{"id":31166,"date":"2015-08-01T16:19:48","date_gmt":"2015-08-01T14:19:48","guid":{"rendered":"https:\/\/bizimugi.eu\/ostiraleko-artikuluak-2015eko-uztailaren-31ko-hautua"},"modified":"2015-08-01T16:19:48","modified_gmt":"2015-08-01T14:19:48","slug":"ostiraleko-artikuluak-2015eko-uztailaren-31ko-hautua","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/ostiraleko-artikuluak-2015eko-uztailaren-31ko-hautua\/","title":{"rendered":"Ostiraleko Artikuluak: 2015eko uztailaren 31ko hautua!"},"content":{"rendered":"<h1>&#8220;Un probl\u00e8me distant&#8221; &#8211; Les &#8220;riches&#8221; n\u2019ont pas assez peur du changement climatique<\/h1>\n<p><strong>Camille Hazard<br \/>\n<\/strong><em>www.parismatch.com\/Actu\/Environnement\/Les-pays-riches-n-ont-pas-peur-du-changement-climatique-806360<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Selon une \u00e9tude men\u00e9e par une \u00e9quipe de scientifiques am\u00e9ricains, seulement la moiti\u00e9 des habitants des pays riches per\u00e7oit le changement climatique comme une menace. Les chercheurs expliquent qu\u2019il faut d\u00e9velopper des strat\u00e9gies de communication pour changer la tendance.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Les personnes vivant dans les pays les plus riches comprennent g\u00e9n\u00e9ralement ce qu\u2019est <a href=\"http:\/\/www.parismatch.com\/Autres\/Changement-climatique\/En-Images\">le changement climatique<\/a>, mais seulement la moiti\u00e9 d\u2019entre eux le per\u00e7oit comme une r\u00e9elle menace. Tel est le constat \u00e9tabli par une \u00e9quipe de chercheurs am\u00e9ricains dans une \u00e9tude publi\u00e9e dans la revue <a href=\"http:\/\/www.nature.com\/articles\/nclimate2728.epdf?referrer_access_token=B2bXvVQHHtcZgCsAEIKfsdRgN0jAjWel9jnR3ZoTv0Or-clRRbEu5cFTFXf8JpSQ6tB3yFhorpbUdemqUv9kjZf_q1K0D0592feWNv0lfomqV2SqNVeetfjWdFX2twNanxmvoMwD9x71v-PzQtRT01RKxSnJhO6grPOzDwWwMcH0G-415VgtGu85BaFO8EsJL09TUJ7nb8Th_39CHmJf5sFO85yO2-pXDXBJNYv3JjZRuJP9fWCVBLA6yRMVKXfYklF1Oehak1baDYaKUMGemA%3D%3D&amp;tracking_referrer=www.theguardian.com\">\u00abNature\u00bb<\/a>.<\/p>\n<p>Le sondage effectu\u00e9 dans 119 pays a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les niveaux de vie et la richesse relative n\u2019\u00e9taient pas des crit\u00e8res l\u00e9gitimes pour savoir si un individu consid\u00e9rait le changement climatique comme un risque. L\u2019Australie, r\u00e9cemment cit\u00e9e comme <a href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/australia-news\/2015\/jul\/15\/australians-more-concerned-about-isis-than-climate-change-survey\">un chef de file mondial dans le climat<\/a>, les Etats-Unis, l\u2019Allemagne, ou les pays scandinaves, voient un peu plus de la moiti\u00e9 de leurs habitants avouer que le changement climatique est dangereux pour eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Les risques du changement climatique sont largement consid\u00e9r\u00e9s par les Fran\u00e7ais et les Espagnols, bien que leur plus grande pr\u00e9occupation soit son impact sur les autres pays. Le Japon est l\u2019un des rares pays riches dont la population est autant pr\u00e9occup\u00e9e par l\u2019\u00e9volution climatique que les pays pauvres.<\/p>\n<h2>Education, sensibilisation, compr\u00e9hension<\/h2>\n<p>Ces tendances ont \u00e9t\u00e9 mises \u00e0 jour gr\u00e2ce \u00e0 diff\u00e9rents facteurs qui conduisent \u00e0 la sensibilisation du changement climatique. En Europe, la plupart des gens comprennent les enjeux via l\u2019\u00e9ducation ou les relations humaines, tandis que dans les pays africains et asiatiques, c\u2019est la perception de l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures qui pr\u00e9domine. Selon les scientifiques, ces r\u00e9sultats d\u00e9montrent \u00abla n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9velopper des strat\u00e9gies de communications adapt\u00e9es pour les pays riches. L\u2019\u00e9ducation de base, l\u2019alphab\u00e9tisation climatique, et la compr\u00e9hension des dimensions locales du changement climatique sont vitales pour l\u2019engagement du public dans le soutien de l\u2019action climatique\u00bb, peut-on lire dans le rapport.<\/p>\n<p>\u00abTrop de gens consid\u00e8rent encore le changement climatique comme un probl\u00e8me distant\u00bb, indique Debbie Hopkins, un expert \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Otago (Nouvelle-Z\u00e9lande). Selon lui, il faudrait diffuser plus de reportages engag\u00e9s dans les m\u00e9dias et introduire des conversations avec des sp\u00e9cialistes au sein des localit\u00e9s, afin d\u2019illustrer <a href=\"http:\/\/www.parismatch.com\/Autres\/Changement-climatique\/En-Images\">les menaces que le changement climatique peut engendrer<\/a>.<\/p>\n<h1><\/h1>\n<h1>Changement climatique : la\u00a0proposition dont aucun Etat ne veut<\/h1>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/auteur\/11838-maxime-combes\">Maxime COMBES \u00c9conomiste, membre d\u2019Attac France et de l&#8217;Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (Aitec)<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/auteur\/13009-nicolas-haeringer\">Nicolas HAERINGER Charg\u00e9 de campagne pour 350.org<\/a> <\/strong><\/p>\n<p><em>www.liberation.fr\/terre\/2015\/05\/28\/changement-climatique-la-proposition-dont-aucun-etat-ne-veut_1318408<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nous sommes \u00e0 six mois de la COP\u00a021, vingt et uni\u00e8me conf\u00e9rence de l\u2019ONU sur le changement climatique, qui se tiendra \u00e0 Paris en d\u00e9cembre. Les n\u00e9gociations reprennent ce lundi 1<sup>er<\/sup>\u00a0juin \u00e0\u00a0Bonn. Sur la base d\u2019un texte qui regroupe les propositions de chacun des 193\u00a0pays membres de l\u2019ONU. Toutes les propositions sont donc sur la table. Des plus ambitieuses \u00e0 celles qui le sont moins. Toutes ?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Non. Il en manque une. Une proposition qui est pourtant au c\u0153ur du d\u00e9fi climatique. Alors que les \u00e9nergies fossiles repr\u00e9sentent 80% des \u00e9missions mondiales de gaz \u00e0 effet de serre, et qu\u2019on ne cesse de forer pour en trouver davantage, aucun Etat, aucune institution internationale, ne propose de limiter la production de charbon, de gaz et de p\u00e9trole. Ce n\u2019est pas nouveau : en plus de vingt\u00a0ans de n\u00e9gociations sur le r\u00e9chauffement climatique, il\u00a0n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 v\u00e9ritablement question de d\u00e9finir des objectifs et des m\u00e9canismes visant \u00e0 laisser tout ou partie des r\u00e9serves d\u2019\u00e9nergie fossiles dans le sol.<\/p>\n<p>Bien entendu, les n\u00e9gociations de l\u2019ONU portent sur une multitude de propositions, plus ou moins appropri\u00e9es, ayant pour objectif de r\u00e9duire les \u00e9missions issues de la combustion des \u00e9nergies fossiles. Si votre marmite commence \u00e0 d\u00e9border, vous contentez-vous d\u2019en essuyer les rebords ? Non : chacun sait qu\u2019il faut r\u00e9duire la puissance du feu pour stopper les frais. Pourtant, dans le cas des n\u00e9gociations sur le changement climatique, personne ne s\u2019y r\u00e9sout. La plan\u00e8te se r\u00e9chauffe, et certaines r\u00e9gions br\u00fblent litt\u00e9ralement &#8211; la Californie n\u2019a plus d\u2019eau, New Delhi suffoque &#8211; mais personne ne propose de r\u00e9duire la puissance du feu qui g\u00e9n\u00e8re le r\u00e9chauffement climatique mondial.<\/p>\n<p>Les faits sont pourtant t\u00eatus. Depuis 1992 et le d\u00e9but des n\u00e9gociations, les \u00e9missions ont augment\u00e9 de pr\u00e8s de\u00a060%. C\u2019est bien que quelque chose ne va pas. Dans leurs discussions sur les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, les Etats ne se sont jamais vraiment int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la production d\u2019\u00e9nergies fossiles sur la plan\u00e8te. Volontairement ? C\u2019est l\u2019impression que l\u2019on peut avoir : les \u00e9tudes scientifiques, d\u00e9sormais nombreuses, qui montrent que deux\u00a0tiers \u00e0\u00a0quatre\u00a0cinqui\u00e8mes des r\u00e9serves de combustibles fossiles doivent rester dans le sous-sol, ne sont pas r\u00e9ellement prises au s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>Derni\u00e8re en date, le travail de Christophe McGlade et Paul\u00a0Ekins, de l\u2019University College de Londres, publi\u00e9 dans la revue <em>Nature <\/em>du 8\u00a0janvier. Selon eux, un tiers des r\u00e9serves de p\u00e9trole, la moiti\u00e9 de celles de gaz et plus de 80% de celles de charbon ne doivent pas \u00eatre exploit\u00e9es, si nous voulons conserver 50% de chances de maintenir le r\u00e9chauffement sous la barre des 2\u00b0C : \u00ab<em>L\u2019instinct des hommes politiques, consistant \u00e0 exploiter rapidement et compl\u00e8tement les \u00e9nergies fossiles disponibles sur leur territoire, est incompatible avec leur engagement \u00e0 tenir l\u2019objectif de 2\u00b0C<\/em>.\u00bb<\/p>\n<p>Les auteurs en concluent que toutes les r\u00e9serves d\u2019hydrocarbures non conventionnels (Arctique, hydrocarbures de schiste,\u00a0etc.), sur lesquelles se pr\u00e9cipitent Etats et multinationales, devraient \u00eatre class\u00e9es comme \u00abnon br\u00fblables\u00bb. Ils proposent ainsi une forme de moratoire international sur toute nouvelle exploration et mise en exploitation d\u2019\u00e9nergies fossiles. Un bon d\u00e9but : ne pas augmenter le feu sous la\u00a0marmite, \u00e0 d\u00e9faut de le r\u00e9duire.<\/p>\n<p>Cette proposition n\u2019est pas nouvelle. D\u00e8s les ann\u00e9es\u00a090, des organisations luttant contre les impacts de l\u2019exploitation des \u00e9nergies fossiles sur les populations locales, comme Acci\u00f3n Ecol\u00f3gica (Equateur) et le r\u00e9seau Oil\u00a0Watch, avaient propos\u00e9 un moratoire international de ce type. Leur proposition avait \u00e9t\u00e9 balay\u00e9e d\u2019un revers de la main par des Etats appliqu\u00e9s \u00e0 n\u00e9gocier le protocole de Kyoto, et n\u2019avait pas connu le succ\u00e8s escompt\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019autres organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, (trop) focalis\u00e9es sur les niveaux d\u2019\u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre.<\/p>\n<p>N\u2019est-il pas temps de remettre cette proposition de moratoire international au go\u00fbt du jour, et d\u2019exiger qu\u2019une s\u00e9rie de gisements p\u00e9troliers, gaziers et charbonniers ne soient tout simplement pas exploit\u00e9s ? Nous pourrions ainsi poser les jalons d\u2019objectifs compr\u00e9hensibles par le plus grand nombre et, \u00e0\u00a0rebours, bl\u00e2mer et combattre toutes les forces politiques et \u00e9conomiques qui s\u2019y refusent.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est \u00e9videmment pas ais\u00e9, tant la production d\u2019\u00e9nergie fossile mobilise d\u2019enjeux financiers, g\u00e9opolitiques et de rapports de puissance entre les Etats. C\u2019est un pari difficile. Il est pourtant plus porteur et r\u00e9aliste qu\u2019accepter de s\u2019orienter vers 4\u00b0C \u00e0\u00a05\u00b0C de r\u00e9chauffement climatique &#8211; ce qui nous attend dans le sc\u00e9nario actuel. Le\u00a027\u00a0mai, suite \u00e0 une forte mobilisation citoyenne, la Norv\u00e8ge a annonc\u00e9 que son fonds de pension souverain d\u00e9sinvestirait du secteur charbonnier &#8211; pour un montant qui d\u00e9passe les 5\u00a0milliards de dollars. Le m\u00eame jour, Laurent Fabius annon\u00e7ait que la COP\u00a021 serait financ\u00e9e par les plus grands pollueurs fran\u00e7ais. Contraste saisissant.<\/p>\n<p>Alors que des collectivit\u00e9s, des universit\u00e9s et des institutions priv\u00e9es sont chaque jour plus nombreuses \u00e0 d\u00e9cider de mettre un terme \u00e0 leurs investissements dans le secteur fossile, nous pourrions utiliser la caisse de r\u00e9sonance de la Cop\u00a021 pour amplifier le mouvement et imposer que les Etats, l\u2019ONU et les institutions internationales s\u2019y mettent pour de bon.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Climat\u00a0: vive la v\u00e9lorution !<\/h1>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/recherche.telerama.fr\/recherche\/recherche.php?ecrivez=&amp;fdate=&amp;fauteurs=Virginie+F%E9lix\">Virginie F\u00e9lix<\/a> <\/strong><\/p>\n<p><em><a href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/monde\/climat-vive-la-velorution,129496.php\">www.telerama.fr\/monde\/climat-vive-la-velorution,129496.php<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quarante cyclistes volontaires se relaient dans un grand tour de France alternatif. A chacune de ses \u00e9tapes, Alternatiba, mouvement citoyen n\u00e9 en 2013, r\u00e9veille les consciences face \u00e0 l&#8217;urgence \u00e9cologique.<\/p>\n<p>Sous les maillots verts, \u00e7a transpire, le souffle court. Le mistral a beau jouer les ventilateurs, le thermom\u00e8tre tutoie les 40 degr\u00e9s en ce d\u00e9but de juillet caniculaire. Sur la route qui relie Crest \u00e0 Valence, dans la Dr\u00f4me, l&#8217;asphalte ressemble \u00e0 une bande de r\u00e9glisse suintant sous les roues des v\u00e9los. Embarqu\u00e9s sur des tandems \u00e0 trois places, les cyclistes moulinent sec, ralentis dans leur effort par la chaleur accablante. Et pourtant, mieux qu&#8217;une seringue d&#8217;EPO, cette m\u00e9t\u00e9o extr\u00eame dope la motivation des p\u00e9daleurs. Elle offre une actualit\u00e9 br\u00fblante \u00e0 leur d\u00e9fi : boucler un tour de France \u00e0 v\u00e9lo au secours du climat, \u00e0 la veille de la COP21.<\/p>\n<p>De l&#8217;\u00e9nergie, il en faut pour avaler les 5 500 kilom\u00e8tres d&#8217;un p\u00e9riple de quatre mois au cours duquel ce peloton vert veut mobiliser autour de l&#8217;urgence \u00e9cologique avec le slogan : \u00ab Changeons le syst\u00e8me, pas le climat. \u00bb Au total, 187 \u00e9tapes entre Bayonne (d&#8217;o\u00f9 le tour s&#8217;est \u00e9lanc\u00e9 le 5 juin) et Paris, o\u00f9 l&#8217;arriv\u00e9e est pr\u00e9vue le 26 septembre. Autant de maillons d&#8217;une vaste cha\u00eene destin\u00e9e \u00e0 secouer la France face au r\u00e9chauffement plan\u00e9taire. Objectif : <em>\u00ab montrer qu&#8217;il existe un potentiel \u00e9norme pour modifier le cours des choses, des citoyens qui se sont d\u00e9j\u00e0 pris en main, des milliers d&#8217;initiatives qui se concr\u00e9tisent un peu partout et qu&#8217;il faut relier, dans les transports, l&#8217;agriculture, l&#8217;alimentation, l&#8217;habitat ou le recyclage des d\u00e9chets \u00bb, <\/em>explique un des organisateurs du p\u00e9riple, Txetx Etcheverry, silhouette robuste et accent rocailleux.<\/p>\n<h2>L&#8217;aventure a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e comme un \u00ab road-movie climatique \u00bb<\/h2>\n<p>Initi\u00e9e par le mouvement citoyen Alternatiba (\u00ab alter\u00adnative \u00bb en langue basque), n\u00e9 en 2013 \u00e0 Bayonne, l&#8217;aventure a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e comme un <em>\u00ab road-movie <\/em><em>climatique \u00bb. <\/em>Pour symboliser <em>\u00ab la transition \u00e9cologique, la solidarit\u00e9 et l&#8217;effort collectif <\/em><em>\u00bb,<\/em> les cyclistes se sont embarqu\u00e9s sur des tandems, l&#8217;un \u00e0 quatre places, les deux autres \u00e0 trois places, une quadruplette et des triplettes, \u00e9videmment peints en vert. Ils seront quarante volontaires \u00e0 se relayer au guidon tout l&#8217;\u00e9t\u00e9, se familiarisant avec les changements de plateaux parfois capricieux de ces dr\u00f4les de biclous con\u00e7us par un atelier berlinois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A l&#8217;arriv\u00e9e dans le centre-ville de Valence, une quarantaine de cyclistes locaux rejoignent le peloton. C&#8217;est un rituel de chaque fin d&#8217;\u00e9tape : la \u00ab v\u00e9lorution \u00bb, sorte de parade \u00e0 deux-roues avec les habitants du coin et hymne aux transports non polluants. Dans le cort\u00e8ge, entre les v\u00e9los couch\u00e9s, les VTT et les pignons fixes, douze courageux moulinent sur un v\u00e9lomnibus \u00e0 vingt places. Juch\u00e9e sur un v\u00e9lo-sono \u00e9lectrique, Sabrina briefe le cort\u00e8ge : <em>\u00ab Soyez courtois et souriants avec les automobilistes, le but est de faire passer un message positif ! \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Allier mobilisation et esprit festif, c&#8217;est la philosophie d&#8217;Alternatiba, nous d\u00e9taille Barth, une des chevilles ouvri\u00e8res du tour, en \u00e9grenant les soir\u00e9es de concert et de repas partag\u00e9 qui ont \u00e9maill\u00e9 les quatre semaines de route d\u00e9j\u00e0 dans les pattes. <em>\u00ab Chaque \u00e9tape nous permet de ren\u00adcontrer des collectifs locaux, des associations, des citoyens engag\u00e9s, qui se chargent d&#8217;organiser une animation autour de notre passage. Les gens nous accueillent, nous nourrissent et nous logent. \u00bb<\/em> Le matin m\u00eame, \u00e0 Crest, Gabriel, mem\u00adbre d&#8217;un atelier v\u00e9lo associatif, a remis d&#8217;aplomb la fourche d&#8217;une des triplettes. Du cambouis plein les doigts, il confie trouver dans l&#8217;aventure Alternatiba une r\u00e9sonance avec ses pr\u00e9occupations de n\u00e9orural trentenaire et de \u00ab militant du v\u00e9lo \u00bb.<\/p>\n<p>\u201cSi une personne sur cinq se convertit \u00e0 ces alternatives, on bascule dans un changement concret\u201dLe soir tombe sur Portes-l\u00e8s-Valence o\u00f9 s&#8217;est pos\u00e9e la \u00ab caravane \u00bb du tour. L&#8217;heure de la conf\u00e9rence-d\u00e9bat quotidienne sur le climat a sonn\u00e9. Devant une centaine de personnes, militants associatifs, \u00e9lus locaux, familles avec enfants, Barth et Sabrina se lancent dans un \u00e9nonc\u00e9 <em>\u00ab des mauvaises et des bonnes nouvelles \u00bb<\/em>.<em> \u00ab La mauvaise nouvelle,<\/em> attaque Barth, <em>c&#8217;est que le r\u00e9chauffement climatique conna\u00eet une hausse exponentielle et qu&#8217;on n&#8217;est qu&#8217;au d\u00e9but de la fi\u00e8vre. Si on ne change rien, l&#8217;augmentation sera de 5 \u00e0 6 degr\u00e9s en 2100. \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Sabrina embraye sur un mode plus positif :<em> \u00ab Dans les dix, quinze ans \u00e0 venir, tout est entre nos mains. Si on fait ce tour \u00e0 v\u00e9lo, c&#8217;est que la situation est grave et que les politiques ne sont pas \u00e0 la hauteur de l&#8217;enjeu. Mais aussi que des milliers d&#8217;initiatives locales sont d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&#8217;oeuvre. Couper le robinet quand on se lave les dents, c&#8217;est important. Mais choisir \u00e0 qui on paie son \u00e9lectricit\u00e9 ou \u00e0 qui on confie son argent, adh\u00e9rer \u00e0 une Amap, \u00e0 une recyclerie, s&#8217;inscrire sur un site de partage pour emprunter des outils, c&#8217;est encore mieux. Si une personne sur cinq se convertit \u00e0 ces alternatives, on bascule dans un changement concret. \u00bb <\/em><\/p>\n<h2>Buffet de salades de lentilles et de quiches vegan<\/h2>\n<p>Sur un \u00e9cran vid\u00e9o, se succ\u00e8dent les t\u00e9moignages de Christiane Hessel, veuve de St\u00e9phane Hessel, le parrain du mouvement Alternatiba, de l&#8217;\u00e9conomiste altermondialiste Genevi\u00e8ve Azam, du climatologue Christophe Cassou ou du philosophe Patrick Viveret, qui invite \u00e0<em> \u00ab sortir du climat d\u00e9pressif de r\u00e9signation \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Devant la MJC, au milieu d&#8217;un buffet de salades de lentilles et de quiches vegan, la maire de Portes-l\u00e8s-Valence, venue <em>\u00ab par curiosit\u00e9 \u00bb,<\/em> re\u00e7oit des cyclistes le pacte pour la transition, remis \u00e0 chaque \u00e9tape aux \u00e9lus locaux. <em>\u00ab C&#8217;est une mani\u00e8re de les associer, <\/em>indique Barth,<em> en leur proposant de s&#8217;engager sur cinq mesures tr\u00e8s concr\u00e8tes parmi les quinze qu&#8217;on leur propose. Ils ont jusqu&#8217;au 26 septembre, date de l&#8217;arriv\u00e9e du tour, pour se d\u00e9cider. \u00bb<\/em> Un peu plus loin, une conseill\u00e8re r\u00e9gionale Europe Ecologie-Les Verts exprime son enthousiasme face \u00e0 la d\u00e9marche : <em>\u00ab Ces mouvements citoyens sont importants pour nous, \u00e9lus. On s&#8217;appuie sur eux pour faire avancer le d\u00e9bat. Hier, au conseil r\u00e9gional, je suis parvenue \u00e0 faire voter que la R\u00e9gion s&#8217;associe \u00e0 la campagne internationale de d\u00e9sinvestissement du secteur des \u00e9nergies fossiles, initi\u00e9e justement par des citoyens. \u00bb <\/em><\/p>\n<h2>A Marseille Jean-Claude Gaudin a voulu interdire le passage du tour<\/h2>\n<p>Mais tous les \u00e9lus n&#8217;accueillent pas avec la m\u00eame bienveillance les tandems verts : \u00e0 Marseille, quelques jours plus t\u00f4t, Jean-Claude Gaudin a voulu interdire le passage du tour et la tenue du village des alternatives pr\u00e9vu sur le cours Julien. Les cyclistes, soutenus par les associations locales, ont tenu bon. Terminant m\u00eame leur parcours sous les fen\u00eatres de la mairie, o\u00f9 des \u00ab v\u00e9lorutionnaires \u00bb en maillot de bain, masque et tuba, ont soulign\u00e9 avec humour l&#8217;urgence de r\u00e9agir face \u00e0 la mont\u00e9e des mers.<\/p>\n<p>A Grenoble, o\u00f9 les triplettes ont fait halte le 2 juillet, c&#8217;est au contraire avec le sourire complice du maire \u00e9colo Eric Piolle qu&#8217;elles ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7ues. Une \u00e9tape symbolique dans cette cit\u00e9 de cent quarante mille habitants, la plus impor\u00adtante dirig\u00e9e par une municipalit\u00e9 verte (1). Symboli\u00adques aussi, l&#8217;arr\u00eat pr\u00e9vu d\u00e9but ao\u00fbt \u00e0 Loos-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais (un mod\u00e8le de ville en transition sociale, \u00e9conomique et environnementale), la travers\u00e9e de la plus vaste vall\u00e9e bio de France, dans le Val-de-Dr\u00f4me, ou encore la visite d&#8217;un projet de parc \u00e9olien destin\u00e9 \u00e0 alimenter 1 600 foyers du c\u00f4t\u00e9 de Sedan.<\/p>\n<p>Pour l&#8217;heure, ce 1er juillet, les cyclistes ont choisi de faire un crochet par la <a href=\"https:\/\/zadroybon.wordpress.com\/\">ZAD (\u00ab zone \u00e0 d\u00e9fendre \u00bb) de Roybon<\/a>, dans l&#8217;Is\u00e8re. L\u00e0, au c\u0153ur de la for\u00eat de Chambaran, des militants occupent depuis d\u00e9cembre un terrain de 76 hectares pour emp\u00eacher la construction d&#8217;un Center Park. Pour les \u00e9quipiers d&#8217;Alternatiba, cette \u00e9tape est une fa\u00e7on de manifester leur soutien <em>\u00ab \u00e0 ceux qui combattent les grands projets inutiles et impos\u00e9s \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Ils ont aussi mis sur leur route <a href=\"http:\/\/zad.nadir.org\/\">Notre-Dame-des-Landes<\/a> et la ferme des <a href=\"http:\/\/www.confederationpaysanne.fr\/gen_article.php?id=2872\">\u00ab Mille Vaches \u00bb<\/a>, dans la Somme.<em> \u00ab Ce sont des endroits de lutte contre les fausses solutions \u00bb, <\/em>souligne Txetx Etcheverry, en reprenant des forces \u00addevant le pique-nique offert par les zadistes. Dans la ZAD, vaste camp retranch\u00e9 forestier barr\u00e9 par d&#8217;imposantes barricades de troncs et de branchages, un jeune homme nous explique : <em>\u00ab Ce que nous combattons ici, c&#8217;est la destruction d&#8217;une zone humide unique qui abrite une biodiversit\u00e9 tr\u00e8s riche et des esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es, tout \u00e7a pour cr\u00e9er une usine \u00e0 touristes, une bulle tropicale \u00e0 la consommation en eau et en \u00e9nergie effarante. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>\u201cIl n&#8217;y a que notre g\u00e9n\u00e9ration qui peut agir, dans les dix ans qui viennent. C&#8217;est une bataille qui ne se rejouera pas\u201dLa fra\u00eecheur tombe doucement sur la for\u00eat. Malgr\u00e9 la chaleur et les kilom\u00e8tres, l&#8217;\u00e9nergie de Txetx Etcheverry ne semble pas entam\u00e9e. <em>\u00ab Le changement climatique est exponentiel, <\/em>insiste-t-il,<em> mais je suis convaincu que la mobilisation peut l&#8217;\u00eatre aussi<\/em>. <em>Ces derniers mois, on a vu na\u00eetre une dynamique, il y a eu la marche de New York en septembre 2014, la plus grande jamais organis\u00e9e avec 300 000 personnes, la r\u00e9cente encyclique du pape&#8230; Il faut maintenant r\u00e9ussir \u00e0 lier les militants les plus radicaux, qui s&#8217;appuient sur le climat pour changer le syst\u00e8me, et les gens qui, comme le pape ou le dala\u00ef-lama, sans \u00eatre anticapitalistes, ont le sens de l&#8217;int\u00e9r\u00eat commun et auront un effet d&#8217;entra\u00eenement. Il n&#8217;y a que notre g\u00e9n\u00e9ration qui peut agir, dans les dix ans qui viennent. C&#8217;est une bataille qui ne se rejouera pas. \u00bb <\/em>De quoi pousser les for\u00e7ats de la route \u00e0 mouliner encore plus fort pour enclencher la dynamo.<\/p>\n<h1><\/h1>\n<h1>Olivier De Schutter\u00a0: \u00ab\u00a0Nous sommes extr\u00eamement immatures dans notre mani\u00e8re de concevoir l\u2019avenir de nos soci\u00e9t\u00e9s\u00a0\u00bb<\/h1>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/Agnes-Rousseaux\">Agn\u00e8s Rousseaux<\/a>, <a href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/Sophie-Chapelle\">Sophie Chapelle<\/a> <\/strong><\/p>\n<p>www.bastamag.net\/Olivier-de-Schutter-Nous-sommes-extremement-immatures-dans-notre-maniere-de<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Avec quelques d\u00e9cisions courageuses, le probl\u00e8me de la faim pourrait \u00eatre r\u00e9solu.\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><strong> C\u2019est le constat sans appel dress\u00e9 par Olivier De Schutter, ancien rapporteur sp\u00e9cial des Nations Unies sur le droit \u00e0 l\u2019alimentation, alors que 795 millions de personnes souffrent de sous-alimentation. Fervent d\u00e9fenseur de l\u2019agro-\u00e9cologie, il revient avec <em>Basta\u00a0!<\/em> sur les lobbys \u00e0 l\u2019\u0153uvre qui bloquent tout changement, dans le secteur agricole comme \u00e9nerg\u00e9tique. Partisan d\u2019une nouvelle redistribution des richesses, il appelle \u00e0 inventer de nouveaux rapports sociaux. <em>\u00ab\u00a0Sans revoir les modes de consommation des soci\u00e9t\u00e9s riches, nous n\u2019\u00e9viterons pas une catastrophe \u00e0 l\u2019horizon 2080\u00a0\u00bb<\/em>, pr\u00e9vient-il. Entretien.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Basta\u00a0!<\/em><\/strong><strong>\u00a0: Vous avez \u00e9t\u00e9 pendant six ans rapporteur sp\u00e9cial des Nations Unies sur le droit \u00e0 l\u2019alimentation. Aujourd\u2019hui 795 millions de personnes dans le monde ont faim, selon la FAO \u2013 l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture. La situation ne cesse d\u2019empirer. Comment expliquez-vous cet \u00e9chec\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Olivier De Schutter <\/strong>\u00a0[<a href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/Olivier-de-Schutter-Nous-sommes-extremement-immatures-dans-notre-maniere-de#nb1\">1<\/a>]\u00a0: Pr\u00e8s d\u2019un milliard de gens ne mangent pas \u00e0 leur faim, souffrent de sous-alimentation. Et 2,5 milliards de personnes souffrent de malnutrition\u00a0: elles mangent \u00e0 leur faim mais leur r\u00e9gime n\u2019est pas suffisamment diversifi\u00e9 pour \u00e9viter qu\u2019elles ne tombent malade, r\u00e9sistent aux \u00e9pid\u00e9mies,&#8230; La sonnette d\u2019alarme a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9e il y a 25 ans\u00a0! Pourquoi rien ne bouge\u00a0? Les gouvernements des pays du Sud d\u00e9pendent pour leur stabilit\u00e9 des \u00e9lites des villes. Leur souci premier est donc d\u2019\u00e9couler sur les march\u00e9s des villes des calories \u00e0 bon march\u00e9 pour \u00e9viter l\u2019impatience des populations urbaines. Cela se fait au d\u00e9triment des petits agriculteurs et des campagnes. Le probl\u00e8me n\u2019est pas agronomique ou technique, ni m\u00eame \u00e9conomique\u00a0: c\u2019est un probl\u00e8me d\u2019absence de prise en compte des int\u00e9r\u00eats des petits paysans dans la formulation des politiques publiques.<\/p>\n<p><strong>Selon votre pr\u00e9d\u00e9cesseur aux Nations Unies, Jean Ziegler, laisser mourir de faim un milliard de personnes est un crime contre l\u2019humanit\u00e9. Qui est responsable de cette malnutrition\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est un paradoxe\u00a0: nous produisons dans le monde de quoi nourrir plus de 12 milliards de personnes. 4600 kilocalories par jour et par personne sont disponibles. Mais un tiers environ de cette production est gaspill\u00e9e, perdue, et r\u00e9soudre ce probl\u00e8me ne semble pas une priorit\u00e9. Une partie importante des c\u00e9r\u00e9ales est utilis\u00e9e pour l\u2019alimentation du b\u00e9tail. Une autre part, de plus en plus importante, va vers la production d\u2019\u00e9nergie \u2013 biodiesel, \u00e9thanol \u2013, une tendance encourag\u00e9e jusque r\u00e9cemment \u00e0 coups de subventions par les gouvernements. Il reste tout juste de quoi nourrir un peu plus de 7 milliards de personnes. Les \u00e9carts de revenus consid\u00e9rables font qu\u2019un grand nombre de personnes sont trop pauvres pour s\u2019alimenter d\u00e9cemment.<\/p>\n<p>Si Jean Ziegler parle de \u00ab\u00a0crime\u00a0\u00bb, c\u2019est parce que ces morts sont \u00e9vitables. La faim et la malnutrition sont des questions politiques\u00a0: nous avons toutes les solutions techniques requises, mais nos gouvernements n\u2019en font pas une priorit\u00e9. Avec quelques d\u00e9cisions courageuses, le probl\u00e8me de la faim pourrait \u00eatre r\u00e9solu\u00a0: en mettant en place des politiques beaucoup plus redistributives, en donnant la priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019alimentation par rapport aux autres demandes adress\u00e9es au secteur agricole, et en ayant une meilleure repr\u00e9sentation des agriculteurs dans les choix politiques. On pourrait tr\u00e8s vite r\u00e9soudre ce probl\u00e8me qui nous hante.<\/p>\n<p><strong> Les \u00e9meutes de la faim de 2008 ont \u00e9t\u00e9 en partie caus\u00e9es par la sp\u00e9culation financi\u00e8re. Quelles actions ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es pour mettre un frein \u00e0 la sp\u00e9culation sur les mati\u00e8res premi\u00e8res\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>En 2008, rares \u00e9taient ceux qui disaient que la sp\u00e9culation financi\u00e8re \u2013 les acteurs financiers, les fonds d\u2019investissements \u2013 jouaient un r\u00f4le dans l\u2019augmentation des prix des denr\u00e9es alimentaires et des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles. Aujourd\u2019hui, la FAO, la Banque mondiale ou l\u2019OCDE reconnaissent que cette sp\u00e9culation a jou\u00e9 un r\u00f4le n\u00e9faste. Depuis, des mesures ont \u00e9t\u00e9 prises. A la demande du G20, un syst\u00e8me d\u2019information sur l\u2019\u00e9tat des r\u00e9serves disponibles (<em>Agriculture Market Information System<\/em> &#8211; AMIS) a \u00e9t\u00e9 mis en place. Cette transparence est importante car au printemps 2008, les rumeurs et informations erron\u00e9es avaient jou\u00e9 un r\u00f4le dans l\u2019explosion des prix du ma\u00efs, du bl\u00e9 ou du riz, en incitant les gouvernements \u00e0 accroitre leurs stocks, et en cr\u00e9ant ainsi une raret\u00e9 artificielle. Mais le secteur priv\u00e9, les grands c\u00e9r\u00e9aliers \u2013 Dreyfus, Cargill, Bunge par exemple \u2013 qui d\u00e9tiennent des r\u00e9serves consid\u00e9rables, ne participent pas \u00e0 cet \u00e9change d\u2019informations. Si les gouvernements disposent de r\u00e9serves alimentaires d\u2019urgence, en cas de catastrophe naturelle, ils sont cependant r\u00e9ticents \u00e0 en cr\u00e9er d\u2019autres, qui pourraient causer des distorsions sur les march\u00e9s. On continue de faire comme si l\u2019\u00e9volution erratique des prix \u00e9tait utile aux producteurs, ce qui est une absurdit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Notre mod\u00e8le agricole est \u00e0 bout de souffle. Pour sortir de cette impasse, vous d\u00e9fendez l\u2019agro-\u00e9cologie\u2026<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019agro-\u00e9cologie, c\u2019est le bon sens. C\u2019est une mani\u00e8re efficiente d\u2019utiliser les ressources, et de r\u00e9duire l\u2019empreinte \u00e9cologique de nos modes de production. Mais l\u2019agro-\u00e9cologie ne se r\u00e9duit pas \u00e0 une s\u00e9rie de techniques agronomiques. C\u2019est une mani\u00e8re de penser le rapport de l\u2019agriculture \u00e0 d\u2019autres enjeux de soci\u00e9t\u00e9\u00a0: d\u00e9veloppement rural, sant\u00e9 des populations, maintien des fermes familiales qui sont en train de dispara\u00eetre. Penser l\u2019agriculture sans penser \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 l\u2019environnement, \u00e0 l\u2019emploi, au d\u00e9veloppement rural, \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement du territoire, cela n\u2019a gu\u00e8re de sens. L\u2019agro-\u00e9cologie \u00e9chappe en partie \u00e0 la comp\u00e9tence d\u2019un ministre de l\u2019Agriculture. Il faut une v\u00e9ritable politique alimentaire en France, plus que des politiques agricoles, d\u2019environnement, d\u2019am\u00e9nagement du territoire ou de sant\u00e9. Une politique alimentaire int\u00e9gr\u00e9e qui fasse de l\u2019agro-\u00e9cologie un v\u00e9ritable levier de transformation.<\/p>\n<p><strong>Comment voyez-vous le rapport de force avec les acteurs \u00e9conomiques \u2013 lobbys, d\u00e9fenseurs d\u2019une agriculture productiviste, multinationales ou acteurs bancaires \u2013 qui bloquent la transition vers ce mod\u00e8le agricole\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>De nombreuses formes de pression sur l\u2019agriculture vont dans le sens oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019agro-\u00e9cologie. Nous restons prisonniers d\u2019une obsession pour les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle, les monocultures, la production de larges volumes standardis\u00e9s de mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles. Tr\u00e8s souvent l\u2019agriculteur est lui-m\u00eame \u00ab\u00a0standardis\u00e9\u00a0\u00bb. Les raisonnements \u00e9conomiques priment dans les choix de production. Nous sommes incapables de changer de paradigme car toutes les politiques agricoles sont focalis\u00e9es sur l\u2019augmentation des exportations. L\u2019inverse de l\u2019agriculture paysanne, qui n\u2019est pas en ad\u00e9quation avec les longues chaines de commercialisation. Mais au fond, ce sont les march\u00e9s qui ne sont pas en ad\u00e9quation avec l\u2019agro-\u00e9cologie. Si l\u2019on ne travaille pas aussi sur les march\u00e9s, l\u2019agro-\u00e9cologie n\u2019a aucune chance de r\u00e9ussir.<\/p>\n<p><strong>Concr\u00e8tement, comment fait-on pour remettre en cause les r\u00e8gles du commerce international\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le commerce international agricole est bas\u00e9 sur une id\u00e9e tr\u00e8s simple\u00a0: une division internationale du travail toujours plus avanc\u00e9e. Chaque r\u00e9gion se sp\u00e9cialise dans les productions sur lesquelles elle a un avantage comparatif, voire ne produit qu\u2019une seule chose et d\u00e9pend des autres pour le reste de ses besoins. C\u2019est le mod\u00e8le impos\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980-1990, et qui a montr\u00e9 toutes ses limites, \u00e9cologiques, agronomiques et \u00e9conomiques. Des r\u00e9gions sont extr\u00eamement fragilis\u00e9es. Quand le prix du riz est pass\u00e9 de 150 \u00e0 800 dollars la tonne en l\u2019espace de quelques semaines, en 2008, les pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest ont \u00e9t\u00e9 v\u00e9ritablement pris au pi\u00e8ge, dans l\u2019incapacit\u00e9 de subvenir \u00e0 leurs besoins, d\u2019importer \u00e0 ce prix.<\/p>\n<p>Il faut encourager chaque r\u00e9gion \u00e0 satisfaire autant que possible ses propres besoins alimentaires. Malheureusement les r\u00e8gles du commerce international incitent exactement \u00e0 l\u2019inverse. L\u2019OMC est une cr\u00e9ature du 20e si\u00e8cle. Il faut accepter que nous ayons chang\u00e9 de si\u00e8cle. Et nous faisons face \u00e0 une v\u00e9ritable crise de la d\u00e9mocratie avec les accords de commerce, n\u00e9goci\u00e9s actuellement dans le secret. Une sorte de \u00ab\u00a0Guantanamo de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb avec des accords qui \u00e9chappent \u00e0 tout v\u00e9ritable contr\u00f4le d\u00e9mocratique, et qui vont limiter le pouvoir des parlements, mis sous tutelle de ces accords de libre-\u00e9change. C\u2019est extr\u00eamement inqui\u00e9tant.<\/p>\n<p><strong>Changer l\u2019agriculture, mettre fin \u00e0 la faim dans le monde, est une question de choix politique, dites-vous. Faites-vous le m\u00eame constat sur la question de la transition \u00e9nerg\u00e9tique\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Sur le climat, nous nous gargarisons d\u2019illusions. Le mot \u00e0 la mode, \u00ab\u00a0croissance verte\u00a0\u00bb, parie sur le g\u00e9nie de nos ing\u00e9nieurs pour trouver les innovations technologiques qui vont nous permettre de \u00ab\u00a0d\u00e9carboniser\u00a0\u00bb notre croissance. C\u2019est une pure utopie. Depuis 1990, le PIB n\u2019a pas cess\u00e9 de progresser mais l\u2019intensit\u00e9 en carbone de la croissance a diminu\u00e9 de 0,7\u00a0% par an environ. Sauf qu\u2019en parall\u00e8le, la population augmente de 0,8\u00a0% par an, et les revenus de 1,4\u00a0% par an \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Le \u00ab\u00a0verdissement\u00a0\u00bb de la croissance est insuffisant pour compenser l\u2019augmentation de la population et des revenus, donc de la consommation. Sans revoir radicalement dans les soci\u00e9t\u00e9s riches nos fa\u00e7ons de consommer, de produire, de nous d\u00e9placer, de nous chauffer, nous ne parviendrons jamais \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre dans les proportions n\u00e9cessaires pour \u00e9viter une catastrophe \u00e0 l\u2019horizon 2080.<\/p>\n<p>Si certains pr\u00e9tendent aujourd\u2019hui que l\u2019on peut continuer comme si de rien n\u2019\u00e9tait, c\u2019est parce que les objectifs de r\u00e9duction de gaz \u00e0 effet de serre ne sont pas li\u00e9s au commerce international. Nous nous pr\u00e9tendons vertueux pour une raison tr\u00e8s simple\u00a0: pour satisfaire nos besoins, nous faisons produire ailleurs. Nous externalisons toutes les industries polluantes et importons toujours plus. C\u2019est une hypocrisie compl\u00e8te. L\u2019Union europ\u00e9enne ne peut pas s\u2019engager \u00e0 une r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre sans tenir compte des \u00e9missions qui r\u00e9sultent de notre consommation, des marchandises que nous importons, et en ne comptabilisant que ce qui est produit dans l\u2019UE.<\/p>\n<p><strong>Dans ces conditions, qu\u2019esp\u00e9rez-vous des n\u00e9gociations internationales sur le climat (COP21) qui auront lieu \u00e0 Paris en d\u00e9cembre\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Il faut rem\u00e9dier \u00e0 cette anomalie, \u00e0 ce syst\u00e8me qui conduit \u00e0 d\u00e9douaner les r\u00e9gions qui r\u00e9duisent leurs \u00e9missions tout en important toujours plus et en laissant d\u2019autres polluer \u00e0 leur place. Ce n\u2019est plus possible. Il faut aussi imp\u00e9rativement reconna\u00eetre le r\u00f4le des innovations sociales dans la lutte contre le changement climatique. Nous avons beaucoup mis\u00e9 sur les innovations technologiques, et sous-estim\u00e9 l\u2019importance de l\u2019innovation sociale, comme les chaines courtes en mati\u00e8re d\u2019alimentation, le recyclage des d\u00e9chets \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des collectivit\u00e9s locales, l\u2019\u00e9conomie du partage qui permet de s\u2019attacher moins \u00e0 la possession de biens qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9change de biens devenus des \u00ab\u00a0biens communs\u00a0\u00bb. Les citoyens sont inquiets et inventent de nouvelles mani\u00e8res de produire et de consommer, mais qui ne sont pas soutenues par les pouvoirs publics, ou rencontrent des obstacles r\u00e8glementaires. Ces innovations ouvrent pourtant la voie de la transition \u00e9cologique, \u00e0 la mani\u00e8re de premiers de cord\u00e9e en alpinisme.<\/p>\n<p><strong>Faut-il produire moins\u00a0? Faut-il r\u00e9duire nos importations\u00a0? Est-ce aujourd\u2019hui acceptable pour les plus pauvres d\u2019entre nous\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1970, l\u2019augmentation de la consommation mat\u00e9rielle n\u2019a pas augment\u00e9 le bonheur. Les gens sont plus malheureux, plus stress\u00e9s aujourd\u2019hui, alors que le PIB a augment\u00e9 de mani\u00e8re consid\u00e9rable, sans doute tripl\u00e9. La croissance des in\u00e9galit\u00e9s a conduit \u00e0 une augmentation du ressentiment. Les gens se sentent moins bien dans leur peau. Il y a un mieux-vivre \u00e0 recr\u00e9er, qui passe par une r\u00e9duction de la consommation mat\u00e9rielle. Parall\u00e8lement, au Sud, les pays tr\u00e8s pauvres doivent pouvoir se d\u00e9velopper. D\u00e9croissance chez nous, croissance au Sud, pour arriver \u00e0 une convergence progressive vers des modes de vie qui soient soutenables pour la plan\u00e8te tout enti\u00e8re. C\u2019est difficile.<\/p>\n<p><strong>La croissance est la base du syst\u00e8me capitaliste. Cela veut-il dire qu\u2019il faut changer de syst\u00e8me \u00e9conomique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Pourquoi a-t-on besoin de croissance\u00a0? D\u2019abord parce que les pays sont endett\u00e9s, et que le co\u00fbt de remboursement de la dette publique est plus important en l\u2019absence de croissance \u00e9conomique. La solution passe par une restructuration de cette dette, des m\u00e9canismes pour se d\u00e9barrasser de ce fardeau, qui d\u00e9termine aujourd\u2019hui nos choix de soci\u00e9t\u00e9. Ensuite, la croissance est vue comme n\u00e9cessaire parce que les technologies ont permis d\u2019augmenter la productivit\u00e9 du travail \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire de d\u00e9truire de l\u2019emploi. Cela signifie que la croissance \u00e9conomique est n\u00e9cessaire pour cr\u00e9er de l\u2019emploi \u2013 pour ceux qui n\u2019en ont pas et ceux qui ont perdu de leur emploi en raison des innovations technologiques \u2013 pour \u00e9viter le ch\u00f4mage de masse.<\/p>\n<p>Il nous faut aller vers une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le travail sera moins central. O\u00f9 nous attacherons beaucoup plus d\u2019importance aux loisirs, \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Nous avons d\u00e9gag\u00e9 du temps gr\u00e2ce aux gains de productivit\u00e9 du travail, mais ce temps a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 non pas pour la culture, la musique, la conversation entre amis, mais pour travailler encore plus, gagner davantage et consommer toujours plus. C\u2019est une impasse. Et une sorte d\u2019aveu d\u2019impuissance\u00a0: nous sommes extr\u00eamement immatures dans notre mani\u00e8re de concevoir l\u2019avenir des soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Par o\u00f9 faut-il commencer\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes longtemps partis de l\u2019hypoth\u00e8se que les hommes et les femmes sont des \u00eatres profond\u00e9ment \u00e9go\u00efstes, int\u00e9ress\u00e9s uniquement par la maximisation de leur int\u00e9r\u00eat personnel. Les recherches anthropologiques montrent au contraire que nous sommes des \u00eatres altruistes, qui coop\u00e9rons les uns avec les autres. Des \u00eatres qui nouent des liens sociaux, qui ont besoin des autres, et sont malades litt\u00e9ralement lorsqu\u2019on encourage un comportement hyper individualiste, \u00e9go\u00efste, comme celui des manuels d\u2019\u00e9conomie politique. Il faut miser sur cet altruisme et lui permettre de s\u2019\u00e9panouir. Avec des initiatives d\u2019\u00e9conomie du partage, des services rendus entre voisins, des potagers collectifs o\u00f9 chacun peut contribuer ou se servir, des rapports entre producteurs et consommateurs fond\u00e9s sur la confiance plut\u00f4t que sur le souci pour les consommateurs d\u2019avoir les prix les plus bas et pour les producteurs de gagner le plus possible.<\/p>\n<p>Tout cela existe d\u00e9j\u00e0 \u00e0 une \u00e9chelle relativement embryonnaire. Il faut r\u00e9fl\u00e9chir un cadre r\u00e9glementaire et politique qui permette \u00e0 ces initiatives de se d\u00e9ployer. Il s\u2019agit au fond de d\u00e9finir un nouveau paradigme des rapports sociaux. La mati\u00e8re premi\u00e8re de cette r\u00e9volution est l\u00e0. Il existe une s\u00e9rie de r\u00e9volutions tranquilles, qui pr\u00e9parent cet avenir. Mais le politique a du mal \u00e0 suivre. C\u2019est profond\u00e9ment un probl\u00e8me de gouvernance. Aujourd\u2019hui les gens veulent r\u00e9fl\u00e9chir pour eux-m\u00eames et prendre en main leur destin. Ils veulent que le politique leur donne un espace pour inventer leurs propres solutions.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates tr\u00e8s optimiste sur la nature humaine. Ces alternatives sont le fait aujourd\u2019hui d\u2019un petit nombre de citoyens. On voit aussi beaucoup de repli sur soi, de haine de l\u2019autre&#8230; Ce mod\u00e8le peut-il \u00eatre d\u00e9sirable pour la majorit\u00e9 de nos concitoyens\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le discours dominant depuis le XVIIIe si\u00e8cle insiste sur le fait que nous sommes des \u00eatres int\u00e9ress\u00e9s par l\u2019am\u00e9lioration de notre profit personnel. Ce discours qui se pr\u00e9tend scientifique \u2013 qui vient surtout des \u00e9conomistes \u2013 a impr\u00e9gn\u00e9 les consciences. On a amen\u00e9 les gens \u00e0 r\u00e9primer la meilleure part d\u2019eux-m\u00eames, la part altruiste, coop\u00e9rante. Max Weber explique bien dans <em>L\u2019\u00c9thique protestante et l\u2019esprit du capitalisme<\/em> comment cette rupture s\u2019est effectu\u00e9e, lorsque la mentalit\u00e9 pr\u00e9-capitaliste, traditionaliste, a \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9e. Il est tr\u00e8s difficile de sortir de cette cage psychologique.<\/p>\n<p>L\u2019augmentation des in\u00e9galit\u00e9s depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 cr\u00e9e des tensions au sein de la soci\u00e9t\u00e9, une comp\u00e9tition. Il faut des politiques sociales qui renforcent l\u2019\u00e9galisation des conditions mat\u00e9rielles, pour \u00e9viter que les gens ne se jaugent qu\u2019au regard de la consommation dont ils sont capables par leur pouvoir d\u2019achat. Et les politiques doivent cesser de jouer sur les peurs, et au contraire donner aux gens l\u2019envie de collaborer pour une soci\u00e9t\u00e9 meilleure. C\u2019est une rupture culturelle autant qu\u2019\u00e9conomique et politique qui est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<h2>Notes<\/h2>\n<p>[<a href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/Olivier-de-Schutter-Nous-sommes-extremement-immatures-dans-notre-maniere-de#nh1\">1<\/a>]\u00a0Professeur de droit international \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 catholique de Louvain, en Belgique, Olivier De Schutter a \u00e9t\u00e9 \u00e0 partir de 2008 \u00e0 2014 rapporteur sp\u00e9cial pour le droit \u00e0 l\u2019alimentation du Conseil des droits de l\u2019homme \u00e0 l\u2019Organisation des Nations unies. Il a \u00e9t\u00e9 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration internationale de la Ligue des droits de l\u2019homme, en charge des questions li\u00e9es \u00e0 la mondialisation \u00e9conomique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3>Barakaldotik Baionara lowcost bizimodua saltzen<\/h3>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.argia.eus\/argia-astekaria\/egileak\/axier-lopez\">Axier Lopez<\/a><\/strong><\/p>\n<p><em><a href=\"http:\/\/www.argia.eus\/argia-astekaria\/2472\/ikea\">www.argia.eus\/argia-astekaria\/2472\/ikea<\/a><\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong>Barakaldokoaren ondotik, IKEAren bigarren frankiziak ateak zabalduko ditu Baionan. Hamaika urteko aldea dago Barakaldoko eta Baionako \u201cerrepublika independenteen\u201d artean, baina, altzari merkeez gain, bada Suediako multinazionalaren bi egitasmoak batzen dituen haria: bizimodu prekarioa. <em>Low cost<\/em> ereduak bizi gaitu. <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Abuztuaren 26a egutegian ondo markatuta izango du batek baino gehiagok, altzarien eta dekorazioaren alorrean mundu mailako ikurrak ateak irekiko baititu Baionan. Lehen hiru egunetan 40.000 bisitariren erromesaldia jasoko dute, frankiziako zuzendari Christian Kaelenen ustez. Izen ofiziala IKEA-Ametzondo izango du merkataritza-gune erraldoiak eta altzari dendarekin batera Carrefour, Mc Donald\u2019s, Mango eta Primark moduko multinazionalek \u2013 orotara 92 markek\u2013 beteko dute. Hiriburu, Mugerre eta Baiona udalerrietako 37.747 metro koadro okupatuko dituzte eta urtero 8 milioi lagun jaso nahi dituzte. Hasiera batean frankizia berria Irunen ezartzeko asmoa zuen IKEAk, baina erakunde publikoen presio eta laguntzen bidez Baionara erakarri zuten. Alain Iriart Hiriburuko alkateak patuari egotzi zion suediarren etorrera, 2013ko abenduan saltokiaren lehen harria ezartzeko ekitaldian: \u201cUrdina eta horia dira Ikearen koloreak, Hiriburuko armarri historikoaren berberak: elkar topatzeko eginak ginen\u201d. Halere, \u201czoriak\u201d ekonomiarekin, lan baldintzekin eta naturarekin lotutako kezkak ekarri ditu.<\/p>\n<p>IKEA-Ametzondo guneak 8 milioi autoren poluzioa ekarriko du \u2013%60 Hegoaldekoak\u2013 , Bizi! mugimendu altermundistak zabaldutako datuen arabera. A63 eta A64 autobideaksaltokitik 30 metro eskasera izateak ez du egoera hobetzen lagunduko. Ingurumenaren defentsan aritzen da Mugerreko Cadre de Vie elkartea eta ikuspegi ekologikoa eztabaidaren erdian kokatu duen taldeetako bat izan da. \u201cOsasun publikoaren aurkako erasoa izango da IKEAren bueltan garraioak sortuko duena\u201d, dio Martin Bouchet taldeko kideak. IKEA-Ametzondo ingurune natural baten gainean eraiki izana ere salatu dute Cadre de Vieko lagunek. \u201cUrak erraz hartzen duen zonaldea da, eta merkataritza-gunearen inpermeabilizazioak uholde arriskua duten inguruko auzoen egoera kaltetuko du. Zonalde naturalak hormigoitzea akats larria da\u201d, Boucheten ustez.<\/p>\n<p>Merkataritza-gune handiz josita dago Baiona-Angelu-Biarritz triangelua. Biztanle eta saltoki kopuru arteko proportziorik handiena du Frantziako Estatuan, milioi erdi biztanle dituzten Estrasburgo edo Rennes moduko hirien pare. Baionako Merkataritza eta Industria Ganberak salatu zuen egoera hori 2012ko ikerketa batean, eta erakunde publikoei \u201caterabiderik ez duen eredu horri galga jartzeko\u201d eskatu diete. Martin Bouchet ere kritiko agertu da erabakiarekin, \u201cIKEA ezartzeko prozesuan herritarrek ezin izan dugu parte hartu, bulegoetan hartutako erabakia izan da\u201d.<\/p>\n<p>Merkataritza-guneen saturazioa ez du IKEA-Ametzondok soilik eragin, beste merkataritza-gune gehiago irekitzeko edo handitzeko prozesuan daude-eta. Landetako hegoaldean Ondres herrian Les All\u00e9es Shopping berria edo BAB2 merkataritza-gunearen handitzea, kasu. Merkataritza-gune erraldoien eraginez Baionako saltokien salmentak %25 jaitsiko dira, hirigintza eta merkataritza espezializatuaren aldeko Procos Federazioaren 2014ko ikerketa baten arabera. Nazioartean egindako azterketa askok berresten dute aurreikuspen ilun hori. David Neumark, Junfu Zhang eta Stephen Ciccarella unibertsitateko irakasleen ikerketaren arabera, multinazionaletan sortzen den enplegu bakoitzak tokiko komertzio txiki eta ertainean 1,64 lanpostu suntsitzen ditu.<\/p>\n<p>Multinazionalen etorreraren alde erabiltzen den argudio sendoena lanaren sorrera da. IKEAk 300 lanpostu agindu ditu\u2013 gehi beste 800 Ametzondon\u2013, BAB2ren handitzeak 300 eta Les All\u00e9es Shopping-ek 1.500 iragarri ditu. Ametzondoko agintariek diote lanpostuen %80 inguruko jendearentzat izango direla, baina Cadre de Vie-ko kideak marketinarekin lotzen ditu datu horiek: \u201cKopuru horiek egiazkoak direnentz jakiteko ez dute inolako azterketa ekonomikorik aurkeztu. IKEAk agindu dituen 300 horietatik, momentuz, 155 baino ez dituzte publikoki eskaini. Beraz, zeinek sinetsi dezake Ametzondon 800 lanpostu sortuko dituztela?.\u201d Bizi! kolektiboko kideak ere ezkor dira erantzun gabeko galderen aitzinean: \u201cZer lanpostu mota eta, batez ere, zein kontratu eta lan-baldintza eskainiko dituzte?\u201d.<\/p>\n<p>Erantzunaren zantzuak 160 kilometrora aurki ditzakegu.<\/p>\n<h5>Barakaldoko ispilu prekarioa<\/h5>\n<p>2004an krisi ekonomikoaren aurreko \u201cgarai zoriontsuen\u201d testuinguruan lurreratu zen IKEA Barakaldon; zehatzago MegaPark saltoki erraldoian. Europako bosgarren merkataritza-gunerik handiena da: 440.000 metro koadro, horietatik 127.000 saltokientzat, eta urtean 18 milioi bisitari izaten ditu. Ikeaz gain, Leroy Merlin, ToysRus, Decathlon, El Corte Ingl\u00e9s eta Media Markt daude marka handien artean. Baionako kasuan bezala, zonalde berean ugaldu dira merkataritza-gune handiak: MegaPark, MaxCenter, Max Ocio, Carrefour moduko saltokiak\u2026 Europan komertzio eta biztanle kopuru arteko ratiorik handienetakoa du Barakaldo, Trapagaran eta Sestaoko mugaldeko eremu horrek.<\/p>\n<p>IKEA Barakaldoko azken hezegune naturalaren gainean eraiki zuten eta horrek herritarren eta talde ekologisten haserrea piztu zuen. Hezegunearen izen bera du IKEA alboko Zuatzu eta Arteagabeitia auzoetako elkarteak: Ibarreta. Elkarteko kide Txiki Casta\u00f1osek herritarren nahiaren aurkako erabakia izan zela azpimarratu du. \u201cIbarreta-Zuloko hezegunearen inguruko lurren erabilerari buruzko inkesta egin zen 1990ean eta barakaldarrek parke publiko bat aukeratu zuten alde handiz. Ez ziguten inolako kasurik egin. Horren partez, naturgunearen suntsiketa, poluzioa eta prekarietatea ekarri zizkiguten\u201d.<\/p>\n<p>Politikarien hipokrisia salagarria iruditzen zaio Casta\u00f1osi, alderdi guztiek komertzio txikiaren aldeko diskurtsoa izanik ere, multinazionalen etorrera sustatu baitute. \u201cMultinazionaletan oinarritutako eredu ekonomikoak eragin handia izan du eskualde osoan, baina okerrena da multinazionalen etorrerak ez duela etenik izan\u201d. Mercadonak MegaParken laster irekitzeko asmoa duen saltokia gogoan, irmotasuna eskatzen dio Udalari. \u201cUdalak berak onartzen du zonaldea merkataritza-gunez gainasetuta dagoela. 2012an Saturn saltokiak egin zuen bezala, noizbait IKEA joango balitz, egin dezatela, behingoz, merkatari txikiaren aldeko apustua eta ez dezatela beste multinazionalik ezartzen laga\u201d.<\/p>\n<p>Baionan IKEA ezartzeko argudio nagusia Barakaldon erabilitako bera izan zen: lanpostu askoren sorrera. Hasieran agindutako 500 lanposturen kopurura inoiz heldu ez den arren, pertsona askok topatu du IKEAn bere eskulana saltzeko aukera. Zer nolako lana, baina? \u201cIKEAk eskaini duen bakarra prekarietatea izan da\u201d. Ziur mintzo da Gotzon Mardarats LAB sindikatuko ordezkaria. Hamaika urtez, sorreratik, egin du lan Barakaldoko IKEAn eta haren ustez, egoerak urtetik urtera okerrera egin du. \u201cEz dugu hitzarmen kolektibo propiorik, Estatu mailakoa inposatzen digute, justifikaziorik gabeko dozenaka kaleratze agindu dituzte, baja hartzeko baldintzak murriztu dituzte, lanegunetako plusekin egin duten bezala, eta larriena, langileak zatitu nahi dituzte lanpostu finkoa eta aldi baterako kontratua dutenen arteko aldeak handituz. %30 aldi bateko langilea da eta kontratu motaren arabera, lan eta ordu kopuru bera eginda, 4.000 euroko aldea egon daiteke soldatan. Dumping soziala da, xantaia\u201d.<\/p>\n<p>Barakaldoko IKEAn prekarietateak emakume gaztearen aurpegia duela dio Mardarasek azken datu ofizialetan oinarrituta (2012koak). 424 langileen artean 130ek gutxieneko soldata interprofesionala (645,30 euroko 14 paga) baino gutxiago kobratzen dute, eta horietatik %74 emakumeak dira. Langileen %39k baino ez dute 900 eurotik gorako lansaria jasotzen hilero.<\/p>\n<p>Lan baldintzen gogortzeak ez du loturarik izan IKEAren irabaziekin. \u201cGaizki deitutako krisiak 2010-2011 inguruan jo zuen gogorren hemen. Ba, halere, 2011n IKEAk 11.926.000 euro irabazi zituen. Beste era batera esanda, 2008 eta 2014 artean, krisiak baldintzatutako 7 urtetan Barakaldoko IKEAk 57 milioiko irabaziak izan ditu, eta haren ibilbide osoan ez du inoiz galerarik izan\u201d.<\/p>\n<p><strong>Prekarietatearen gurpil zoroan harrapatuta<\/strong><\/p>\n<p>Goizeko 6etan lantokira heldu, kontratua sinatu, lanean hasi, amaitu, kontratua zakarrontzira bota eta langabezira hurrengo goizera arte. Egunero kontratu berri bat eginez eta hilean 900 euroren truke, urtebete eman zuen emakume gazte batek Barakaldoko Decathlonen. Bazterketa sozialaren aurkako Berriotxoak taldeko kide Juan Carlos Becerrak, MegaParkeko lan motari buruz galdetuta, jarritako egiazko adibidea da. Baina galdera zera da; emakume horrek, gutako askok bezala, kamisetak Zaran, telebista Media Markten, tomateak Mercadonan, armairuak IKEAn eta kirol-oinetakoak Decathlonen erosten dituela jakingo bagenu, inor harrituko al litzateke? Multinazionalek eskaintzen duten lana herritar askok prekarietatearekin eta esplotazioarekin lotzen badu ere, erosketak horrelako saltokietan egiteari uzten al diogu? Edozein asteburutan merkataritza-gune handi batera hurbiltzea besterik ez dago <em>low cost<\/em> eredua gure bizitzan zeinen txertatuta dagoen jabetzeko.<\/p>\n<p>Nielsen aholkularitza enpresak 2014an egindako ikerketaren arabera, erosketak egiteko orduan herritarren %90ak lehenesten duen baldintza prezioa da, eta %65ak bigarren aldagai gisa promozioak hobesten ditu. Produktuaren kalitatea atzetik dator, eta enpresako langileen baldintzak, naturarekiko errespetua edota irabazien erabilera soziala moduko kezkak ez dira zerrendan agertu ere egiten. \u201cNi ez naiz tontoa\u201d ereduak harrapatuta gauzkala dirudi, baina <em>low cost<\/em> produktuen bitartez <em>low cost<\/em> bizimodua eskaintzen digun begizta maltzurretik ateratzerik ba al da?<\/p>\n<h5>Alternatibak sortzeko beharra<\/h5>\n<p>Bizi kolektiboak apirilean argitaraturako <em>10.000 enplegu klimatiko Ipar Euskal Herrian<\/em> txostenean, Jose Ramon Becerra ingeniari eta militante ekologistak hala dio: \u201cMundu mailako krisi ekonomiko, sozial eta politikoaren aitzinean, herriak behartuak dira kohesio soziala atxikiko duten tokiko eta eskualdeko estrategiak sortzera\u201d. Logika antzekoa konpartitzen dute kontsumismoari alternatibak sortzeko erronkari heldu dioten egungo mugimendu askok.<\/p>\n<p>Bizi! mugimenduko kideen aldarri honek irudikatzen du ildo partekatua: \u201cIKEAren eredu hiperkontsumista eta finantza mundializatuari lotuta ez dugu bizi nahi. Gutako bakoitzaren eroste edo kontsumo ekintza bozka bat da\u201d. Botere faktikoek herritar baino kontsumitzaile gisa ikusten gaituzten garai hauetan, eguneroko gure kontsumo hautuei zentzu politikoa ematea azpimarratzen dute. Hau da, ezkerrek sarri alboratu duten erantzukizun pertsonalari heldu eta arazoaren muinean dagoen gure bizimodu eredua aldatzera ekitea proposatzen dute mugimendu askok. Inoren eta ezeren zain egon gabe, gaurko kontsumo ohitura \u201ctxarrak\u201d desobedituz, gaurdanik \u201condo\u201d bizitzea helburu.<\/p>\n<p>Feminismoak ezagun egin duen \u201cpertsonala politikoa da\u201d ideian sakonduz \u2013egun multinazionalen eredua ordezkatzeko formula magikorik ez dagoela jakitun\u2013 kapitalismoak aurretik prefabrikatutako erantzun erosoetara ez jotzea iradokitzen dute, eguneroko gure kontsumo ohiturez hausnartzeko gonbitarekin batera: egiatan behar al dut erosi nahi dudan hori? Hala bada, birziklatzearen bitartez lor al dezaket? Bestela, tokiko edo gertuko saltokietan lor al dezaket? Produktuak niregana heltzeko izan duen prozesuaz zer edo zer ba al dakit? \u201cGalderak zabaltzen du bidea\u201d leloari jarraiki, erantzunak baino galderarekin batera datorren jabekuntza eta ardura ariketari lehentasuna ematen diote.<\/p>\n<p>Logika horri tiraka,\u201cbrikolaje soziala\u201d moduko proposamenak sortu dira. Zaharkitzapen programatuaren biktima izan diren altzari eta etxeko tresna elektrikoen birziklatzea eta berrerabilpena sustatzeko ekimen kolektiboak dira. \u201cAdos, hori guztia oso polita da, baina hurrengo astean non erosiko dut nire gelarako armairua prezio antzekoan?\u201d esango dizu lagun ernegatuak, izen eta abizendun denda eske. Eta kopeta belztuko zaizu, diruaren logikaren itsasoan esplotazioa eta prekarietatea bazka dituzten marrazoak beti garaile izanen direla jakitun. Horregatik, hain zuzen, teoriatik praktikarako saltoa \u2013sarri amildegia dirudiena\u2013 emateko pedagogia garatzea da gizarte mugimenduek aurrean duten erronka nagusietakoa.<\/p>\n<p>Ipar Euskal Herrian, IKEA eta inguruko zenbait merkataritza-gune handien eraikuntza saihesteko beranduegi da, baina Bizi!ko kideen iritziz, saltegi txikien akabera ez dago idatzita; gure ohiturak aldatu eta tokiko kontsumoa lehenetsiz gero. \u201cZiur gaude hori guzia nahi dugula ikusi desagertzen? Hauta dezagun bizitzeko nahi dugun mundua\u201d. Herritarron erantzuna batekoa zein bestekoa izan, eguneroko gure hautu txikiak gidatuko dituen logikaren araberakoa izango da geure mundua, Barakaldon zein Baionan.<\/p>\n<h6>Ikea eredua<\/h6>\n<p>Multinazionalaren sortzaileak Ingvar izena du (I), Kamprad du abizena (K), Elmtaryd baserrikoa da (E), eta Agunnaryd-en hazi zen (A). Hortik jaio zen munduko altzari eta dekorazio enpresarik ezagunena: IKEA.<\/p>\n<p>1940ko hamarkadan sortu zuen Ingvar Kampradek ia-ia ezerezetik abiatuta \u2013pospoloak merke erosi eta auzokideei saltzen zizkien batengana eta bestearengana bizikletan joanez\u2013. Gaur egun 35.000 milioi euro inguruko dirutzaren jabe egin da. Multinazionalaren etorkizuna bere hiru semeen esku dago egun.<\/p>\n<p>Enpresa suediarrak 3.300 milioi euroko irabaziak izan zituen 2013an. Hazkundea dute jomuga: 2020 baino lehenago salmentak bikoiztu nahi dituzte \u201350.000 milioi euro\u2013. Prezio merkeak eskaintzea da IKEAren karta nagusia, baina, nola lortzen dute? Kampradek hala esan zuen bere biografian: \u201cSalneurri baxu hauek beti daude justifikatuta, eta horrek eskaera itzelak inposatzen dizkie gure kolaboratzaileei. Gure gastuak zorrotz mugatu ezean, inoiz ezingo dugu gure misioa bete\u201d.<\/p>\n<p>Kapitalismoaren arau guztiak jarraitu dituzten enpresa orotan bezala, \u201carrakastak\u201d badu haren alde iluna. Ikus ditzagun horietako batzuk historian atzera luze jo gabe:<\/p>\n<p>-1994tik 1998ra bitartean, Pakistan, India, Vietnam, Errumania eta Filipinetako IKEAren hornitzaileetako lan esplotazioak hedabideen arreta bereganatu zuen. Horren haritik, jendea ez esplotatzeko jokabide-kodea idatzi zuen multinazionalak, nahiz eta besteak beste, onartzen duen 12 urteko haurrek lan egitea, baldin eta euren herrialdeetan legezkoa bada.<\/p>\n<p>-2007an Le Monde Diplomatique hilabetekariak argitaraturiko ikerketa batek India, Bulgaria eta Vietnameko fabriketako egoera salatu zuen: gutxienekoaren azpiko soldatak, 12 eta 15 ordu bitarteko lanaldiak asteko zazpi egunetan, haurren erabilera, mehatxuak eta sindikatuak antolatzeko trabak.<\/p>\n<p>-2008an ZDF telebista kate publiko alemaniarrak argitara eman zuen langileak espiatzeko bideozaintza sistema ezarri zutela euren dendetan, enpresa-batzordeari jakinarazi gabe.<\/p>\n<p>-Olivier Bailly, Jean-Marc Caudron eta Denis Lamberten IKEAk maite zaitu: desmuntatu beharreko eredua liburuak altzarietarako egurra Errusia eta Txinako basoetan kontrolik gabe lortzen dutela salatu zuen, besteak beste.<\/p>\n<p>-2012an IKEAk barkamena eskatu zuen 1980ko hamarkadan altzariak muntatzeko Alemaniako Errepublika Demokratikoko (AED) eta Kubako preso politikoak erabili zituela jakin zenean.<\/p>\n<p>-2011n Suediako telebistako kazetari Elisabeth \u00c5sbrink-en liburu batek agerian utzi zuen Ingvar Kamprad Suediako Langileen Alderdi Nazionalsozialistako kide izan zela Bigarren Mundu Gerraren amaierara arte. Kampradek publikoki barkamenak eskatu zituen.<\/p>\n<p>-2013an Terapia izeneko publizitate kanpainaren balio kontsumistak direla-eta, Ekologistak Martxan taldeak Premios Sombra sarietako finalista izendatu zuen IKEA.<\/p>\n<p>-Aurten Network Social Responsability (NeSoVe) Gobernuz Kanpoko Erakundeak \u201cIKEAren hipokrisia\u201d salatu zuen. \u201cJendaurrean enpresa jasangarria dela dio, baina bere hornitzaileek langileen eskubideak urratzeaz gain, zergak ordaintzea saihesten saiatzen da\u201d.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8220;Un probl\u00e8me distant&#8221; &#8211; Les &#8220;riches&#8221; n\u2019ont pas assez peur du changement climatique Camille Hazard www.parismatch.com\/Actu\/Environnement\/Les-pays-riches-n-ont-pas-peur-du-changement-climatique-806360 \u00a0 Selon une \u00e9tude men\u00e9e par une \u00e9quipe de scientifiques am\u00e9ricains, seulement la moiti\u00e9 des habitants des pays riches per\u00e7oit le changement climatique comme une menace. Les chercheurs expliquent qu\u2019il faut d\u00e9velopper des strat\u00e9gies de communication pour changer la &hellip; <\/p>\n<p><a class=\"more-link btn\" href=\"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/ostiraleko-artikuluak-2015eko-uztailaren-31ko-hautua\/\">Continue reading<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"amp_status":"","footnotes":""},"categories":[264],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31166"}],"collection":[{"href":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31166"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31166\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31166"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=31166"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bizimugi.eu\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=31166"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}