie du « Monde ».

Le temps de la justice n’est pas celui des affaires. Mais il finit par arriver. Neuf ans après la loi de 2017 sur le devoir de vigilance, imposant aux multinationales françaises de prévenir les « atteintes graves » envers les droits humains ou l’environnement résultant de leur activité, les premières sanctions judiciaires commencent à tomber. Une étape majeure dans ce long cheminement visant à placer les entreprises face à leurs responsabilités.

Après La Poste, condamnée en appel en juin 2025, c’est le Groupe Rocher (Yves Rocher, Petit Bateau, Stanhome…) qui a été épinglé. Il a été condamné, jeudi 12 mars, par le tribunal judiciaire de Paris pour « manquement » à son devoir de vigilance dans son ancienne filiale turque, Kosan Kozmetik. Le groupe familial breton n’a pas indiqué, à ce stade, s’il comptait faire appel.

L’affaire remonte à 2018. Le fabricant de maquillage de la marque Flormar – vendu en 2024 – avait licencié plus de 130 salariés, surtout des femmes, en raison de leur adhésion à un syndicat local. Une grande partie des employés mis dehors avaient signé une transaction et obtenu des réparations, mais pas tous. Ceux qui n’avaient pas signé d’accord avaient poursuivi le Groupe Rocher, avec le soutien de Sherpa et ActionAid France. Les deux associations ont salué, jeudi, une « décision historique » dans la lutte « contre l’impunité des multinationales ».

La Poste avait été condamnée pour avoir présenté « cartographie des risques » trop générale en France, ce qu’elle a corrigé depuis. Là, pour la première fois, le tribunal reproche au fabricant de cosmétiques de ne pas avoir mené les efforts de prévention nécessaires à l’étranger. Mais la responsabilité sociale ou environnementale, comme le nuage de Tchernobyl, ne s’arrête pas aux frontières de la France.

L’Europe a réduit son ambition

Un signal fort alors même que les députés français, en 2017, avaient légiféré pour pouvoir demander des comptes aux donneurs d’ordre, après l’effondrement d’un immeuble au Bangladesh, abritant des ouvriers du textile travaillant pour de grandes marques internationales. Il était donc primordial de tester la portée internationale de ce texte novateur qui a vocation à inspirer d’autres pays.

C’est déjà le cas. Même si l’Europe a réduit son ambition initiale, son cadre reste contraignant. En Corée du Sud un projet de loi avance. Le vent tourne même au Royaume-Uni. Fin février, pour éviter un procès, Dyson a signé une transaction avec 24 migrants venus du Népal et du Bangladesh qui avaient subi des conditions de travail proches de l’esclavage chez un sous-traitant du fabricant d’aspirateurs en Malaisie. Shell devra rendre des comptes, à Londres, face à une accusation de pollution au Nigeria. Tout doucement, l’étau se resserre sur les multinationales peu regardantes.

Dans cette commune, les habitants produisent et consomment localement leur énergie
Chloé Richard
https://reporterre.net/Dans-cette-commune-du-Morbihan-les-habitants-produisent-et-consomment-localement-leur

Cléguérec, dans le Morbihan, est une ville solaire : à l’aide de 5 000 m2 d’ombrières photovoltaïques, la commune bretonne produit et consomme sa propre énergie. Des particuliers se sont aussi lancés dans l’aventure.

Des pieds métalliques supportant un toit légèrement incliné, recouvert de dizaines de panneaux photovoltaïques. En dessous, un terrain de tennis synthétique. À quelques kilomètres de là, le boulodrome est lui aussi recouvert par une structure identique. « Les adeptes de boule bretonne [1] sont ravis car ils peuvent venir jouer ici, même en hiver. Depuis l’installation de ces panneaux, on a plus d’usagers. On n’avait pas prévu cela ! » se réjouit le maire, Marc Ropers, vêtu en ce matin de février d’un manteau matelassé.

Malgré la pluie qui ne cesse d’arroser la Bretagne depuis le début de l’année, Cléguérec (3 000 habitants), située dans le Morbihan, est ce qu’on peut appeler une ville solaire : à l’aide de 5 000 m2 d’ombrières photovoltaïques, la commune bretonne produit et consomme sa propre énergie.

« À l’origine, l’idée était de créer un préau à l’école publique. Et on s’est dit pourquoi pas une ombrière photovoltaïque. Mais c’était trop cher, cela représentait un investissement trop important pour la commune », raconte Xavier Robin, adjoint aux affaires scolaires. Puis en 2020, au moment du confinement, via Bruded, un réseau d’échange d’expériences entre collectivités bretonnes, l’adjoint a découvert l’existence de SeeYouSun.

Des ombrières multi-usages

L’entreprise, qui se définit comme « premier opérateur solaire de quartier », finance, construit et exploite des centrales photovoltaïques sur des espaces déjà urbanisés, tels que des toitures, des parkings ou encore des espaces sportifs. À l’époque, le cogérant de l’entreprise solaire François Guérin a immédiatement vu « le potentiel photovoltaïque de Cléguérec ». « On était en visio, et en allant sur un plan en ligne, François Guérin a recensé en direct les infrastructures où pouvaient être construites ces ombrières », raconte Xavier Robin.

Six ans plus tard, Cléguérec compte des ombrières au-dessus du boulodrome et du terrain de tennis, mais aussi autour du bâtiment des services techniques de la mairie. Ici, du matériel peut désormais être entreposé à l’abri. À l’entrée de la salle de fitness de Cléguérec, le parking est désormais couvert par ces fameuses structures solaires. « Cet été, les ombrières ont même fait office de barnum pour un événement ! » se réjouit le maire, profitant cette fois-ci de l’ombrière pour s’abriter de la pluie. D’après SeeYouSun, Cléguérec est « l’une des plus grandes boucles d’autoconsommation collective de Bretagne ».

« Pour nous, c’était tout bénef’ : on a des abris grâce à SeeYouSun qui installe ces ombrières et revend l’électricité derrière. La question de l’autoconsommation est arrivée plus tard », dit Marc Ropers, qui veut, dans un contexte de baisse de moyens ces dernières années pour les collectivités locales, « montrer qu’on peut mener des projets pour la commune sans dépenser un sou ».

Au total, SeeYouSun, qui fête ses 10 ans et compte plus de 800 centrales photovoltaïques en France, a investi un peu plus de 1,2 million d’euros à Cléguérec.

« Un projet que nous n’aurions pas pu mener nous-mêmes en raison du coût », explique Marc Ropers. La commune loue, pour une modique somme selon le maire, les terrains à l’entreprise. SeeYouSun finance ses projets en revendant l’électricité grâce à un contrat d’obligation d’achat sur vingt ans, permis par l’État depuis 2021. L’électricité est revendue soit localement, « soit à Enedis et à prix garanti », précise François Guérin.

Des particuliers font partie de la boucle d’autoconsommation

« Avec toutes ces ombrières, on peut fournir de l’électricité à 10 km à la ronde », dit Marc Ropers. Au total, chaque année, ce sont 982 MWh d’électricité qui sont produites à l’aide des panneaux, soit l’équivalent de la consommation de 700 habitants, hors chauffage.

La commune, elle, fait également partie des consommateurs de cette énergie produite grâce au soleil. Depuis juin, les panneaux alimentent quatorze bâtiments tels que l’école, la restauration scolaire, ou encore la salle des sports. « L’été, on autoconsomme 80 % de nos besoins, 20 % l’hiver », précise Daniel Nicol, directeur général des services. Et avec cette électricité locale, sur 150 000 euros de facture d’électricité, Cléguérec a économisé 5 000 euros en 2025.

D’après SeeYouSun, une quinzaine de particuliers a déjà franchi le pas et fait désormais partie de la boucle locale d’autoconsommation. Le 30 octobre, la mairie et SeeYouSun ont organisé une réunion publique pour informer les particuliers et entreprises locales sur l’autoconsommation collective.

« On pensait avoir 15 à 20 personnes, mais en fait on en a eu 80 ! » fait savoir le maire, qui dit avoir été surpris par cet engouement. « Il y avait eu sur Cléguérec un projet d’éoliennes qui a tout de suite connu une opposition assez vive. Avec ces panneaux intégrés au paysage, on n’a rien eu de tel, ça a tout de suite été accepté », constate celui qui ne se représente pas aux prochaines élections.

Gwenaëlle, qui travaille dans la puériculture, a assisté à cette fameuse réunion publique. Elle fait partie des habitants à franchir le pas pour consommer l’énergie produite localement. Sa première motivation étant « de faire des économies, car c’est le nerf de la guerre », explique-t-elle. Le prix du kilowattheure avec SeeYouSun se présente comme avantageux. « Le fait que ce soit de l’énergie renouvelable, qui plus est produite localement, arrive après. Mais, évidemment, cela compte aussi », ajoute-t-elle.

Pour François Guérin, l’idée avec SeeYouSun « est de créer des circuits courts, de faire vivre des communautés urbaines d’énergie et de promouvoir l’électricité solaire locale et partagée ».

Bientôt, des batteries pour stocker l’électricité devraient aussi émerger à Cléguérec. La salle des fêtes, qui est en train d’être reconstruite, devrait aussi accueillir des panneaux. Xavier Robin constate que le projet de boucle d’autoconsommation collective attire aussi d’autres élus locaux : « Des communes viennent nous voir et nous interrogent là-dessus. » Une initiative qui rayonne en somme.